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une rue avec une ligne blanche sinueuse - http://www.flickr.com/photos/50778972@N08/7679242054 Found on flickrcc.netQuestion d’un visiteur :

Bonjour,
Je ne sais pas vraiment si vous pourrez me répondre.
Mais je me cherche religieusement. Je ressents un besoin de me trouver spirituellement. Et je ne sais pas vraiment vers qui me tourner.
Ma famille est de confession catholique mais le protestantisme ma toujours attiré, alors que je ne connais pas bien la différence (à part la façon de prier et la croyance envers Marie). Mais le bouddhisme m’attire aussi et je ne sais pas non plus pourquoi.
Et du coup au lieu de trouver je me perds.
Voilà ma problématique.
Je sais même pas, me relisant, s’il y a vraiment une réponse à donner. Mais je me dis qu’en tapant à une porte (même par internet) je pourrais peut être avoir un avis, un conseil, une piste pour avancer dans ma recherche.

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Et bravo de chercher un cheminement spirituel.

C’est vrai qu’il est essentiel de sentir ce qui nous convient personnellement. Ce n’est pas nécessairement ce qui nous attire le plus, mais la question est de trouver ce qui nous fait le plus de bien, réellement, au sens où cela nous aide à être plus vivant et plus vivifiant autour de nous, à participer à l’épanouissement de vos qualités personnelles.

En fait, il y a deux choix à faire en ce domaine:

Le premier concerne le choix de la religion : le christianisme, le bouddhisme, l’islam… l’agnosticisme. Et dans chaque religion (ou non) le choix d’un courant, dans le christianisme : catholicisme, protestantisme, orthodoxie. Il y a plein de courants différents aussi dans le bouddhisme et dans l’islam…

Le second choix est tout aussi important : c’est celui du rapport que l’on a avec sa religion. Dans chaque religion et courant comme dans l’athéisme, il y a un éventail de rapport que la personne peut avoir avec son courant. Il y a :

  • des intégristes (tout ce qui est en dehors de mon courant de ma religion est diabolique et doit être combattu),
  • des traditionalistes (très attachés à bien tout respecter à la lettre, sinon c’est perdu),
  • des classiques (rentrent dans le moule sans chercher à personnaliser sa foi),
  • des progressistes (l’essentiel est la foi, et la réflexion personnelle sur ce que l’on croit et sur la façon de nourrir sa foi et sa réflexion),
  • des libéraux extrêmes (mélangeant tous les courants),
  • sans compter les je-m’en foutistes (qui ont plus ou moins une certaine croyance, mais qui ne change concrètement rien du tout à leur façon d’être).

Donc, vous avez raison, c’est une réponse personnelle de chacun à donner qu’une réponse absolue et valable pour tout le monde. Certaines personnes préfèrent être plus guidées et soutenues dans leur réflexion par une doctrine, d’autres sont plus à l’aise avec une plus grande liberté de pratiquer et de croire. Certains aiment les mélanges, ou de pratiquer en parallèle deux courants.

Ce n’est donc qu’à la 1ère personne que je peux répondre, effectivement, et non en disant que la seule et unique bonne vie possible est comme par hasard précisément dans le chemin qui me convient le mieux à moi. Mais la responsabilité de chacun, au moins, est de choisir ce qu’il fait de sa vie, puisque nous avons la chance de le pouvoir. Et donc, personnellement, c’est vrai que je préfère :

