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fresque dans des catacombes de Rome montrant une femme conduisant la prière dans une assemblée

fresque dans des catacombes de Rome montrant une femme conduisant la prière dans une assemblée

Question d’un visiteur :

Bonjour, Que pensez vous du Ministère pastoral des femmes?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Henry

Le fait que les femmes puissent être pasteur est assez tardif dans notre église, il faut bien le reconnaître, car cela ne remonte qu’à la 2e guerre mondiale pour les premières femmes pasteurs, et il a même fallu encore attendre longtemps avant que les synodes de notre église réformée accepte pleinement le ministère pastoral féminin (voir cet article du blog).

Mais si l’on regarde le Nouveau Testament,c’est incroyable qu’il ait fallu attendre si longtemps. Car il apparaît qu’à la suite de Jésus les femmes aient eu une véritable place aux plus hautes responsabilité. Le ministère pastoral féminin n’est donc pas une invention du XXe siècle mais un juste retour à l’impulsion donnée par Jésus-Christ.

Contrairement à certaines habitudes de l’époque réservant aux mâles l’enseignement biblique, dans l’entourage de Jésus, les femmes sont dignes de recevoir les paroles du Christ, et de s’asseoir comme Marie, sœur de Marthe & Lazare, aux pieds de Jésus pour écouter son enseignement, et le groupe de disciples de Jésus comprenait des hommes et des femmes, pas seulement des hommes.

Les évangiles disent également que es femmes sont « au service » des autres, le verbe employé est en grec diakoneo est important car c’est celui qui désigne la fonction de diacre existant au temps de rédaction des évangiles, et que ce verbe est utilisé par le Christ pour parler de sa propre mission «le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie» (Mr 10:45).

Et enfin, les évangiles culminent tous plus ou moins sur la figure de Marie Madeleine qui surpasse les plus grands apôtres, Pierre et Jean, dans l’expérience du Christ ressuscité, et devient ainsi, explicitement, l’apôtre des apôtres, chargée d’annoncer l’Évangile aux 11 apôtres qui restent… des hommes qui, eux, ont abandonné Jésus et qui restent coupés de lui, et qui longtemps méprisent le témoignage des femmes, bloqués dans leurs préjugés culturels faisant que le témoignage d’une femme ne vaut pas grand chose… Marie Madeleine est ainsi faite par le Christ ressuscité une apôtre, mais on pourrait dire que la Samaritaine, également, est envoyée vers les hommes de son village pour les mener vers Jésus (Jean 4). On pourrait dire que Marthe est envoyée par Jésus vers sa sœur Marie (Jean 11).

Ensuite, nous voyons dans les Actes des apôtres que les fils et les filles sont porteurs de l’Esprit, et donc faits prophètes (Actes 2:17), appelés à témoigner dans le monde du point de vue de Dieu. En particulier les 4 filles du diacre Philippe (Actes 21:9)

Dans les épîtres de Paul, nous voyons que des femmes avaient des rôles de premier plan à tous les niveaux :

  • Apôtre : Junia (Romains 16:7), malgré les tentatives quelques siècles plus tard de masculiniser ce nom en Junias, montrant bien le scandale que cela a posé quand les machos ont repris l’église chrétienne en main).
  • Diacre : Phoebé, notre soeur, qui est diaconesse de l’Eglise de Cenchrées (Romains 16:1)
  • Collaboratrice de Paul : Prisca est une collaboratrice dans le Seigneur (Romains 16:3)
  • Responsable d’une assemblée chez elle : Lydie (Actes 16)

Alors c’est vrai qu’il existe quelques versets des lettres de Paul qui disent que la femme ne devrait pas avoir l’autorité sur l’homme ou que la femme doit se taire dans une assemblée (! 1 Cor 14:34). Mais il me semble que l’on ne peut pas faire autrement que de penser que ces phrases était liées à des circonstances très particulières d’une ville, puisqu’ailleurs Paul n’applique lui-même pas ce genre de restrictions, ni dans d’autres villes, ni même à Corinthe, puisque quelques chapitre avant, le fait d’enseigner en public n’est pas interdite aux femmes, mais elles doivent le faire de façon digne 1 Cor 11:5, sous l’influence de l’Esprit et pour l’édification de la communauté. Cela correspond à un usage pendant des siècles (voir cet article du blog)

Mais même si Paul avait été favorable à cantonner la femme dans des postes ancillaires (ce que je ne pense pas que l’on puisse raisonnablement le penser), ce n’est pas Paul notre Christ mais Jésus, lui qui a fait d’une femme l’apôtre des apôtres, « apostolorum apostola » comme le remarque aussi Hippolyte de Rome à la fin du IIe siècle. Alors, bien entendu, il n’est pas question d’être fondamentaliste, c’est à dire de lire les écritures comme si elles étaient une loi éternelle gravée par le doigt de Dieu sur des tables de diamant pur, et dire à partir de cela que les plus hautes responsabilités d’enseignement devraient être réservées aux femmes. Il convient de lire les écritures par l’Esprit, voyant ce que Dieu espère de nous pour notre temps, en s’inspirant des témoignages anciens contenus dans les écritures saintes, mais aussi en s’inspirant de la façon d’être de ces femmes et de ces hommes qui ont littéralement inventé une façon de vivre la foi transmise par le Christ.

