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« Les avions volent sans avoir la foi, moi aussi ? »

Question d’un visiteur :

Je me suis rapprochée de l’Eglise Protestante Unie de France et j’ai demandé au pasteur de la paroisse de me baptiser. Car je ne l’étais pas et j’en souffrais (j’ai 65 ans). Depuis cet évènement très important pour moi, je participe à la vie de la paroisse et prend la Cène.
J’ai assisté à une étude biblique, et là j’ai entendu des propos qui m’ont sidérée au sens strict du terme. J’apprends de la bouche du pasteur que Dieu est mort, qu’il se considère comme athée.
Je voudrais savoir si c’est une position partagée au sein de l’église protestante et notamment par les pasteurs.
Quel serait donc le sens donné à mon baptême, aux cantiques que nous chantons au culte auquel nous assistons et à la Cène que nous partageons.
Mon désarroi est grand.
Fraternelles salutations

Réponse d’un pasteur :

Bonjour
Franchement, si je pensais un jour qu’il n’y a pas de Dieu, je suis certain que j’arrêterais d’être pasteur immédiatement. Bien sûr.

Mais peut-être que, quand votre pasteur dit qu’il est athée, est-ce une façon de parler ? Certains théologiens qui ont une vie de prière intense s’inscrivent dans une façon de parler de Dieu qui relativise la pensée sur Dieu pour privilégier la contemplation, c’est la tradition de la théologie apophatique ou théologie négative. Il peut arriver qu’ils disent alors que Dieu n’existe pas, mais c’est une façon de dire que la pensée sur Dieu est infiniment loin de ce qu’est Dieu en réalité, comme on dirait que le CV d’une personne n’est pas la personne réelle. Certains se disent agnostique au sens où ils cherchent sans cesse à faire évoluer leur conception de Dieu et leur relation à Dieu.

De même, pour certains l’expression « mort de Dieu », qui a été à la mode il y a une trentaine d’année, peut vouloir dire différentes choses, pour certains cela peut vouloir dire qu’il n’y a pas de transcendance, il y a simplement cet univers, dont l’humain. Pour d’autres, cela appelle au contraire à faire privilégier, à faire naître une foi vraiment évangélique et conduire à la découverte du vrai Dieu, celui qui ne meurt pas.

Bref, il ne faut peut-être pas prendre au premier degré ce genre de phrase. Il faudrait voir dans le contexte.

Mais il est possible aussi que votre pasteur ait perdu la foi, et qu’il reste pasteur, sa théologie et sa lecture de la Bible étant de la philosophie, et ne priant pas. Cela ne rendrait pas nécessairement la pratique du culte et des études bibliques inintéressantes ou inutiles. Cela peut vous aider à vous poser des questions et à avancer. L’essentiel est que vous, ayez une relation à Dieu par la prière. Il est bien entendu possible à des paroissiens de ne pas croire à l’existence d’une transcendance et de ne pas prier, mais pour un pasteur ce serait plus gênant, à mon avis, il me semble qu’il manquerait une dimension essentielle dans cette paroisse, car une vraie relation à Dieu est et a toujours été dans notre église, une des composantes essentielles de la foi chrétienne.

Cela dit, le sens de votre baptême ne tient pas à celui qui vous l’a donné, mais à ce que vous avez dans le cœur. De même pour la communion…

Amitiés
Dieu vous bénit et vous garde

pasteur Gaspard de Coligny

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Une Réponse à “Question : mon pasteur dit que Dieu est mort, et qu’il se considère comme athée ?”

  1. Claustaire dit :

    Monsieur Pernot, je souhaiterais vous proposer les réflexions que m’avait, il y a quelque temps, inspirées une des pages de votre blog, que je ne retrouve plus, mais dont j’avais copié deux passages avant d’y ajouter mes propres réflexions. Je souhaite vous les soumettre aujourd’hui, pour avis.

    Entre guillemets, les deux passages de votre blog… Entre […] les réflexions que m’ont inspirées ces lignes :

     » Non, il n’y a pas une seule vérité, autre que Dieu lui-même. Mais les chemins vers lui sont multiples. Par exemple, si la juste place de l’homme devant Dieu était d’être au devant d’une haute montagne [mais supposons qu’elle soit perdue dans les nuages, et assez invisible pour qu’on puisse douter de son existence]. Ceux qui sont au sud de la montagne devront prendre un chemin qui va vers le nord. Ceux qui sont à l’est de la montagne devront prendre le chemin qui va en direction du couchant, celui qui est à l’ouest devra prendre la direction du levant et celui qui est au nord la direction du sud… Heureusement, quatre prophètes ont été envoyés par Dieu pour aider à trouver le bon chemin. Si un homme de chacun de ces quatre peuples fait une réunion pour chercher quel est le meilleur chemin selon Dieu, si chacun reste avec un point de vue étroit, il n’y en a pas deux qui tomberont d’accord, et les injures peuvent commencer à arriver, chacun étant certain d’avoir raison (ce qui est vrai) mais chacun étant persuadé que l’autre devrait se convertir pour penser comme lui. En fait le problème, c’est que chacun réduit alors Dieu à son petit point de vue, il fait tomber l’image de Dieu au pied de la montagne. »

