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extrait du Lotus Bleu de Tintin

Question d’un visiteur :

Bonjour
Une question me taraude, vouloir suivre Jésus, le Christ, c’est notre foi. Mais en face il y a la science et surtout la théorie de l’évolution en fracture avec la bible.
Que répondre et argumenter ?
Bien à vous

Réponse d’un pasteur :

Bonjour monsieur
A mon avis, il n’y a rien dans la science qui pose une difficulté à la Bible.
Je suis pasteur et avec une formation scientifique. Je me suis même intéressé à la foi grâce à la science ! Plus particulièrement avec le 2nd principe de la thermodynamique que j’ai découvert en classe préparatoire. Il nous apprend que le penchant naturel de la physique va vers un désordre croissant. Par ailleurs la science nous montre qu’il y a eu évolution, avec des atômes en vrac qui s’organisent pour donner ce que nous sommes, des corps capables de penser, de créer des œuvres d’art et d’aimer. L’un et l’autre ensemble font que j’ai pensé que l’hypothèse la plus rationnelle était l’existence de Dieu et non du seul hasard. Ce n’est pa sune preuve, bien entendu, juste une question de possibilités plus ou moins grandes.

L’évolution est un fait scientifique qui me semble certain, et ce fait ne contredit absolument pas la Bible. Il contredit seulement une certaine façon d’interpréter la Bible.

Par exemple, l’évangile témoigne que « Jésus est la lumière du monde », et que Dieu est au ciel. Ni l’un ni l’autre ne sont vrai au sens littéral, car même avec Jésus sans son cœur on a quand même besoin d’une lampe pour voir quand il fait nuit. Et quand le cosmonaute Youri Gagarine est allé pour le première fois dans l’espace et qu’il s’est moqué en disant qu’il n’a pas vu Dieu, cela ne nous a pas du tout gêné car nous avons toujours fait une lecture de ces textes au sens figuré. Bien entendu que Jésus est la lumière du monde, mais il n’est pas un champ de photons, il éclaire notre vie dans un autre sens. C’est la même chose pour le récit de la création dans le Genèse. C’est la même chose pour bien des récits comme Jésus qui marche sur les eaux, cela ne remet pas en cause la loi physique de la poussée d’Archimède, mais cela nous dit que par la foi il est possible de faire son chemin sans couler à pic dans les difficultés, dans le matérialisme ou dans l’égoïsme.

Donc, oui, nous sommes croyants, sans pour autant renier l’intelligence, la science, l’histoire, la philosophie.
Et il y a une foule innombrable de scientifiques, de médecins, de professeurs, mais aussi des personnes au sens pratique développé comme des agriculteurs, des artisans… qui sont des chrétiens engagés.

Et s’il existe des sectes où l’on explique aux gens qu’il faudrait cesser de réfléchir pour honorer Dieu… ce n’est pas pour respecter la Bible, mais c’est plutôt pour respecter la secte et ses chefs, que ça arrange bien d’avoir comme clients des personnes à qui on peut faire croire n’importe ainsi, et en particulier de donner un joli pourcentage de leur revenu à l’église.

Extrait de Tintin, le lotus bleu

Extrait de Tintin, le lotus bleu

Amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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5 Réponses à “Question : vouloir suivre Jésus, mais faire face aux contradictions avec la science, que répondre ?”

  1. Gustave dit :

    Cher Marc,

    Cela faisait un sacré bout de temps que la contradiction entre la 2nde loi de la thermodynamique et la complexité du réel, que tu évoques souvent, occupe mes pensées.

    D’un côté, le principe d’entropie, tout système va se désorganisant « un verre qui tombe et se casse ne peut pas faire le chemin inverse ». D’un autre côté, l’histoire de l’univers, le progrès inexorable de la matière vers les plus hauts sommets d’organisation, dont nucléons, noyaux, atomes, molécules, cellules, organisme forment les paliers. L’apparition de la vie semble aller à contre-courant de la tendance naturelle des événements. Or « si on trouve une cabane dans la forêt, super bien aménagée, comment penser que c’est seulement le résultat du hasard » ?

    Je voulais te faire part de mes lectures : je lis « Patience dans l’azur » d’Hubert Reeves et au chapitre « L’ailleurs, condition indispensable de l’organisation » (III section, 2ème partie) il aborde précisément cette question. Et il en donne une réponse scientifique.