Il me semble donc juste de dire que des femmes comme des hommes sont appelé-e-s au ministère pastoral. Mais à vrai dire, cela n’a rien d’extraordinaire car le pasteur est avant tout un théologien au service d’une église locale, un permanent d’association, un serviteur pour des personnes et une communauté, mais ce n’est pas quelqu’un de spécial. Pasteur, c’est un métier, les hautes distinctions et responsabilités, c’est d’être prêtre, c’est d’être prophète, porteur de l’Esprit, et c’est d’être roi, cohéritier avec le Christ du Royaume… Et ces missions elles sont données à chacune et chacun, homme comme femme, quelle que soit l’âge et la pays, le degré d’instruction et la santé, la condition sociale.

Amitiés fraternelles.

pasteur Gaspard de Coligny

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6 Réponses à “Question : que pensez vous du ministère pastoral féminin ?”

  1. stephane pahon dit :

    Certaines églises refusent aux femmes la diaconie …etc…
    Cela m’étonne peu. Quand je pense que dans notre pays par exemple,
    Une femme peut être payé moins qu’un homme pour
    le même travail, la même compétance …
    C’est fou : beaucoup considèrent encore qu’être une femme
    ce n’est pas être un être humain à part entière.
    Cela me mets en colère !
    C’est triste. Mais je suis certain qu’un jour on y arrivera.
    Ne nous laissons pas impressionner.
    Etre chrétien : c’est ça aussi .

    Amitiés. Stéphane Pahon.

    NB : Grand merci Marc pour votre travail remarquable.

  2. Rev Pasteur MOLENDE dit :

    Mr le pasteur
    Depuis l’A T et N T il n’ y avait aucune femme qui fut souverain sacrificateur
    les hommes etaient au service de l’ Eternel pour presenter le pecher ce dernier a Dieu
    Donc la femme ne peut pas exercer la fonction du pasteur au sein d’une eglise

  3. A mon avis, cet argument ne tient pas, car Jésus ne se place pas dans la lignée du sacerdoce du temple, mais dans un engagement personnel, en particulier à travers l’envoi en mission d’apôtres. Or, il envoie explicitement en mission au moins deux femmes : une Samaritaine (Jean 4:16 « Va, appelle… ») et Marie-Madeleine (Jean 20:17 « va trouver mes frères, et dis-leur… »), elle devient ainsi apôtre les apôtres, même de Pierre, Jean, André…
    Si Jésus nomme ainsi des femmes apôtres, je ne vois pas très bien comment on n’accepterait pas modestement d’avoir des femmes simplement pasteur ???

  4. De Delphes dit :

    je suis absolument pour, Je suis meme étonné que le pape Francois ne tranche pas plus vite la question !

  5. pasteur Isabelle dit :

    Pasteur Gaspard salut. Je suis contente de votre intervention et vous encourage à aiier de l’avant car jusqu’ ici beaucoup comprennent et « acceptent » difficilement le ministère pastoral de la femme. Ce que j’aimerais ajouter à votre riche commentaire est qu’en Jésus il n’y a ni homme ni femme, en tous Dieu voit ses enfants et en retour Il repend ses dons en faisant misericorde à qu’Il veut et quand Il veut, homme et femme confondus. Le jour de la pentecôte, tous étaient réunis dans un même lieu, tout à coup des langues feu se poserentsir chacun d’eux sans acception de personne: sugr les hommes et sur les femmes. Alors, si à la naissance de l’église la femme fut aussi remplie du Saint Esprit à l’instar de l’homme, alors pourquoi lui priver d’exercer son ministère selon que Dieu l’appelle?

  6. Shalom,fier de votre état d’esprit sur ce grand thème.Dieu s’est revélé au prophète Ésaie par l’expression « QUI » enverrai-je? Et non « QUEL HOMME » enverrai-je? La conjonction « QUI » prend en compte l’homme et la femme. Ne nous fions pas a la pensée d’un mortel mais à celle de Dieu qui ne change jamais. Pour ma part Joël 2:28 serait la boussole de cette vérité biblique. Que l’Eprit Saint nous conduise dans la vérité.
    Votre serviteur PASTEUR TIE BI

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