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Laurent Gagnebin le 21 juin 2015

prédication du pasteur Laurent Gagnebin
pour le dimanche 21 juin 2015

J’aimerais retenir, pour la prédication de ce matin, cette affirmation de Jésus d’après l’Evangile de Matthieu, au chapitre 6 et au verset 34 : « À chaque jour suffit sa peine ». Ces mots se trouvent au cœur de ce qu’on appelle le Sermon sur la montagne, qui occupe les chapitres 5 à 7 de l’Evangile de Matthieu, et qui est introduit par les fameuses Béatitudes.

« À chaque jour suffit sa peine ». Il s’agit là, du temps de Jésus, d’un dicton populaire, expression d’une sagesse populaire. On reprend souvent, dans notre monde, ces mots, sans savoir qu’ils sont attribués à Jésus d’après les Évangiles. Il en est exactement de même pour une autre maxime : « Nul n’est prophète en son pays. » Jésus reprend ainsi des mots de cette sagesse populaire, ainsi par exemple dans une parabole : « À celui qui a, il sera donné ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même le peu qu’il a » – ce qui correspond en gros à notre proverbe « on ne prête qu’aux riches ». Ces dictons sont des paroles banales. Mais il est peut-être possible, avec Jésus, de les porter à une plus haute vérité. C’est ainsi qu’il fonctionne, par exemple avec les paraboles. Ces récits commencent pas des scènes quotidiennes familières, mais au fur et à mesure que le récit se développe, on est déplacé, on est dépaysé, pour aboutir à une conclusion surprenante et inattendue.

« A chaque jour suffit sa peine. » Il y a là un appel à une fidélité malgré tout, pour n’être pas submergé par ses soucis, comme cela peut nous arriver – ses soucis d’ordre professionnel par exemple, financier, matériel, ses soucis d’ordre affectif, familial, ou par rapport à nos amitiés et nos amours, ses soucis concernant notre santé ou celle d’un autre.

J’aimerais vous lire ces quelques lignes d’une mère de famille (c’est un texte autobiographique), qui découvre brutalement avec son mari que leur petite fille d’environ un an est handicapée mentale et physique à vie. « Oui, le verdict est tombé. Un verdict ? Une condamnation. Condamnés à vivre toute notre vie avec une enfant handicapée très gravement atteinte. L’avenir : y en a-t-il vraiment un ? Lorsqu’on me demande : mais comment avez-vous traversé cette épreuve ? Je réponds : je ne sais pas. Nous avons mis chaque jour un pied devant l’autre, sans trop réfléchir. »

Oui, « à chaque jour suffit sa peine ». Mais devant un tel drame, on pourrait dire aussi, « à chaque vie suffit sa tragédie ». Il y a ainsi dans nos existences des morts, des deuils, dont nous ne pourrons jamais nous relever. Des morts injustes, scandaleuses, brutales, plus particulièrement la mort d’un enfant. Nous devons vivre alors en portant en nous cette blessure, qui ne se refermera jamais tout à fait – mais le devrait-elle ?
… suite du texte ici

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