    Et en bon vulgarisateur, il commence par une jolie parabole.
    « Quand vient l’hiver, les lacs gèlent. Pourtant, la glace est une structure bien plus ordonnée que l’eau liquide. Les molécules de la glace sont agencées selon une géométrie rigoureusement déterminée. Dans le liquide, les molécules sont libres. Elles se meuvent au hasard et changent continuellement de position. L’entropie de l’eau liquide est beaucoup plus élevée que celle de la glace. Comment le lac peut-il acquérir l’organisation requise pour que les molécules s’agencent en cristaux glacés ? La clef du paradoxe, c’est que le lac dégage, en gelant, une grande quantité de chaleur. Cette chaleur, sous forme de rayons infrarouges qui possèdent leur propre entropie, quitte la Terre et gagne l’espace extragalactique. On peut calculer la quantité d’entropie qui a été évacuée par ces photons infrarouge et montrer que la somme des entropies de la glace et de ce rayonnement est supérieure à celle du lac avant le gel. Grâce à la force électromagnétique qui lie les molécules entre elles, le lac a acquis de l’ordre dans son lieu propre. Mais en même temps, il a rejeté un rayonnement à entropie élevée. Son gain d’organisation a été payé par un accroissement du désordre de l’univers.

    De la même façon, les noyaux d’hélium sont nés aux premières secondes de l’univers. Ils ont été produits par la jonction de quatre nucléons en un seul lieu. Nous l’avons vu, la masse du noyau d’hélium-4 est inférieure de près d’un pour cent à la somme des masses de quatre nucléons pris individuellement. Cette masse résiduelle a été transformée en énergie. […] Outre qu’ils transportent au loin le surplus de masse, les photons émis lors de la fusion nucléaire emportent de l’entropie. C’est l’entropie que l’hélium doit débourser pour obtenir l’autorisation de se structurer sans transgresser le principe d’accroissement du désordre global. »

    J’ai fait le moine copiste parce que cette découverte m’a soulagée, et qu’elle pourrait intéresser aussi les explorateurs du blog. Je ne prétend rien démontrer ou réfuter, mais reste curieux de ta réaction.

    Bien amicalement,
    Gustave

  2. Gustave dit :

    Marrant ça, la date du jour du post est passé du 11 au 12 mars avant que l’heure ne passe de 12h59 à 00:00. Du coup ce post à 24h d’avance ! 🙂
    Un futur déjà écrit ?

  3. Gustave dit :

    Ah non, visiblement c’est le site qui a un problème de réglage : j’écris ici le 11 mars 2016 à 0:09. (et il est temps d’éteindre l’ordi)

  4. Voilà du lourd comme question, cher Gustave !

    Je répondrais par une histoire. Suppose que j’aie une magnifique collection de 1000 verres en cristal, dont 999 sont étincelants de lumière, et un verre malheureusement tombé est réduit à un petit tas de miettes dans une flaque de liquide jaunâtre. Si je vois sous mes yeux ce dernier verre se recoller, morceau par morceau, former le verre en cristal, qui se retrouve remplis du liquide éparpillé qui se révèle être un château Yquem 1967. Même si les 999 autres verres explosent, comme le suggère la démonstration de Hubert Reeves, et que l’entropie globale de la collection de verres était ainsi croissante dans l’affaire, il n’empêche que la diminution spectaculaire de l’entropie en ce qui concerne le verre rempli de l’exceptionnel vin de Sauterne ne passe vraiment pas trop comme naturelle. En tout cas ce n’est pas l’hypothèse la plus vraisemblable. Ce n’est certes pas impossible, statistiquement que les morceaux de verre se recollent, fusionnent à froid et que le vin saute à l’intérieur. Mais cette probabilité est tellement faible ! Autant essayer de me faire croire que les marmottes mettent le chocolat au lait dans le papier d’allu.

    La vision globale ne change donc rien à l’affaire, tu ajouterais un million de verres qui explosent à côté du seul verre qui se recolle, cette spectaculaire mise en ordre locale posera la même question par rapport au 2nd principe de la thermodynamique, qui est bouleversé à un point extrêmement improbable en un point particulier. Et cela laisse supposer qu’il y a une main qui a aidé à souffler un verre, élever une barrique de château Yquem avec un savoir faire et des conditions exceptionnels, en verser dans ce vert là pour nous réjouir. Cette hypothèse reste une hypothèse et non une certitude, mais elle a un degré de possibilité plus élevé que ne d’y voir que du simple hasard.

    C’est ainsi que la seule vision globale de l’entropie ne suffit pas.

    Amitiés ++

    Marc

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