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couple marchant sur une route - Image: 'I'd give you every beat of my heart" http://www.flickr.com/photos/46245173@N04/6378980987

Question d’un visiteur :

Bonjour
D’après vos multiples réponses, je pourrais donc épouser mon ami , qui est musulman, en lui disant que ce n’est pas grave s’il ne reconnaît pas Jésus comme la vérité, le chemin et la vie? Et que Mohamet en a donné un autre de chemin qui mène au même but?! A quoi bon le sacrifice de Jésus alors, à quoi me sert-il d’être chrétienne?

Que doit penser alors du passage: 2 Corinthiens 6:14-16 « Ne vous mettez pas avec des incroyants sous un joug qui n’est pas celui du Seigneur. En effet, ce qui est juste peut-il s’unir à ce qui s’oppose à sa loi ? La lumière peut-elle être solidaire des ténèbres ? Le Christ peut-il s’accorder avec le diable ? Que peut avoir en commun le croyant avec l’incroyant ? Quel accord peut-il exister entre le Temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes, nous, le Temple du Dieu vivant. Dieu lui-même l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux. Je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. »

Disons que musulmans et chrétiens ont le même Dieu: il n’en est pas moins qu’ils ne reconnaissent pas le sacrifice parfait qu’est le Christ. Ils ne sont donc pas dans la lumière… Doit on passer outre cette notion centrale de la foi chrétienne?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Comme vous le dites très bien, puisqu’il y a un seul Dieu, tout croyant quand il prie, quelle que soit sa religion, tourne sa foi vers le même Dieu. C’est encore plus vrai entre Juifs, chrétiens et musulmans, bien sûr. C’est donc véritablement injurieux de traiter un musulman de diable, d’incroyant, ou d’idolâtre, ou de privé de la lumière ! C’est une calomnie. Le plus idolâtre est alors le « croyant » qui prend sa propre religion et ses propres dogmes pour dieu, au lieu d’honorer la personne même de Dieu qui est toujours au delà de ce que l’on peut en dire. La « vérité » ce n’est pas tel dogme qu’il faudrait croire, mais la Vérité c’est Dieu en qui il est bon de faire confiance.

Si en plus cette intolérance est faite au nom du Christ lui-même, c’est extrêmement paradoxal. Car Christ a appelé à ne pas juger son frère, il a dit que celui qui traite son frère de « racca » (vide) est meurtirer de son frère alors que dire de celui qui le traite de « diable » ? Christ a montré en exemple la foi du centurion romain, qui ne pouvait pas être même monothéiste (devant sacrifier à l’empereur divinisé), comment ne pas reconnaître ce qu’il y a de bon dans la foi d’un autre croyant sincère, différent de nous, même si effectivement on n’est pas obligé de le suivre dans ce qui ne nous semble pas bon par ailleurs ?

Le Christ s’est donné pour témoigner de l’amour et du pardon de Dieu pour tout être humain, il ne l’a pas fait pour que sa vie soit un prétexte à injurier la foi des autres, pas pour diviser l’humanité entre ceux qui auraient la lumière et ceux qui ne l’auraient pas. C’est exactement le contraire. C’est pour nous inviter à la réconciliation de l’humanité comme étant un même corps, dans la diversité de ses membres.

Par ailleurs, nous ne sommes pas Pauliniens, mais Chrétiens. Et donc, même si j’étais certain que ce passage de l’apôtre Paul nous invitait à ne pas fréquenter les non chrétiens, je choisirais de ne pas retenir l’avis de Paul comme un commandement de Dieu, car ce serait contraire à la vie même du Christ, qui allait vers tous et toutes sans discrimination, mangeant à la table du juste comme à celle du pécheur. Mais à mon avis Paul ne dit absolument pas de nous couper des non-chrétiens. Il y a du juste et de l’injuste en toute personne, il y a du fidèle et de l’infidèle en toute personne, il y a du diabolique aussi dans le cœur du plus pur des hommes. Et donc ce à quoi nous invite Paul, à mon avis, c’est de mettre sur le dessus le meilleur de nous-mêmes, et le meilleur de chacun, sans nous attacher à ce qui est mauvais.

Malheureusement, des églises profitent de ce genre de versets pour interdire à leurs membres d’épouser, non seulement des personnes d’une autre religion, ou des athées, mais même des personnes qui ne sont pas de leur église, ou qui ne sont pas baptisées, ou pas assez bien baptisées à leur goût ! C’est à mon avis en tout lieu contraire à l’Evangile du Christ et à sa façon d’être. Et c’est extrêmement cruel pour des personnes, les faisant horriblement souffrir, leur imposant de choisir entre leur foi et leur amour, c’est à dire entre deux excellentes dimensions de leur être. Cela s’apparente à de la torture morale, ou de la torture spirituelle.

Ce n’est pas parce que l’on est ouvert, et respectueux de la foi des autres, que l’on ne peut pas avoir ses propres convictions, sa propre foi, sa propre théologie.
Je respecte l’Islam, mais n’ai pas envie une seconde d’abandonner la foi en Christ pour suivre la foi de Mohammed.
Evidemment. Parce que pour moi le chemin vers le Père est le Christ. Et j’en témoigne.
Mais dire que le Christ est « le chemin, la vérité et la vie » n’est pas nécessairement à comprendre comme une exclusion de toute autre façon d’aller à Dieu.
J’ai parlé de cela dans cette prédication : https://oratoiredulouvre.fr/predications/jesus-le-seul-chemin-jean-14.php

pasteur Gaspard de Coligny

Plusieurs centaines d’autres questions & réponses sur le site

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