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femem qui regarde le Rhin passer - http://www.flickr.com/photos/93608894@N02/8637264123 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Bonsoir Monsieur le Pasteur,

Laisser soudainement s’exprimer mon esprit critique et mon libre arbitre jusqu’alors bridés me semble aussi difficile que les premiers pas d’un petit enfant dans la vie. Choisir mon itinéraire s’avère à la fois plus exaltant mais plus complexe que suivre des rails rigides. Je préfère cette route plus longue mais toute personnelle, enrichie de rencontres et partages nourrissants. Même si le but ultime, commun, et merveilleux est la foi en Jésus Christ avec cette tension vitale vers son message d’amour.

Si la lecture de la Bible est source d’un vrai bonheur, prier reste une épreuve. Dans le tourbillon de la vie, étourdie par mes activités, mes projets, mes soucis, mes bonheurs et tout un tas de faux prétextes, j’ai toujours eu du mal à m’isoler pour une vraie rencontre, un cœur à cœur avec Dieu. Or, très récemment, c’est grâce à la lecture des psaumes (presque par hasard et je n’en n’imaginais pas les fruits) que j’ai découvert une porte d’entrée pour parler simplement à Dieu. Et comme cela est bon ! (Bien sûr, il faut s’accrocher, l’esprit -le mien, bien sûr- est toujours prêt à s’évader…)

  • Si les prières de louanges, de repentance, de confiance et d’appel au secours sont intenses et naturelles (je me doute cependant que nouvelles périodes de sécheresse sont douloureusement toujours à craindre), celles concernant mes frères et sœurs me posent problème. Bien sûr, je souhaite ardemment le meilleur pour chacun et chacune dans le monde tourmenté (c’est un euphémisme) qui est le nôtre.
  • Lors du « Notre Père », je suis bien sûr dans une communion de prière totale avec mes frères, croyants ou non d’ailleurs. Dans certains psaumes aussi.
  • Mais, comment prier pour l’autre s’il ne souhaite absolument pas rencontrer Jésus (je pense notamment à des athées intégristes) ?
  • Qui suis-je pour faire des prières d’intercession alors que Dieu sait mieux que moi ce dont mon frère a besoin ?
  • Tout récemment, une de mes amies, âgée de 45 ans et maman d’un petit garçon de 4 ans, est morte des suite d’un cancer foudroyant. Je ne me sens plus apte (comme j’aurais pu le faire auparavant) à prier pour le repos de son âme. Dans quelle mesure le ferais-je ? Elle est auprès de Dieu, en paix, en son amour. Ce n’est pas à moi de demander à Dieu son repos. Il n’a pas attendu ma prière pour le faire. De même, pour son compagnon qui, je crois, est athée et pour leur petit garçon, que faire ? Leur proposer mon aide ou seulement ma présence purement terrestre (en fait, je les connais très peu) mais sur un plan spirituel je sais que Dieu ne les quitte pas. Il n’a rien pu faire pour leur compagne et maman mais Il est avec elle aujourd’hui . Je ne peux pas les « recommander » au Seigneur. Cela me semble « absurde ». J’aimerais votre avis sur ce sujet s’il vous plaît.

Amitiés.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir
Concernant la prière, à mon avis, vous vous en sortez très très bien. Franchement. Nous sommes tous comme cela, distraits dans la prière. Même les plus grands mystiques ! C’est normal et c’est le fait même de l’incarnation. Et quand, par éclair, on arrive à vraiment prier, c’est déjà un miracle, et c’est une grâce. Mais il ne faut pas s’imaginer que quand on a été distrait dans la prière, il n’en ressort rien. C’est de toute façon dans cette interaction entre une pensée vers Dieu et notre pensée de notre vie en ce monde que jaillit l’étincelle de vie. Il y a deux conseils contradictoires, ou complémentaires, pour prier intensément :

