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arbre et tombeaux

Question d’un visiteur :

Bonjour,

J’ai perdu mon fils Luc mort subitement pendant un cours de sport le 12 avril 1988, il avait 11ans, il était en 6ième. Ce drame je pense avoir pu le surmonter grâce à dieu.

J’ai deux petits fils dont l’ainé a 10ans et vient de rentrer en 6ième, voila que mes peurs se réveillent , j’en veux à Dieu de ne pas avoir empêché la mort de mon fils, car aujourd’hui je me rends compte que le traumatisme subit il y a 25 ans, éclabousse toute notre vie, a des conséquences sur ma façon d’être et de penser et me crée des angoisses pour ceux que j’aime autour de moi.

Ma question est multiple : pourquoi dieu laisse t’ il tous ces événements tragiques survenir, comment cesser d’en vouloir à Dieu, comment apaiser mes craintes et retrouver une certaine sérénité dans la Foi.

Je vous remercie de prendre le temps de me lire et j’ espère en votre réponse.

Je suis baptisée catholique, ma mère était protestante, j’ai donc vécu l’ œcuménisme chez moi et c’est une grande richesse.

Réponse d’un pasteur :

Bhère Madame,

Désolé pour le délai de réponse, je me suis laissé submergé, et en plus, par des tâches assez matérielles mais très très prenantes, hélas.

Ah là là, quelle terrible et cruel événement que de perdre un enfant. Face à une telle absurdité, une telle injustice, c’est normal et sain de se révolter.

Pour bien des personnes, Dieu est une sorte de magicien capable de faire tout ce qu’il veut. Il n’en n’est pas ainsi, et ce n’est pas vraiment ainsi que la Bible nous parle de Dieu. Dieu est une dynamique d’évolution. Bien souvent l’image qui est donnée de son action est celle d’un ensemencement de vie, de santé, d’amour, de créativité, d’intelligence, de clairvoyance et de bienveillance… et ces graines ne se développent que lentement, quand elles se développent en ayant trouvé une bonne terre.

C’est ainsi que Dieu n’a pas laissé votre fils. Mathias est mort contre la volonté de Dieu, malgré la volonté de Dieu. Dieu a certainement fait tout ce que était possible pour qu’il ne meurt pas, il a aussi fait tout son possible pour accompagner la douleur de vous, ses parents et de ses proches afin que la vie l’emporte en vous et autour de vous.

Et c’est ainsi que la recherche médicale n’est pas une lutte contre Dieu qui aurait choisi de tuer ou de laisser mourir telle personne, tel enfant (quelle horreur), telle mère… mais tout effort tourné vers la vie et la vie véritable va bien entendu dans le sens de Dieu.

En faisant de la théologie, cela aide à avoir une conception de Dieu qui est plus proche de ce qu’il est, et qui permet de mieux s’ouvrir à ce qu’il offre et d’être moins déçus en l’attendant là où il ne peut pas être. C’est déjà une première piste. Vous trouverez quelques éléments afin de poursuivre cette réflexion sur la manière dont Dieu agit et peut agir grâce à l’outil de recherche sur ce site .

Mais comme Dieu est amour on a bien le droit de lui en vouloir, de lui crier dessus. Il comprend, et ça soulage parfois. Et cela vaut bien mieux que de lui tourner le dos. C’est comme en famille ou avec les amis, il vaut bien mieux gueuler que de faire la gueule, et dire ce que l’on a sur le cœur, cela laisse à l’autre une chance de s’expliquer bien mieux qu’avec des rancœurs rentrées et des non dits.

Oui, je vous souhaite une bonne sérénité dans la foi, même si la foi n’est plutôt pas quelque chose qui laisse tranquille, mais qui nous dérange, nous stimule, nous envoie en avant, bouleverse nos préjugés, et ressuscite en nous la foi, l’espérance et l’amour…

Que Dieu vous bénisse ainsi

pasteur Gaspard de Coligny

Plusieurs centaines d’autres questions & réponses sur le site

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3 Réponses à “Question : la mort de mon enfant il y a 25 ans éclabousse toute ma vie et ma foi”

  1. lucia dit :

    Aidez cette femme en deuil et fâché contre Dieu, suggerez lui la lecture de cet article sur la souffrance.
    http://www.christiananswers.net/french/q-eden/edn-t023f.html

    Merci,

    Faites lui une faveur.

