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détenus marchant dans la neige

Theresienstadt. Tchécoslovaquie, 1942

Entre 1941 et 1945, près de 140 000 personnes ont été internées dans cette ville située au nord de Prague, transformée en camp nazi où elles furent confrontées à la surpopulation, la maladie et la faim. Theresienstadt Terezin), un camp de transit d’où partiront des convois pour les camps d’extermination de l’Est et qui sera utilisé par la propagande nazie pour tromper la communauté internationale.

Mais Theresienstadt, c’est aussi un camp où la vie culturelle, d’abord clandestine puis autorisée, connaîtra un essor et un rayonnement extraordinaires, animée par des musiciens, des acteurs, des écrivains, des compositeurs… Des concerts, des conférences, des concours de poésie, des représentations théâtrales rythmeront la vie des prisonniers, pendant quatre années, contribuant ainsi à leur permettre de conserver leur dignité humaine.

Theresienstadt, c’est également un camp où près de 15 000 enfants seront enfermés. Des enfants qui, grâce à des artistes et à des pédagogues exceptionnels, apprendront à dessiner, à écrire ; des milliers de dessins et de poèmes sauvés ; autant de témoignages de leurs rêves, de leurs émotions, de leurs douleurs et de leurs espoirs parviendront jusqu’à nous.

L’automne 1944 sera meurtrier pour la plupart des artistes qui seront transférés et gazés à Auschwitz. Sort que connaîtront aussi plusieurs milliers d’enfants. Les œuvres qu’ils nous ont laissées sont une victoire sur la mort et l’oubli dont on mesure aujourd’hui, mieux encore, l’extraordinaire intérêt.

Fanny Malafosse, Donnez-moi la mémoire, éd Rubin, 2003.

L’Oratoire du Louvre, dans la tradition de l’entraide protestante et dans l’esprit de partage des Cantates données mensuellement avec la Camerata Saint Louis, se propose d’accueillir la tenue de la cantate « Donnez-moi la mémoire » d’Annick Chartreux, à l’occasion du 70ème anniversaire de la libération de Theresienstadt par l’Armée rouge.

Cantate pour chœur d’enfants, chœur mixte, cordes et percussion, écrite sur des poèmes d’enfants internés à Theresienstadt.
Ayant reçu le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah. (Ed. Rubin, à Lyon).
Avec le chœur d’enfants Cappriccio de Nevers, Marie-France Messager, Camerata Saint Louis de ParisSous la direction de Georges Guillard.

Cette cantate sera introduite par la Cantate N°112 de Jean-Sébastien Bach sur le Psaume 23 « L’Eternel est mon berger »

Nous vous invitons à venir à l’Oratoire pour ce temps de mémoire :

Samedi 9 mai à 18h
145 rue Saint Honoré Paris 1er
Libre participation aux frais

Chronologie : l’Oratoire du Louvre pendant l’Occupation

  • 5 juin 1942 : Lettre de protestation du pasteur André-Numa Bertrand au Maréchal Pétain suite à l’ordonnance du 29 mai instaurant le port de l’étoile jaune à tous les Juifs âgés de six ans et plus.
  • 7 juin 1942 : Date à partir de laquelle l’étoile est obligatoire. Prêche du pasteur A.N. Bertrand à l’Oratoire du Louvre sur le port de l’étoile jaune: «Depuis ce matin, nos compatriotes israélites sont assujettis à une législation qui froisse dans leur personne et dans celle de leurs enfants, les principes les plus élémentaires de la dignité humaine. »
    Le même jour, des étudiants, dont plusieurs protestants, comme Marie Médard, fille du pasteur de Rouen, ou Henri Plard, ancien catéchumène du même pasteur, arborent dans Paris de fausses étoiles jaunes. Plard, immédiatement arrêté, est interné à Drancy le lendemain, comme «Ami des Juifs », et travaille au bureau administratif du camp, avant d’être libéré le 31 août.
  • Automne 1942 : Début de l’aide clandestine aux Juifs.
  • Février 1943 : Sauvetage d’enfants des centres de l’UGIF par le pasteur Paul Vergara et l’assistante sociale Marcelle Guillermot. Les fidèles de l’Oratoire et les éclaireurs vont placer 63 enfants dans des foyers ou chez des particuliers. Suite à cette action, Marcelle Guillermot et Paul Vergara, recherchés, passent dans la clandestinité. La femme du pasteur, Marcelle Vergara est arrêtée et emprisonnée à Fresnes. Leur fils, Sylvain, résistant, est déporté à Buchenwald à l’âge de dix-huit ans. Il reviendra de déportation. Marcelle Guillemot et le pasteur Vergara recevront la médaille de la Résistance. Le titre de juste parmi les nations va être attribué à des acteurs de ces sauvetages de l’Oratoire, en particulier S. Spaak, les couples Vergara et Béchard, Mlle Guillemot, L. Chevalley-Sabatier.
  • À partir de cet événement et jusqu’à la fin de l’occupation, une filière se met en place pour continuer à sauver des enfants, des enfants juifs sont cachés parmi les enfants des familles de paroissiens pour quelques semaines à quelques mois avant qu’ils puissent être mis plus en sécurité en province dans des familles d’accueil.
  • L’église de l’Oratoire du Louvre recevra pour cette action le titre de « their brothers keepers » en 1957 par la Andi-Defamation League of B’Nai B’rith.
    La Fondation Raoul Wallenberg a déclaré l’Oratoire du Louvre comme « Maison de vie ».

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