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détenus marchant dans la neige

Theresienstadt. Tchécoslovaquie, 1942

Demain samedi 9 mai à 18h, dans l’Oratoire du Louvre, 145 rue Saint Honoré Paris 1er :

Concert Spirituel pour le 70ème anniversaire de la libération des camps d’extermination

Cantate « Donnez-moi la mémoire » d’Annick Chartreux Cantate pour chœur d’enfants, chœur mixte, cordes et percussion, écrite sur des poèmes d’enfants internés à Theresienstadt, un camp où près de 15 000 enfants ont été enfermés. Des enfants qui, grâce à des artistes et à des pédagogues exceptionnels, apprendront à dessiner, à écrire ; des milliers de dessins et de poèmes sauvés ; autant de témoignages de leurs rêves, de leurs émotions, de leurs douleurs et de leurs espoirs parviendront jusqu’à nous.

Voici quelques uns de ces poèmes, mis en musique dans cette cantate :

Heroïca

Quand le vent frappe les vagues océanes, les mâts, agités, abritent les oiseaux,
Alors, jamais je ne suis malheureux. Mon âme ne fuit pas devant ces jours sauvages.
Quand la houle se brise contre la coque, Tous se tordent les mains et pleurent de désespoir
Et tous, en bas, se réunissent. Au cœur de la tempête, la paix règne en mon âme.
Mais quand les cieux d’azur filent des rayons d’or, couvrent les eaux calmées de reflets scintillants
Quand tous à bord viennent envahir le pont, je ne trouve pas de tranquillité,
Car la vie est faite de luttes et d’étonnement. Et se redresse quand la bataille fait rage,
Un homme doit toujours chercher la victoire, conquérir sa fortune jour après jour.

Un petit grand-père

Oui, oui, c’est ainsi Dans leur soi-disant parc à Terezin, un petit grand-père est assis.
Lui qui n’a plus de jardin, il porte la barbe au menton et sur la tête un chapeau.
Sous ses dents, le pain dur craque, il ne lui en reste plus qu’une.
Mon pauvre petit vieux croque sans pain frais, la soupe de lentilles,
Ma pauvre petite barbe grise.

Le jardin

Un petit jardin plein de roses. Il sent bon ; étroit est le chemin
Où se promène un petit garçon si mignon comme un bourgeon qui fleurit.
Quand s’ouvrira le bourgeon, le petit garçon ne sera plus !

La vue d’un café

Le café, quel beau lieu, un verre de thé assuré
Au milieu des fausses notes, je lève les yeux sur les barbelés de la Kommandantur.
Et les putains qui distribuent le café en riant, car elles ne peuvent rien faire d’autre.
Je m’amuse bien, visage joyeux. En bas, on porte les morts
Seuls les grands-pères poussent les corbillards à bout de forces comme leurs années.
Applaudissements, on joue du jazz ! Dominé par les impressions, je décolle
Et la musique résonne comme le cri d’un chat,
Comme le cri d’un corbeau sur la plaine enneigée, comme du verre putréfié tombant dans l’abîme dans lequel on tente de me jeter comme dans une tombe.
J’embrasse ceux du bas monde, du temps et des vents, le monde de la famine et de la misère, monde des immensités qui, comme une fleur de soleil m’invite dans un monde de réalité !

Le Cœur

Il y a sûrement au fond de chaque cœur un petit coin sans nom et une petite pièce
Où chaque homme prend soin de son moi intérieur comme un anneau d’or à son auriculaire.
Mais mon trésor à moi est un affreux fardeau.
J’ai tant de sentiments ne portant pas de nom et je ne peux les exprimer.
Ma voix, comme un écho, se perd au gré du vent.
Je ne sais pas quel nom donner à ma petite pièce et sa petite porte.
Peut-être qu’un oiseau viendra le murmurer un jour à mon oreille, amplifié par l’écho.
Aujourd’hui, j’ai compris : le cœur est une flamme et je n’ai pas la force d’éteindre ce feu.

Pensées

Je me tenais dans un coin et regardais par la fenêtre, Là où l’on sépare les cœurs les uns des autres. Affligées, les ombres d’Hadès étaient allongées sur les lits.
Un fou leva alors la main, appelant : Maman ! Maman ! Viens, nous allons jouer ensemble, nous embrasser, ensemble bavarder.
Pauvres âmes des fous, des figurines : tous ils marchent,débraillés, tremblant de froid comme s’ils voulaient crier avant que leurs jours ne s’enfuient.
Maman, berce-moi, je suis une feuille prête à tomber, je me recroqueville, j’ai si froid !
Quel affreux chœur résonne à travers les baraquements et moi, emporté par le tourbillon, je chante avec eux.

La Nuit dans le ghetto

Un autre jour à jamais disparu dans l’abîme infini du temps. Il a encore blessé l’homme prisonnier de ses frères Lui, rêve des pansements du crépuscule, rêve d’une main douce, qui cachera aux yeux toutes ces horreurs qu’ils ont vues le jour.
Dans le ghetto, l’obscurité aussi est douce pour les yeux épuisés qui tout le jour ont veillé.
La pénombre rampe de nouveau dans les murs du ghetto et prend dans ses bras les passants.
Seule, une voiture, salut d’un monde perdu, dévore l’obscurité de ses yeux ardents.
L’obscurité douce qui tombe au fond des âmes pour y guérir la blessure ravivée par le jour.
Par les rues s’avance un clair rang de passants, tel un ruban noir broché d’or.

Foi en rien

JE SUIS SEUL. Mes rêves m’ont trahi, au loin les abris tombent, passent des nuages noirs de terreur, des débris à la mer, voilà ce que nous sommes. Des flammes en vagues se déversent, et je tombe dans l’écume. Je ne suis que chiffons sur des os, et j’ai perdu ma force, mon souffle. Dans les jardins poussent des roses. Avec toi, tout près marche en silence, je peux embrasser la lueur des cieux rayonnants du Seigneur. Je suis seul dans les cendres Toute chose est née dans la solitude pou permettre au monde de boire tout son saoûl. Et je sais : il n’y a rien.

 

Cantate N°112 de Jean-Sébastien Bach
sur le Psaume 23
Le Seigneur est mon bon berger

1. Choeur Le Seigneur est mon bon berger, il me tient sous sa garde et ainsi je ne manquerai de rien de ce qui est bon. Il me fait paître sans cesse là où pousse une herbe savoureuse : sa parole salutaire.
2. Air A Il me conduit près des eaux tranquilles qui me désaltèrent : C’est son Esprit Saint qui ainsi me renouvelle. Il me conduit sans relâche sur la bonne voie selon sa volonté.
3. Récitatif B Et même si je marche dans la sombre vallée de la mort, je ne crains aucun mal. Sous la persécution, dans la douleur, le trouble et la perfidie de ce monde, car tu es constamment près de moi et ta houlette et ton bâton me rassurent…je compte sur ta parole
4. Air (Duetto) Tu me prépares une table en face de mes ennemis, tu rends mon cœur dispos et courageux, tu oins ma tête, par ton esprit, d’une huile de joie et tu emplis ainsi mon âme de tes joies spirituelles.
5. Choeur Le bonheur et la grâce m’accompagnent tous les jours de ma vie et je resterai dans la maison de l’Éternel sur la terre dans la communauté chrétienne et après ma mort auprès de toi, Christ, mon Seigneur.

 

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