    Sincèrement, Lucia

  2. A mon avis, cet article sur la souffrance concentre précisément tout ce qu’il y a de plus épouvantable comme réponses :

    • 1) Selon cet article, il faudrait accepter la situation comme venant de Dieu « Par nous-mêmes, nous ne pouvons pas établir les barèmes de ce qui est bien. Seul le Créateur de toutes réalités peut le faire. Nous devons convaincre nos cœurs et nos esprits, que tout ce Dieu fait est juste par définition, que nous le comprenions ou pas. « 
    • 2) Selon cet article, la souffrance du bébé ne serait pas la souffrance d’un innocent car, selon l’article « Personne n’a donc le droit de se proclamer innocent afin de se soustraire au courroux de Dieu. Lorsque nous considérons les bébés, et les individus mentalement incapables de distinguer le bien du mal, il est clair, à la fois selon la Bible et de par l’expérience universelle, qu’ils sont pécheurs par nature et que par choix ils deviendront pécheurs inévitablement aussitôt qu’ils le pourront. » donc finalement, selon cet article, c’est une jute rétribution du péché que le bébé et la maman souffre
    • 3) et encore pire, s’il est possible, selon cet article, « Les souffrances des individus qui ne sont pas encore devenus disciples de Jésus-Christ sont souvent utilisées par le Saint-esprit pour amener ceux-ci à prendre conscience de leur besoin de salut et à se tourner vers Christ dans un esprit de foi et de repentance. », donc La souffrance a un rôle pédagogique, assumé par Dieu, pour nous attirer à lui !!!

    Je suis désolé, Lucia, mais cet article est absolument épouvantable (à mon avis).

    Dieu n’est pas source de souffrance, ni pour punir le coupable, ni pour punir un bébé de fautes passées, ou de fautes de ses ancêtres, ou de fautes futures ! Car, selon Jésus, Dieu au contraire, est bon, il est amour et pardon, Dieu est comme un père, comme une tendre mère pour chacun de ses enfants, il aime ses ennemis, il bénit ceux qui le maudissent, il fait du bien à ceux qui le haïssent, comme Jésus lui-même prie pour ceux qui le maltraitent et qui le persécutent (Matthieu 5:44-45).

    Personnellement, je propose d’autres réponses à l’existence de la souffrance et du mal, à l’exact opposé de cet épouvantable article, par exemple ici : https://oratoiredulouvre.fr/dictionnaire/mal-souffrance-pourquoi.php

    Dieu ne supporte ni ne veut jamais la souffrance et la mal, il n’en est jamais la cause, au contraire il agit chaque jour contre le mal et il nous appelle à ne pas accepter la souffrance de nos frères et sœurs, et à lutter de façon créatrice contre la mal et la souffrance. Bien sûr que quand nous agissons ainsi nous ne luttons pas contre Dieu, qui aurait voulu ou accepté la souffrance, mais nous agissons avec Dieu, et avec son aide nous trouvons une motivation et une intelligence encore augmentée dans ce sens.

  3. Marie-Alicia dit :

    Bonjour à chacun.

    Humainement, en dehors de toute autre considération, la perte d’un être cher peut avoir des répercussions, encore des années après. C’est un cheminement pas toujours évident, qui reste par ailleurs personnel.
    Il peut être tout à fait normal, comme cette dame, d’avoir à affronter, comme un second deuil d’un enfant.
    La colère, fait partie de ce cheminement, même si elle n’est pas dite ouvertement et même contre Dieu. Mais, effectivement, comme vous l’écrivez Pasteur Pernot, il est bien de le Lui dire ; Dieu aide à retrouver ensuite de la sérénité, malgré l’indicible.
    La théologie permet de faire le point face à l’ultime et d’entrevoir une suite pour sa vie, telle que l’Eternel aide à la concevoir, malgré le deuil et la douleur de la perte.

    Il est des moments, même des années après un décès, où il est bien aussi, d’être éventuellement aidé. Des associations SERIEUSES existent à cet effet, en particulier concernant les deuils d’enfants ; certaines familles, aussi dans ce cas, se regroupent, échangent, ont des sites internet. La littérature bien ciblée, aussi peut être une aide précieuse.
    Surtout, chacun poursuit son chemin, souvent comme il peut, avec ce qu’il sait, ce que l’on peut lui apporter, et ce qu’il parvient à recevoir.
    Il y a tellement d’interrogations.
    Oui, être très vigilants à l’égard de ces personnes, avoir un accueil bienveillant, non culpabilisant. Les aider à se reconstruire.
    Elles ont besoin de baume sur leur coeur.
    Je souhaite vraiment à cette dame de pouvoir se retrouver pour elle-même, trouver l’aide dont elle aurait peut-être besoin ; de pouvoir aussi comprendre, malgré tout, la tendresse de Dieu pour soi et à l’égard de chacun.
    Malgré l’indicible et la colère.
    Soyez encouragée, chère Madame.
    Bien à vous.
    Marie-Alicia

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