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Christ en croix - http://www.flickr.com/photos/7853490@N07/3832056730 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Bonjour,
J’aimerais savoir ce que cela aurait changé si Jésus était mort d’une rupture d’anévrisme juste avant son arrestation au Jardin des Oliviers? Toute la théologie de la croix de Paul n’aurait aucun « fondement » mais le MESSAGE évangélique aurait-il « suffit » à fonder le christianisme?
Merci pour votre réponse,

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

C’est vrai que les évangiles sont écrits pour mettre particulièrement en valeur la fin tragique de Jésus sur la croix.
Et l’on peut interpréter cela comme si cette mort sur la croix était un passage obligé, voulu par Dieu, nécessaire.

Mais il existe aussi un texte des évangiles qui dit le contraire, la parabole des vignerons homicides. Le plan de Dieu en envoyant son Fils nous appeler à vivre, selon Jésus dans cette parabole, c’est « Ils respecteront mon fils ! « (Matthieu 21:37) et ils arrêteront ainsi de faire n’importe quoi de cette vigne que je leur ai confiée. Cette parabole nous permet de dire que Dieu pensait, ou au moins qu’il espérait (Luc 20:13) que Jésus de Nazareth serait respecté, qu’il serait entendu et que les humains essayeraient de s’aimer un peu plus les uns les autres, à la suite de son Fils.

Aux yeux de Dieu, la mort de Jésus est ainsi un scandale de plus, un terrible gâchis nous dit cette parabole. Par conséquent, si l’on suit cette parabole de Jésus, la mort de Jésus sur la croix n’est en rien nécessaire à notre salut, au contraire. Cette mort n’est pas non plus voulue par Dieu, bien sûr. Et donc Jésus aurait bien pu mourir de rupture d’anévrisme à Gethsémanée, je préférerais l’imaginer vieillir, de plus en plus respecté et aimé, continuant jusqu’à être un grand père tout simple, souriant et chevrotant encore quelques extraordinaires paraboles pour dire l’amour de Dieu.

C’est vrai qu’il existe quelques très rares passages qui peuvent laisser penser que la mort de Jésus est un prix à payer pour que nos fautes puissent être pardonnées par Dieu. On peut comprendre ces passages autrement, heureusement, car cette théorie est très discutable, et tout à fait horrible sur tous les plans, sur Dieu, sur la justice, sur la notion même de pardon et d’amour… (voir à ce sujet, par exemple : https://oratoiredulouvre.fr/faq/sauve-par-la-croix-ou-sauve-malgre-la-croix.php ou http://blog.oratoiredulouvre.fr/2013/03/la-souffrance-redemptrice-et-la-souffrance-des-femmes )

Quant à l’apôtre Paul, la plupart du temps, l’intérêt qu’il voit dans la mort du Christ est de manifester l’amour de Dieu, pas d’accomplir quelque sordide marchandage pour l’acheter. Par exemple dans ce passage de la lettre aux Romains « A peine mourrait-on pour un juste; quelqu’un peut-être mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. » (Romains 5:7-9). C’est ainsi que le comprend aussi Jean dans ce fameux passage « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils, son unique, afin que quiconque ait foi par lui, en lui, ait la vie éternelle » (Jean 3:16) et « Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous » (1 Jean 3:16). L’amour de Dieu, la grâce, précède la croix. La croix la manifeste l’amour de Jésus, il fait connaître l’amour, un amour qui ne se vent ni ne s’achète, qui n’a besoin ni de faire souffrir ni de mérites.

Les disciples de Jésus, après le choc que leur a causé la mort tragique de Jésus, et un sentiment d’échec, ont finalement saisit tout l’amour manifesté dans ce don de soi. Et ils en ont fait un point culminant, si je puis dire, de leurs témoignages.

Mais Jésus a passé son temps à dire l’amour et le pardon de Dieu (pardon gratuit, et non tarifé, bien entendu), Jésus a passé son temps à manifester cet amour par des geste de respect et de soin pour tous & toutes. S’il n’y avait pas eu la croix, le message serait passé et bien passé quand même. Jésus a fait et bien fait ce qu’il faut pour ça. Mais les évangiles auraient été écrits en insistant sur d’autres éléments, et nous auraient peut-être rapporté des récits et des paroles de Jésus que nous ignorons aujourd’hui ?

Amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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7 Réponses à “Qu’est-ce que cela aurait changé si Jésus était mort d’une rupture d’anévrisme avant son arrestation ?”

  1. Etienne Coffinier dit :

    Pasteur Fernot,
    La vraie question c’est que si Jesus etait mort noye, est-ce qu’on aurait eu droit a des aquariums derriere l’autel?
    Petite plaisanterie du temps de l’ecole du dimanche, mais qui me fait toujours un peu sourire. La verite, c’est que la tragedie de la crucifixion a laquelle on repense chaque annee me bouleverse toujours. C’est tres violent comme suplice. Je me souviens que je negociais avec les adultes quand j’etais enfant pour leur faire admettre que jamais un pere n’aurait laisse soufrir son fils dans de si atroces conditions. En consequence de quoi, la crucifixion etait plutot une mise en scene et Dieu avait envoye un anesthesique puissant a Jesus en lui disant « ferme les yeux, ils croiront que tu es mort ». Je ne pouvais croire en un Dieu sans logique.
    Recemment, le fils d’amis me disait, « si Jesus est le messie, comment se fait il qu’il y ait toujours autant de guerres et de violence dans le monde? » L’histoire religieuse est souvent problematique pour un enfant raisonneur et entete.
    Excusez le manque d’accent, je tape sur un clavier americain.
    Merci pour vos lettres que je lis regulierement.
    Etienne.

