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confessionnal - http://www.flickr.com/photos/12428892@N06/6354110437 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

On a un curé catholique qui veut instauré à nouveau la confession individuelle
Est ce qu’il y un paragraphe dans l’évangile qui nous dit de confesser à quelqu’un ?
Merçi de votre réponse

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Madame

Non, je ne pense pas qu’il existe un passage de l’Evangile qui dise que le croyant devrait « se confesser » devant une autre personne. On a le droit, bien entendu, de vouloir partager ce que l’on a sur le cœur avec d’autres, et il est important qu’une personne qui le désirerait puisse librement aller voir son prêtre ou son pasteur pour s’entendre dire personnellement le pardon et l’amour de Dieu sur elle.

Mais il me semble que Jésus encourage plutôt à ce que chacun puisse avoir une relation directe et intime avec Dieu, notre père. En effet, nous n’avons absolument rien à craindre de Dieu, quoi que nous soyons, quoi que nous ayons fait, nous pouvons espérer que Dieu, au contraire nous relève, nous ressuscité, nous purifie du mal qui est en nous. C’est ainsi que Jésus enseigne les bases de la pratique religieuse dans l’Evangile selon Matthieu au chapitre 6, il appelle à entrer dans sa chambre, et à prier Dieu dans le secret, dans l’intimité, et il nous propose de demander pardon au Père et de lui demander de nous donner éventuellement la grâce de pardonner nous-mêmes.

Et Jésus nous encourage (Matthieu 23:8-10) à n’appeler personne notre père (spirituel) car Dieu seul est notre Père (en ce sens), et à n’appeler personne notre directeur (car un seul est notre maître ou notre directeur : le Christ). C’est ainsi directement avec Dieu, en Christ, que nous pouvons nous confesser.

Mais j’ai bien conscience qu’en répondant cela, je parle selon un point de vue protestant et qu’il existe certainement d’autres interprétations, d’autres façons de voir que je n’entends nullement condamner, bien sûr. Et s’il y a des personnes qui sont aidées dans leur cheminement par la pédagogie de la confession individuelle que veut rétablir votre prêtre, tant mieux. S’il entend la rendre obligatoire même pour ceux qui ne le voudraient pas, évidemment, cela est plus gênant, surtout dans un village où tout le monde connaît et voit tout le monde…

Alors que conseille Jésus dans ce domaine ? Ce n’est pas facile à dire. Car Jésus-Christ était de religion juive, d’une façon plutôt libérale. Jésus-Christ n’a pas institué de nouvelle religion. Il a transformé la foi, la conception de Dieu, et la relation à Dieu. Il a changé notre rapport avec la religion qui n’est plus une fin en soi mais doit rester un moyen au service du développement de l’homme (Marc 2:27). Et c’est pourquoi ce sera ensuite aux disciples du Christ de s’organiser au mieux, en fonction des circonstances, pour rendre compte de cette foi venue du Christ, et se donner les moyens pour l’entretenir de la façon qui leur semblera la plus favorable à un moment donné, à une époque donnée, dans une certaine culture, une certaine époque. C’est ainsi que le christianisme est né et qu’il est en droit d’évoluer, qu’il doit encore évoluer selon les circonstances et les époques. C’est pourquoi aussi il est juste et bon qu’il y ait différentes façons d’être chrétiens, différentes églises même si nous avons un seul Christ, un seul Esprit, un seul Dieu, un seul baptême reconnu par les autres chrétiens de bonne volonté… Et c’est donc la mission de chaque chrétien et de chaque groupe de chrétiens de se donner des rites, des sacrements, des exercices spirituels, des rythmes pour avancer. Ensuite, à mon avis, c’est à chacun de faire selon sa conscience, selon sa personnalité, et selon son propre parcours de foi.

