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Image: 'praying for time' http://www.flickr.com/photos/36613169@N00/529710929

Question d’un visiteur :

Bonjour,
J’ai beau prier le « Notre Père » en pensant chaque mot avec recueillement et dans une relation à Dieu la plus vraie possible, je suis toujours en grande difficulté face à « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés ».
Ma raison me porte à prier « Toi seul tout Amour et Pardon, apprends-moi à pardonner ».
Le pardon humain n’est pas automatique. C’est une épreuve, un travail exigeant sur soi-même, travail qui peut parfois nous sembler « surhumain  » tant la blessure ou la rancœur peuvent être inscrites dans l’esprit et parfois aussi dans notre chair.
Seul Dieu peut m’aider, me guider dans cette démarche.
Il m’est impossible de prier en conscience lorsque j’achoppe ainsi.
Merci par avance d’avoir pris le temps de me lire et pour votre éclairage qui me permettra, j’en suis sûre, davantage de discernement.

Très bonne journée.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

D’abord, bravo de prier, et d’y mettre cette sincérité. Vous avez tout à fait le droit d’adapter avec vos mots cette prière, elle est faite pour cela. La prière dite du « Notre Père » que Jésus nous propose n’est pas une formule magique qu’il faudrait absolument dire mot à mot, c’est une suggestion, un exemple.

Ensuite, je suis bien d’accord avec vous pour cette phrase du Notre Père.
On ne peut pas la comprendre comme si la mesure du pardon de Dieu était notre propre capacité à pardonner, bien sûr, car ce serait absurde, et ce serait contraire à bien des pages essentielles de l’Evangile.
C’est pourquoi, quand je dis cette prière, quand le la prie, je pense demander à Dieu de me pardonner et je lui demande aussi de me donner la grâce de pouvoir pardonner, de décharger ma colère et mes rancoeurs. Je lui demande l’un comme l’autre car c’est une seule et même chose. C’est demander à Dieu de nous aider à vivre en étant libéré de la logique de la dette, et vivre un petit peu plus dans une logique de la grâce.

Par ailleurs, je fais bien attention à ne jamais dire aux gens : « il faut pardonner ». Cela me semble très cruel de le dire, c’est culpabilisant pour les personnes blessées. Non seulement elles souffrent d’une blessure mais en plus on les chargerait d’un poids supplémentaire avec cet ordre, ajoutant aux blessures parfois extrêmes la culpabilité de souffrir, et leur manque de foi qui les empêche de pardonner et donc d’être soulagé du mal et la souffrance en eux… C’est de la perversité. Donc je pense qu’il convient plutôt de penser qu’il est bon de pardonner, on peut essayer d’espérer pouvoir un jour pardonner, on peut le demander dans la prière, on peut aimer le pardon, oui. Mais pardonner, c’est autre chose, c’est comme la cicatrisation d’une blessure, voire celle d’une amputation. Il faut en tout cas du temps, et il reste souvent une cicatrice, voire un handicap. Mais cela peut vraiment, avec l’aide de Dieu, être moins douloureux. Être vivable. Parfois c’est un miracle qu’il puisse en être ainsi, et c’est pourquoi il est bon de prier pour cela.

Avec mes amitiés fraternelles

Gaspard de Coligny.

PS. Sur le pardon, vous pouvez regarder, si vous voulez,
ce court article sur notre site

pasteur Gaspard de Coligny

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7 Réponses à “Question : Dans le Notre Père, j’ai des difficultés avec « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons »”

  1. bibletude.org dit :

    Pour ceux à qui cela parlerait, voici une version du Notre Père issue de la version originale du texte, traduite avec l’aide du St-Esprit, et aussi de l’expérience :

    Père des Cieux :
    Sanctifié, ton Nom
    Ici et maintenant, ton Règne

    Faite, ta Volonté :
    C’est dans le Ciel
    Que ce soit sur la Terre

    Notre Pain sur-substantiel :
    Donne-nous
    Ici et maintenant

    Nos dettes :
    Remets
    Comme à nos débiteurs nous remettons

    Tomber lors d’épreuves :
    Que nous n’y consentions pas
    Mais du mauvais, libère-nous

    Car à toi sont :
    Règne, Vitalité, Victoire de la Vie sur la mort
    Dans toutes les dimensions

    Oui, c’est la Réalité

  2. Ce qui m’étonne un petit peu, c’est que vous osiez prétendre que vous auriez écrit avec l’aide du Saint Esprit. Que vous l’espériez, c’est génial. Que vous pensiez avoir été éclairé par le Saint Esprit, c’est possible. Mais l’Esprit n’appartient à personne et il est dangereux d’affirmer que ce que l’on a écrit vient effectivement de Dieu et non pas de nous-mêmes nous prenant pour Dieu.

    D’autant plus que votre interprétation est très très loin du texte original. Par exemple dans la première ligne, vous avez gommé le possessif pluriel « notre » de Notre Père. Ce mot que vous avez supprimé du texte de l’Evangile est d’autant plus important que Jésus vient de dire qu’il est essentiel d’être seul pour vraiment prier, de ne pas le faire en groupe. Du coup ce pluriel fait choc, il nous invite à redécouvrir que ce Père que nous prions cœur à cœur individuellement n’est pas seulement mon Père à moi, mais aussi celui des autres qui me sont différents.
    Etc…

    Bien amicalement

  3. bibletude.org dit :

    @Gaspard de Coligny

    Votre remarque est justifiée, car vous vous mettez, par empathie, à la place de toute personne amenée à lire cette prière. La traduction/interprétation ci-dessus vient cependant d’un coeur pour lequel le « notre » est superflu, car évident.