  2. François Schurmans dit :

    Bonjour Monsieur le Pasteur,
    Et bonjour à tous,
    Les circonstances de la mort de Jésus ont quand même un aspect essentiel sans lequel la nouvelle alliance n’aurait pas pu être aussi bien comprise : Jésus est mort dans la souffrance abandonné de tous (ou presque). Même Simon Pierre l’avait renié trois fois. Et dans ces circonstances où Il aurait pu, en tant qu’homme, en vouloir à ses tortionnaires, en vouloir à tous ceux qu’Il avait aimés, ceux à qui Il avait parlé d’amour, et qui l’ont pourtant laissé tomber, dans ces circonstances où Il souffrait atrocement, et bien Il a demandé à son Père de leur pardonner. Il a eu cette force, cet amour extraordinaire de pardonner dans de telles circonstances. Cette force est surhumaine. Cet amour est divin. Et Il devient alors certain que Jésus est le fils de Dieu. Voilà pourquoi les circonstances de la mort du Christ sont importantes pour bâtir l’Eglise. Ce n’aurait peut-être pas été la même chose si Jésus était mort à un âge avancé dans des circonstances heureuses. Il aurait eu une vie paisible et on s’en réjouirait pour Lui mais elle nous aurait sans doute moins marqués. Même ses disciples ont eu beaucoup de mal à comprendre qu’Il était bien le fils de Dieu. Il leur a fallu obtenir la preuve de la résurrection. Si Jésus était mort à 90 ans, sans résurrection, croirait-on maintenant qu’Il est le fils de Dieu et qu’Il est assis à la droite du Père tout puissant ? Je pense qu’il était dans les desseins de Dieu que son Fils naisse dans une étable, dans la plus grande humilité, pour être proche du plus petit d’entre nous, et qu’Il meurt dans le plus grand désespoir mais toujours rempli d’amour ; ceci afin que tous comprenne qui Il était vraiment, que tous croient en Lui. Et s’engagent avec joie dans la nouvelle alliance d’amour que Dieu a voulu pour toutes les nations.
    Merci pour votre blog. Je deviens « accro ».
    François

  3. Christine Tissier dit :

    Enfin, une autre interprétation de la mort de Jésus.
    Oui, je pense que Dieu a réellement pensé que son fils spirituel serait écouté, respecté et suivi sur le chemin de l’amour universel. Dieu est tombé de haut en assistant à toutes les cruautés (physiques et autres) que les hommes ont réservé à son élu.
    Je pense qu’il en serait de même encore aujourd’hui et donc, depuis Jésus, Dieu ordonne à ses « choisis » de se taire.
    Les deux mondes ne sont pas compatibles et mutuellement trop déstabilisants.
    Les agneaux doivent se taire et se cacher ou fuir sur des terres lointaines, là où la haute spiritualité des humains est vénérable et vénérée. Les civilisations trop rationnelles, trop sûres d’elles ou trop peu sûres d’elles, éradiquent toujours les messagers de la remise en cause.
    Merci pour vos écrits, ils me rassurent.

  4. Anamy zion dit :

    Bonjour,

    Je pense qu’il faut prendre en compte les sabbaths annuels et les sabbaths hebdomadaires. Il se peut que lorsque Jésus est mort, deux sabbaths se soient chevauchés. Par ailleurs, la pâque juive dure 8 jours.

  5. Timothée dit :

    Je partage assez l’analyse de M. Schurmans, parce que , ds Jean 8 : 28, et surtt 12: 32, Jésus semble savoir à l’avance de quelle mort il va mourir: les circonstances de cette mort seraient donc ds le plan de Dieu pour Son Fils et pour l’humanité . Il me semble en outre qu’une mort plus douce aurait moins servi l’amour de Dieu pour l’humanité, et la puissance de cet amour , puisque , comme le dit très justement M.Schurmans, Jésus sur la croix, et ds des souffrances extrêmes, demande le pardon à Son Père pour ses bourreaux : Il va ainsi contrer le mal en envoyant l’Amour de Son Père jusque ds un des lieux les plus horribles de la souffrance, de l’abandon, de la détresse, et de l’ignominie (la crucifixion était une mort odieuse réservée aux criminels à l’époque), servant magistralement l’Espérance .
    Amicalement.

  6. En même temps, ce message d’un Dieu plein d’amour… mais qui planifierait la torture de son fils : c’est assez pervers.

  7. Timothée dit :

    Pourtant, il y a , ds l’Ancien Testament, des passages qui semblent prophétiques de cette mort (annoncée? ), où les circonstances évoquées font écho en bien des points aux circonstances de la crucifixion de Jésus , telle qu’elle est relatée ds Jean 19: versets 23 à 36 (Bible Segond), par exemple : la tunique non déchirée et tirée au sort, le vinaigre, les os non brisés : voir Esaîe 53; Psaumes 22: 18 à 19, 34 : 21 , 69 : 22 ; Zacharie 12 : 36 .
    En Jean 19 : 28, il est parlé de l’Ecriture qui doit se réaliser pleinement », et en Jean 19 : 30, Jésus lui-même dit : « Tt est accompli », parole qui peut faire penser à une « programmation » de ce chemin de croix .
    Evidemment, l’Amour de Dieu ici se manifeste aussi à tte l’ humanité qu’Il délivre de son péché et de la puissance des ténèbres par la mort (acceptée ) de son Fils .
    Amicalement.

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