    [Mais qui me garantit que le « prophète » qui se prétend envoyé par Dieu n’est pas un imposteur ou un mythomane ? Qui me garantit qu’il n’est pas une espèce d’illuminé qui n’aime que se prendre pour le Chef, LE Guide suprême, etc. ? Pourquoi devrais-je le suivre lorsqu’il prétend me guider vers le salut qui se trouverait au haut d’une montagne dont je ne suis même pas sûr de l’existence, puisque tout est loin, perdu dans les nuages, peut-être outre-monde, peut-être inventé ? Et si en plus il me menace, si je ne le suivais pas, d’être un mauvais homme, un traître à toute la communauté qui elle est prête à le suivre, comme d’autres hommes, depuis des siècles l’ont suivi ? Et s’il me traite d’âne rétif à qui il faut donner le fouet pour avancer ? Et s’il me dit que mon seul exemple, mon pauvre scepticisme, menace de décourager tout le groupe ? Et s’il estime que ma grimace sceptique est un ricanement blasphématoire qui atteinte à la dignité de Dieu, Qui risque de Se fâcher contre moi et tous les miens ?

    Et si je lui fais remarquer que, depuis le temps, depuis les siècles que des foules sont guidées vers cette invisible montagne, personne n’en est jamais revenu ? Et si je demande pourquoi je devrais le croire, sur parole, sur des rumeurs, peut-être des légendes ou des contes pour enfants ? Il me répondra que je suis bien prétentieux d’oser douter de lui, de tous ceux qui le précédèrent sur le chemin, tenant comme lui en main le Saint Guide du vieux routard vers la Sainte Montagne de Dieu ? Saint Guide où tout est expliqué, prévu, toutes les embûches annoncées et déjouées, tous les conseils donnés pour qui saurait les lire, où le chemin est clairement tracé vers le But.

    Et si je lui fais remarquer que d’autres groupes ont pris d’autres voies pour aller vers la Montagne ? Et qu’il serait peut-être prudent de leur demander leurs raisons ou leurs lumières ?
    Parce que leur chemin pourrait être meilleur, plus court, ou plus facile pour aller vers Dieu ?
    Mon guide me dirait-il que ce serait trahir ma propre communauté, que tous les chemins mènent au sommet, notamment les chemins anciens, ouverts et bien tracés par les générations précédentes ? Ajouterait-il qu’il est dangereux de sortir du chemin où passent tous les autres ? Qu’à vouloir prendre la lointaine route que d’autres empruntent là-bas, on risque de tomber en chemin, et, blessé mais solitaire sans pouvoir compter sur personne, de mourir dans la déréliction et des hommes et de Dieu ?

    Peut-être aussi font-ils seulement semblant de prendre le difficile chemin qui monte vers l’invisible afin que nous le prenions aussi, nous perdions dans les débats que nous aurons ensuite entre nous, sur le vrai chemin à suivre, et nous entre-déchirions en querelles voire en guerres civiles, pendant que eux, ayant seulement fait semblant de s’aventurer vers l’inaccessible, seraient restés en bas, dans campagne verdoyante où coulent l’eau et le miel, auraient planté leurs vergers et leurs jardins, construit leurs villes, rempli leurs greniers, équipé leurs maisons de toutes les commodités souhaitables ? Et quand nous reviendrions de notre folle quête, à laquelle nous aurions finalement renoncé après nous y être beaucoup égarés et querellés, quand nous reviendrions, assoiffés et affamés, ne serons-nous pas heureux de voir que d’autres étaient restés en bas, avaient développé leur civilisation et leur technologie, ne serions-nous pas heureux d’être accueillis, soignés, nourris, logés ?]