C’est sans doute la mission de votre église et de votre prêtre en particulier de faire évoluer les choses. Dans la mesure du possible. Mais chacun doit évidemment garder sa liberté de conscience devant Dieu, dans un esprit de douceur et de paix. Un esprit de concorde, tant que c’est vivable. Si cela ne l’est plus, s’il n’a plus les forces, il est bon qu’il prenne du large et cherche une autre paroisse dans la même église, puis éventuellement une autre église, ou qu’il prenne simplement un peu de recul et pratique sa religion de façon plus intime, seul à seul avec Dieu, partageant avec des personnes de confiance pour ouvrir sa foi, comme le faisait les premiers chrétiens. Avec internet en plus !

Avec mes amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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2 Réponses à “Question sur la confession individuelle dans le catholicisme”

  1. Th. dit :

    Mais le curé qui relance la confession la justifie en marquant que le Christ s’adressait aux apôtres après la résurrection en disant « recevez l’esprit saint; ceux à qui vous remettez les péchés, il lui seront remis » ( Jean 20,22)
    Comment procèdent les protestants ?

  2. A moins que cet homme se prenne pour un des 11 apôtres à qui Jésus aurait dit ça, je ne vois pas trop le rapport entre la question de la confession obligatoire et ce verset de l’évangile. En effet, Jésus n’a pas dit que ce pouvoir formidable serait transmissible à quelqu’un d’autre après les 11…

    Par ailleurs, le Christ a dit que le Père aimait même ses ennemis, qu’il bénissait ceux qui le maudissent et faisait du bien à ceux qui le persécutent (Matthieu 5:44-45). L’amour est bien au delà du pardon. La question du pardon de Dieu est donc une affaire complètement résolue, une fois pour toute.

    Mais ce verset que vous citez, il me semble plutôt dire aux 11 apôtres qu’il y a un enjeu de vie ou de mort pour le monde qu’ils aillent porter la bonne nouvelle du pardon de Dieu, parce que s’ils l’annonçaient, les personnes pourraient alors recevoir et vivre de ce pardon, tandis que s’ils retenaient cette belle annonce libératrice, les personnes du monde entier et de toutes les générations futures resteraient dans la culpabilité et la crainte de Dieu.

    C’est ce que vont faire les apôtres et les autres à leur suite : l’Evangile du Christ, la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour chacune et chacun de nous sera effectivement annoncé. Pierre lui-même dira, peu après, « que quiconque a foi en lui (le Christ) reçoit par son nom le pardon des péchés. » (Actes 10:43), il n’est plus question pour les apôtres de se sentir propriétaire du jugement. Ni de se confesser aux hommes, mais de recevoir cette expérience du pardon de Dieu par la confiance en Christ. Directement.

    Encore une fois, rien ne peut diminuer l’amour de Dieu pour nous. Pas même notre péché. Et c’est ce qui fait que nous pouvons nous confesser directement à Dieu, absolument sans crainte. En réalité, c’est uniquement face à ce Dieu que nous pouvons être, ou au moins essayer d’être, vraiment sincère. Car il nous connaît mieux que nous mêmes, et il nous aime mieux encore que nous nous aimons nous-mêmes. Alors que devant un homme, même un frère très aimant et très pieux, nous aurons encore et toujours tendance à jouer un rôle, plus ou moins.

    C’est donc devant Dieu que nous nous confessons, non pour mériter notre pardon (le pardon de Dieu a précédé notre confession, puisqu’il nous aime), mais nous nous confessons à Dieu pour que lui, le créateur, nous aide à trouver ce que nous pouvons faire pour réparer les dégâts que nous avons commis, et nous le prions pour qu’il guérisse en nous la source de ce mal que nous avons fait. Il y a là bien plus important qu’une absolution. Il y a un travail de genèse, d’évolution, de soin, de guérison et de résurrection. Ce travail, Dieu seul peut le faire. Mais c’est vrai que le dialogue avec des personnes sages, avec ce curé peut-être, avec un psychiatre parfois, avec un véritable ami si on a la bénédiction d’en avoir… ce travail avec des personnes peut nous aider à préparer le terrain pour qu’ensuite nous puissions nous confesser à Dieu un peu plus lucidement encore.

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