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mendiante dans la rue - http://www.flickr.com/photos/91731765@N00/485155522 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Cher Marc,

Cela n’a rien à voir avec le cours de théologie, mais j’ai une question sur les sans-abris car je ne sais pas comment me comporter avec eux. Passer devant eux me fend le coeur, leurs cris pitoyables me bouleversent, mais je sais que si je leur donne quelque chose ils exigeront de moi que je continue à leur donner à chaque fois que je les croise (cela m’est déjà arrivé) ; et si je leur parle, ils peuvent exiger que je fasse des démarches pour eux (cf. le Hongrois l’année dernière que je n’ai jamais revu).

Le pire ayant été un sans-abri roumain que j’avais eu le malheur d’approcher et qui s’est lancé dans une déferlante de haine (mais vraiment) envers les noirs, les Arabes et les Roms. Au point qu’il insultait devant moi les gens dans la rue en « m’expliquant » le « bien-fondé » de sa démarche !

– Quid du sans-abri qui est toujours installé sur les marches du temple lors du culte ? La dernière fois il a presque pleuré qu’il n’avait pas à manger. Je ne sais pas quoi faire : si je lui donne, il va exiger de moi que je lui donne à chaque fois (or je préfère réserver mes quelques pièces pour la paroisse et pour l’entretien de nos super pasteurs ^^). Mais si je passe devant lui, je ne mets pas en application l’Évangile que nous avons entendu. Que faire ?

– Quelle attitude adopter envers ceux les sans-abris en général ? Il y a ceux qui restent dignes et expliquent leur situation (dans le métro notamment) ; il y a les femmes, notamment roms, qui supplient et crient ; il y a ceux qui sont accroupis et qui essaient de ne pas « déranger » ; et il y a ceux que la rue a déshumanisé au point qu’ils exigent auprès de tous de d’argent (voire placent sans préavis leur sébile sous le nez des passants avant de s’éloigner en grommelant). Je pense notamment à ceux qui sont assis près des boulangeries : j’ai honte de sortir avec des pièces et un gâteau alors que la personne en face a faim, mais je sais que si je donne une fois, je serai considérée dorénavant comme un « porte-monnaie ambulant ». Ce qui est très proche du racket, tout simplement. Sachant qu’une fois, j’ai donné mes pièces jaunes à un mendiant… qui a râlé que ce n’était pas assez et qu’il voulait plus !!!

Du coup je suis toujours très embarrassée : si je ne donne rien, je n’applique pas la charité chrétienne. Si je donne, je me retrouve fichée en « distributeur d’argent ». Et si je fais un grand sourire en levant les bras (signifiant « je vous respecte mais je n’ai rien pour vous »), parfois la personne comprend et me remercie de mon attention, mais il arrive aussi que la personne croie que je vais lui donner de l’argent… et me place sa sébile sous le nez. Le problème est donc insoluble !

Le même problème se pose avec les organisations caritatives : j’aimerais aider les enfants malades, les patients hospitalisés, les lépreux, etc. mais je n’ai pas assez d’argent ni de temps. Comment vivre la charité quand mon argent et mon temps libre sont limités ?

Je vous remercie vivement de votre réponse.
Bien cordialement,

Réponse d’un pasteur :

Bonjour,

Oui, c’est une question qu’il est bon de se poser, face aux SDF dans la rue. Et bravo de vous la poser.

Il me semble que le monsieur à la sortie du temple est un employé de ces bandes de personnes roumaines qui écument le quartier, avec les enfants qui font signer de fausses pétitions aux touristes et en profitent pour prendre les portefeuilles et les portables, avec les grands mères handicapées pliées en deux, avec les jeunes mères de famille de 14 ans portant leur bébé. A la base, il y a une vraie grande misère, mais je ne suis pas certain que ce soit constructif de soutenir cette industrie.

D’autres SDF sont des personnes qui sont et seront toujours dans la rue par choix ou par maladie psychologique. Ils ont souvent le RSA quand même, et font la manche. Pourquoi pas, et quand je peux, je les soutiens avec de la nourriture, une omelette toute chaude, du café, les restes de nourriture après des repas de paroisse… mais pas d’argent ni de sandwich acheté. Mais un mot, un temps de bavardage si cela se trouve, pour connaître leur nom, prendre de leurs nouvelles. Je leur demande souvent ce qu’ils pensent de Dieu, en discute et ils y sont souvent sensibles, et cela leur montre qu’ils sont à nos yeux bien digne du meilleur.

D’autres, enfin, sont des gens qui ont eu un accident dans leur parcours de vie et qui ont pour vocation à retrouver leur place. Ce sont ceux là qu’il faut arriver à repérer pour les aider en urgence. Dans les dernières années, nous avons pu intervenir avec un beau succès en nous mobilisant à quelques uns dans le quartier. J’ai l’impression que ce type de situations représente un petit pourcentage des SDF, et il y a beaucoup d’associations, d’assistance sociale municipale pour y veiller aussi. Mai sil faut être vigilant surtout en hiver où le corps se dégrade très vite quand on est dans la rue, surtout quand on est débutant.

A mon avis la charité chrétienne est, en ce cas, principalement de montrer que nous les considérons comme humain et portant le regard sur eux. Mais pas nécessairement en se substituant à l’aide sociale extrêmement développée en France, et qui sait aider avec un peu moins de chance de les piéger dans l’assistanat. Mais je n’ai pas la vérité sur la question. Un de mes amis pasteurs a un autre point de vue, il a toujours une poignée de pièces d’1€ dans la poche et en donne systématiquement une quand il est sollicité, par principe. C’est bien s’il peut le faire, et c’est bien de le faire s’il pense que c’est juste, et que ça fait du bien à cette personne et à la société. Moi, si je le faisais, j’ai l’impression que ce serait en réalité à mes principes que je donnerais une pièce ? Je ne sais pas. C’est à chacun de voir et il n’y a pas de solution parfaite. Si ce n’est de s’être posé la question, d’y avoir réfléchi, d’avoir prié, d’avoir pris sa décision, de savoir s’y tenir et de savoir y déroger !

Amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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Une Réponse à “Question : je ne sais pas comment me comporter avec les mendiants ?”

  1. Jean-Pierre Capmeil dit :

    Question très complexe et que je me pose régulièrement à l’entrée et plus encore à la sortie du culte. Le problème est de trouver la meilleure manière d’aider celui que nous croisons. Et la petite pièce est rarement la solution ou alors la solution de facilité pour nous. Ca nous dispense de nous poser plus de questions et/ou de prendre du temps pour aider vraiment.
    Il faut peut être se rappeler que le Christ ne faisait pas la charité à ceux qu’il croisait mais qu’il cherchait à les remettre debout.

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