  • choisir une religion plutôt que de ne pas en avoir, car la spiritualité est une dimension importante de l’humain, et qu’il serait vraiment dommage de s’amputer de cette dimension là. Mais plutôt de choisir quelle idée de Dieu je reconnais et quelles idées de Dieu je refuse. Je préfère choisir une seule religion plutôt que d’en mélanger plusieurs. Car même si toutes ont quelque chose de bon et leurs limites. C’est en s’inscrivant dans une voie que l’on peut vraiment l’approfondir.
  • Comme religion, je préfère le christianisme : pour sa foi en un Dieu vivant qui aide et qui écoute, un Dieu qui aime la personne, sans condition, et qui va à la recherche de chacun, par amour. Et puis le fait que l’Evangile valorise chaque personne, et chaque journée à vivre, comme des réalités précieuses, et un appel à s’intéresser à ce monde où nous sommes, à reconnaître tout ce qu’il y a de bon, et à participer à notre façon à le rendre meilleur encore.
  • dans le christianisme je préfère le protestantisme, pour la place secondaire qu’il accorde à l’église et à la religion comme des outils au service de la foi de chacun, et la place essentielle accordée à la relation de chacun à Dieu, directement, sans intermédiaire.
  • Et même si je ne préférais pas le christianisme, je choisirais de toute façon un courant plutôt progressiste, tout en gardant une vraie importance pour la mystique (l’ouverture à Dieu par la prière) et à la théologie.

Bonne route à vous
& amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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3 Réponses à “Question : devenir protestant-e ou bouddhiste ?”

  1. Marc dit :

    Au fait. Et moi, où en suis-je vraiment ?
    Merci pour cette réponse qui me fait poser cette question et m’aide à y répondre.

  2. Daniel Zimmer dit :

    Mais bien sûr, avant de brandir un étendard, se poser la question de sa foi intime, celle qui ne vire pas au vent…

  3. Vianney dit :

    Si l’on demande à un enfant qui n’y a jamais goûter de choisir entre une glace au chocolat ou une glace à la vanille, et cela sans lui en montrer la couleur, il sera incapable de choisir. Je crois qu’il en va de même en religion. Mais à l’époque consumériste qui est la nôtre, certains mots peuvent faire peur, et il peut être mal perçu de parler d’essayer une religion. Pourtant nous n’avons d’autre choix que de partir de notre expérience propre, et s’efforcer d’adhérer à un Dieu qui ne parle pas à notre cœur serait vain, en amont du fait que la tête a vocation à descendre dans le cœur (ne pas mettre la charrue avant les bœufs). Le désir de religion apparaît comme le prémisse d’une relation consciente à Dieu, et dans ce cadre essayer une religion ne revient pas à se choisir un Dieu ou à se constituer une religion à la carte, mais constitue dors et déjà un acte de foi, dans l’espérance qu’il (et Il, Dieu) nous révèle la nature de l’appel que nous ressentons et donc la forme qui conviendra à l’exercice de notre foi. Il n’y a donc aucun scrupule, aucune culpabilité à avoir, dans cette période de discernement de vocation. L’esprit souffle ou il veut. Toutefois cela ne doit se faire sans un examen constant et minutieux de sa conscience et de son cœur, pour ne pas se perdre en chemin, en confondant l’appel intérieur qui est le fil conducteur avec ses multiples échos en soi et dans le monde. Discernement et examen de soi vont de pair car on ne saurai bien discerner sans approfondir. La religion fonctionne un peu comme un corps humain, il y a un cœur qui alimente des organes. Dans cette période de discernement, lorsque l’on découvre un organe il est primordial de remonter au cœur, afin de comprendre comment il l’alimente, comment il le fait vivre. C’est parce que ce principe est insuffisamment appliqué que 95% des explications que nous avons du concept de karma en occident sont erronées du point de vue de l’enseignement du bouddha. C’est un des exemples les plus probants et il y en a d’autres qui ont malheureusement des conséquences plus perverses. Il est donc essentiel de toujours revenir à la source pour que ses ramifications ne rendent pas notre esprit plus confus ou plus aveugle qu’il ne l’est au départ, de même que le meilleur moyen de ne pas se perdre dans un sous bois est de garder le chemin en vue. La sincérité du cœur est de mise. Cela n’est pas sans me rappeler Adam et Eve qui se sont eux même caché de Dieu dans le jardin d’Eden! Partant de là j’oserai dire que tout est permit puisqu’il n’appartient à personne d’interposer une religion plutôt qu’une autre entre Dieu et toi dans l’entremise ou devrai-je dire le temple de ton cœur. Ne craint donc pas de frapper aux portes mais n’oublie pas ou Dieu te parle.

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