     » La sagesse, et le vrai respect de Dieu serait que chacun respecte l’autre, même si les chemins sont différents, les quatre prophètes, disant des choses différentes avaient tous les quatre raisons, et si chacun suit ce qui est le juste chemin pour lui, finalement tous seront unis par le Dieu unique. Mais si un grand théologien, un grand croyant d’un de ces peuples arrive à convertir un croyant d’un autre endroit, ce croyant va quitter le chemin qui le menait au sommet de la montagne pour filer droit dans un gouffre, faisant sa perte et faisant du théologien qui l’a converti un meurtrier de son frère, l’ayant détourné de la volonté de Dieu pour lui.
    Et il est intéressant, il est noble d’inviter ceux qui sont dans la plaine à lever les yeux vers la montagne et à découvrir le chemin qui va les y mener, le chemin qui est propre à ce qu’ils sont. Donc oui, il est important que chacun puisse être en relation personnelle avec Dieu pour que Dieu lui-même l’éclaire sur ce qui est le bon chemin pour lui. Car Dieu s’occupe de chacun et ce qui est bon pour moi n’est pas nécessairement bon pour mon frère. C’est Dieu qu’il faut présenter aux hommes et aux femmes, et les laisser libre ensuite de chercher leur chemin vers Dieu, librement. La contrainte n’est pas bonne en religion, et je ne pense pas qu’elle plaise à Dieu.
    Il y a ainsi un seul Dieu, mais plusieurs vérités de Dieu pour les humains. Et vouloir imposer une unique vérité est une offense à la grandeur même de Dieu, à cette diversité de pensées et de religions qu’il a lui-même voulues, comme une richesse. Comme il existe différentes fleurs, de différentes couleurs et parfums, mais que toutes, chacune à sa façon, chantent la louange du Dieu unique. »

    [ Tous les peuples ont leur(s) dieu(x), et quand ce ne seraient pas des dieux, ce seraient au moins des guides suprêmes imposant quelque Loi suprême au nom de quelque Vérité qu’eux seuls détiendraient et au nom de laquelle on s’imposerait au peuple, pour son salut, fût-ce en coupant quelques membres malades sceptiques et susceptibles d’infecter le reste sain du corps social. Seuls des individus autorisés à penser avec leur propre tête peuvent n’avoir ni Dieu ni Maître, fût-ce au prix de beaucoup d’incertitude, de doutes, et parfois de solitude ou de rejet.

    Que sont devenus les anciens dieux, les dieux précédents de ce peuple « élu » devenu monothéiste ? Le Guide-Prophète n’aura-t-il pas expliqué à son peuple qu’il devait se détourner des dieux précédents, dieux qualifiés de faux dieux, d’idoles, sinon de diables ? Le Guide-Prophète n’aura-t-il pas fait détruire ces faux-dieux précédents ? N’aura-t-il pas converti de diverses manières (par le verbe ou la verge, la foi ou le fouet) ceux qui voulaient s’obstiner à adorer ces faux-anciens-dieux, au risque que la croyance aux anciens-faux-dieux risquait de fâcher le nouveau Dieu Unique ? D’ailleurs le nouveau Dieu Unique n’avait-il pas formellement demandé à celui qu’il choisit pour être Son prophète d’expliquer à son peuple qu’il en allait de leur avenir, de leur vie, qu’ils renonçassent à leurs anciens dieux ? Ce Dieu Unique ne fut-il pas dès le début un Dieu jaloux, comme l’expliqua à son peuple le Guide-Prophète ?

    Comme ce peuple des Origines, tout peuple digne de ce nom, suffisamment uni comme peuple pour faire peuple et non être troupeau affolé courant en tous sens comme veaux lâchés dans une prairie, tout vrai peuple uni et construit autour de sa foi et de son identité, tout peuple n’a qu’un Dieu. S’il y a plusieurs Dieux, c’est qu’il y a plusieurs peuples. Ce n’est jamais le Dieu d’un peuple qui souhaita qu’il y eût un autre Dieu, ce n’est que parce que se rencontrèrent au cours de leur histoire différents peuples qu’ils constatèrent qu’ils avaient différents dieux, chaque peuple ayant le sien.

    Le passage du polythéisme au monothéisme interdit la coexistence de plusieurs dieux, raison pour laquelle les polythéistes sont souvent plus détestés par les monothéistes que les athées. Et quand on rappellera la gloire des monuments construits à la gloire de leur Dieu –cathédrales, peintures, art, etc.- par les civilisations monothéistes, on rappellera que les peuples polythéistes précédents –par exemple les Grecs et les Romains- surent construire à leurs dieux, à leur panthéon des ouvrages d’art qu’eurent beaucoup de mal à égaler les monuments construits ensuite à leur Dieu par les monothéistes.]

    [Merci de m’avoir lu jusqu’ici. Et que Dieu vous accorde ce que, pour ma part, j’attends juste de la vie.]
    Claustaire

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