    Ceci dit, le point crucial me semble être plutôt le « Pain sur-substantiel », à savoir le Pain qui descend du Ciel. C’est ainsi que le comprenaient les Pères de l’Église.

  4. Tout est évident, mais rien n’est superflu. Oui le « notre » est évident mais Jésus attire notre attention dessus car le péché fondamental de chacun est de se prendre pour le nombril du monde. « Père » est évident car Dieu est source de la vie et de notre vie, mais nous l’oublions si souvent. Il n’est pas dit « Père des cieux », mais « Notre Père, celui qui est dans les cieux », montrant à la fois que sa paternité n’est pas en opposition avec la filiation terrestre mais d’un autre ordre. Et que Dieu est dans les cieux, inaccessible à l’humain, et pourtant se rendant présent, par miracle… Chaque mot est un point important de ce condensé de la théologie et de la spiritualité que nous propose le Christ.
    Le terme grec « epiousios » peut signifier « super-substantiel » et c’est alors en rapport avec ce que je dis plus haut, mais ce n’est qu’un des sens de ce terme qui signifie également « de demain », le pain de la vie éternel, celui d’une autre temporalité. Et cela signifie aussi le pain « de chaque jour » qui nous est donné déjà en ce temps. Les Pères de l’église explorent tous ces sens et non seulement un seul, bien entendu. Car c’est dans cette pluralité de sens et d’interprétations possibles qui fait qu’il y a tant à méditer dans cette riche et géniale prière.

  5. Aleksander dit :

    Pour moi, la prière Notre Père est celle de l’émancipation des humains face à Dieu.
    Elle commence par l’expression d’une glorification et d’une soumission, comme dans l’islam:
    « Notre Père qui es aux cieux,
    que ton nom soit sanctifié,
    que ton règne vienne
    que ta volonté soit faite
    sur la terre comme au ciel ».

    Par contre après, les choses évoluent crescendo:
    – une demande, plus ou moins modeste, en infériorité:
    « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ».

    – une proposition d’échange, en toute égalité:
    « Pardonne-nous nos offenses
    comme nous pardonnons aussi
    à ceux qui nous ont offensés ».

    – un reproche ou presque, avec un air de supériorité:
    « Et ne nous soumets pas à la tentation,
    mais [au lieu de cela] délivre-nous du Mal.

    – Jésus se rend compte qu’il est peut-être allé trop loin, et Il fait marche arrière, revenant au début de la prière, vers la soumission:
    « Car c’est à toi qu’appartiennent :
    le règne la puissance et la gloire,
    Aux siècles des siècles. Amen.

    Cela ressemble un peu à ses mots sur la croix: « Père, pourquoi m’as tu abandonné? », suivis malgré tout d’une expression de confiance.

  6. Julien dit :

    Le pardon est quelque chose de difficile, mais pardonner c’est grandir, apprendre à être humain, apprendre qu’on n’est pas parfait. Je ne pense pas que Dieu veuille qu’on soit parfait, mais qu’on avance dans notre vie selon une harmonie spirituelle. Adolescent j’ai vécu un drame, j’en ai beaucoup voulu à la vie, beaucoup voulu à pleins de choses. Finalement, j’en voulais surtout à moi-même, car je comprenais que la vie était fragile et précieuse. Quand j’ai compris cela, quand j’ai compris que je devais me pardonner à moi-même aussi et demander pardon aux autres pour toutes les années où j’étais triste et distant. Depuis je vais mieux, j’arrive à prier de nouveau, non pas pour demander mais pour remercier.

  7. Jean dit :

    Bonjour Monsieur,
    Voici une question un peu étrange que je n’ai pas vu souvent abordée : celle du « Nom de Dieu ». L’expression passe de l’interdit total de certains croyants au juron populaire. J’aimerais poser la question un peu différemment : « Comment DIEU peut-il avoir un nom ». Comment le mot « DIEU » employé à tort et à travers ‘souvent au pluriel, je le concède) peut-il être auquel on se réfère dans le « Notre Père ».
    Le mot, le nom que donne l’Homme à tel être, à telle chose est une appropriation, une main-mise. C’est dire : je prends le contrôle (ne serait-ce que linguistique) de ce mot, de cet être. Comment peut-on dire seulement « DIEU » comme si nous le possédions, ce que beaucoup pensent plus ou moins. Il devient alors leur Dieu mais ce n’est déjà plus Dieu.
    Vous me direz sans doute que c’est ce que l’on pense éviter en demandant à ce « nom » soit « sanctifié ». Reste que le terme de « saint » lui aussi pose problème, s’il n’est qu’une attribution humaine, un pseudo-titre monarchique ou un surnom.
    Comment éviter ces collusions ? Comment parler de Dieu ou à Dieu en se disant que ce n’est pas le nom qui convient, que ce terme comme ceux d’Adonaï, de God, d’Allah… est toujours victime d’un certain antropomorphisme, voire un certain orgueil… puisque « nommer », c’est avant tout « posséder ». Pour vaincre la peur, on donne un nom à ce qui fait peur. C’est même ainsi que nait le racisme ; on évacue l’angoisse en faisant porter à un autre…

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