  • se ménager une habitude, une routine oserais-je dire, à heure et circonstances fixes, notre être s’habituant ainsi à se recueillir plus vite et plus facilement. Et oui, de beaux textes, en particulier les psaumes aident à entrer en prière, même si l’essentiel est au-delà, et donc souvent après, la lecture du texte.
  • se laisser surprendre par une envie de prier, à un moment heureux ou de peine, à une inspiration due à la lumière, à la qualité de l’air, à une église ouverte…

Vous avez raison, il n’est pas bon, à mon avis penser apprendre à Dieu qu’une personne souffre, ou penser dire à Dieu ce qu’il devrait faire… Si quelqu’un souffre de maladie, de catastrophe ou de méchanceté… ce n’est ni à cause de Dieu, ni par non assistance de personne en danger de sa part.

Mais il est bon de penser devant Dieu à ce qui nous tient à cœur et à nos projets. Car il peut en faire quelque chose :

  • en nous faisant évoluer nous-mêmes, nous éclairant, nous faisant découvrir ce que nous pourrions faire, peut-être, pour faire avancer ce chantier, ou découvrir qu’une personne à notre porte aurait besoin d’un coup de main aussi…
  • mais aussi, Dieu tient compte de notre avis, il compte, et donc Dieu peut aussi évoluer en fonction de ce que nous lui remontons. Même s’il ne peut pas tout faire. Je suis bien d’accord avec vous, quand il y a une mort dramatique, la leucémie d’un enfant, un tremblement de terre catastrophique… c’est que Dieu n’a rien pu faire. Mais il y travaille, et il nous appelle à y travailler avec lui pour que moins de drames comme ceux-ci arrivent et pour que les personnes souffrantes soient entourées, soignées.

Concernant une personne qui est morte, je suis tout à fait d’accord avec vous que ce serait une drôle d’idée de vouloir convaincre Dieu de l’aimer plus, de mieux lui pardonner ! A mon avis, cela n’a pas de sens. Mais par contre on peut utilement penser à une personne que nous aimons et qui est morte, afin de laisser Dieu nous aider à faire naître une nouvelle relation avec cette personne par la pensée affectueuse. De sorte que cette personne puisse encore nous faire évoluer par ce qu’elle a (ou avait) de meilleur.

Avec mes amitiés fraternelles

Marc

PS. Sur le site, j’ai mis des textes de prière, quelques Psaumes, des idées pour s’aider à prier

pasteur Gaspard de Coligny

Plusieurs centaines d’autres questions & réponses sur le site

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6 Réponses à “Question : dans mon cheminement, prier reste une épreuve”

  1. Marie dit :

    Bonsoir monsieur le Pasteur,

    Je viens içi mais je suis pourtant pleinement égarée. Je m’explique, je suis catholique non pratiquante, j’ai récemment perdue ma grand mère et je souhaite me retourner vers Dieu et en cherchant quelques informations en ligne je tombe sur votre site internet. Je suis vraiment perdue désormais, j’ai toujours eu l’impression depuis l’arrêt de ma pratique religieuse (vers mes 12 ans) de ne pas être à l’aise au sein de l’Eglise catholique (très moralisatrice, effet de groupe mais au final on est seul face a la vie sociétale, contradictions entre certains de leurs postulat: pas de femme pretre pas de possibilité de se marier pour les prêtres….). D’autre part, j’ai eu le plaisir de voir des vidéos du culte du dimanche… illumination …: le discours des pasteurs fait vraiment le lien entre la Bible et la société, c’est vraiment comme cela que je vois l’Eglise. Or, chez nous catholiques, durant la messe, c’est beau mais on a vraiment l’impression d’être hors réalité parfois………….

    Je ne sais si je suis claire mais la problématique de cette découverte est posée: que faire? J’ai l’impression d’être croyante catholique, car je suis quand même persuadée d’être catholique dans le sens ou je crois dans toutes les bases de ma foi (Jesus Marie, le Pape, etc.. ) mais j’ai l’impression que je pourrai etre une protestante pratiquante! Est ce normal? Que dois-je faire pour ne plus etre dans cette situation nouvelle et plutôt déstabilisante? Puis je venir une fois au culte (je ne connais pas du tout) ? Aller aux deux Eglises?

    Merci pour votre lecture et vos réponses bienveillantes!

    Amitiés

    Marie

  2. Bonsoir Marie

    Vraiment bravo de choisir ainsi de laisser une place dans votre vie pour la foi. C’est génial.
    Pour le reste, il n’y a pas de problèmes à mon avis. Vous vous sentez catholique, c’est parfait, il n’y a ps de raison de changer. Et si aller de temps en temps au culte protestant (à l’Oratoire par exemple !-) et que ça vous aide à avancer dans votre foi, et bien c’est génial ! De toute façon vous ne serez pas la seule catho, il y a aussi des conjoints de protestants, et puis des personnes qui viennent là aussi de temps en temps pour enrichir leur réflexion. Il y a même des couples de deux catholiques qui mettent leur enfant au catéchisme chez nous pour que leurs enfants aient une éducation religieuse plus biblique et donnant le goût de se poser des questions et d’en débattre… sans que les enfants deviennent pour autant nécessairement protestants.

    De toute façon, comme le dit l’apôtre Paul : « Il y a un seul corps et un seul Esprit, et vous avez été appelés à une seule espérance par votre vocation, il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » (Ephésiens 4:4-6).

  3. Marie dit :

    Merci pour votre réponse très rapide! Je pense sincèrement venir à l’Oratoire en espérant trouver un équilibre ….. Je trouve en tout cas , pour le peu que j’ai lu (toutes les questions auxquelles vous avez répondu) que votre travail est superbe! J’ai rarement vu une aussi grande justesse dans les réponses! Vous êtes tout simplement proche des gens… ce qui marque encore une fois la différence entre vous et les prêtres que j’ai vu… à mon plus grand regret…
    Puis-je vous demander , pour vous en tant que pasteur, comment vous percevez ma situation ? Apparemment, c’est fréquent pour vous de voir des catholiques, mais au fond quelle est la différence entre les deux? Pour venir à l’Oratoire, l’entrée est libre je suppose comme chez nous?

    très sincèrement

    Marie

  4. Merci pour les encouragements !-)
    La différence entre le protestantisme et le catholicisme, je pense que c’est principalement la place de l’église. Pour nous, ce n’est qu’un moyen utile pour nous aider à cheminer vers Dieu. Mais nous ne voulons surtout pas que l’église, ni le culte, ni la communion… soient l’essentiel pour le fidèle. Ce serait une aliénation, remplaçant Dieu par l’église dans le cœur des fidèles. Nous préférons que l’église reste quelque chose d’important, éventuellement quelque chose de sympa, mais que l’essentiel, le plus fort, le plus profond soit ce que nous pouvons vivre dans notre prière personnelle, nourrie de paroles bibliques.

  5. Anonyme dit :

    Bonjour, Je prie depuis peu de temps mais je n’arrive pas ressentir l’amour de dieu et je ne sais pas si ma prière est écoutée car j’oublie des mots et je suis assez rapide. Et peut on prier les yeux ouverts ou en fermant les yeux? Je ne serais pas quel serait le meilleur moyen.
    Merci de votre réponse.

  6. Bonjour
    Ne vous inquiétez pas, c’est tout à fait normal.
    C’est vrai que la moitié des chrétiens que je connais ont ressenti le sentiment de l’amour de Dieu. C’est parfois une unique fois, décisive pour eux, de manière intense. C’est pour d’autres de manière plus diffuse, de temps en temps. L’autre moitié des chrétiens ressentent un bénéfice de la prière autrement que par le sentiment religieux, plutôt par une croissance de leur être, une paix, un éclairage, une liberté… qu’ils reçoivent de cette façon.
    A mon avis, continuez à prier. A votre façon. le plus important est à mon avis de se concentrer sur la bienveillance de Dieu, sur votre sincérité, sur la régularité de ces temps de prière dans l’intimité de votre chambre, en essayant de ménager des temps de pensée silencieuse, entre des mots ou des soupirs de louange, de gratitude, de lamentation, de repentance, d’espérance…

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