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Gaspard de Coligny le 2 août 2015

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 2 août 2015

Le manque et la peur de manquer nous font souffrir et nous constituent en même temps. Ils nous font parfois régresser mais nous font aussi avancer. Ils peuvent nous étouffer sous les soucis, et ils peuvent motiver une recherche essentielle.

C’est en cherchant sur cette question que je me suis penché sur cette page du « sermon sur la montagne » de Jésus. Mais en lisant ce texte, sincèrement, je me suis dit je n’allais pas y arriver. Car en première lecture, cette page semble dire des choses tout à fait choquantes.

Nous ne pouvons pas tenir un mois sans manger, ni une semaine sans boire, ni une journée dans le froid sans vêtements, ni quelques minutes sans un peu d’air. Nos ne pouvons pas non plus vivre sans communiquer, sans compagnie, sans estime de soi… la morsure du manque et de la peur de manquer est le juste cri de notre soif de vivre.

Comment en parle ce texte de l’Évangile ?
… suite du texte ici

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6 Réponses à “Prédication : Ne pas s’inquiéter de manquer ? (Matthieu 6 :19-34)”

  1. Sarah dit :

    Bonjour,

    Merci pour ce beau message sur Matthieu 6. On tend, en effet, à s’arrêter à une interprétation littérale du Sermon sur la Montagne. Par contre, qu’entendez-vous par « [Dieu] est infiniment puissant mais il est loin d’être tout puissant » ? Comment Dieu peut-il être infiniment puissant (donc avoir une puissance sans bornes, sans limites) sans être tout-puissant ? Dieu serait-il comme le génie d’Aladdin qui a des pouvoirs cosmiques phénoménaux mais qui est limité par sa lampe (pour Dieu cette limite, serait-elle la liberté de l’homme ?). Pourriez-vous nous éclairer sur cette nuance ? Merci

  2. Bonjour

    Par exemple, il y a un nombre infini de nombres entiers, mais les nombres entiers ne sont pas tous les nombres, il y a aussi des fractions (par exemple 1/2 ou 2/3..) qui sont eux aussi en nombre infinis, ils sont mêmes infiniment plus nombreux. Mais il y a quand même encore des nombres qui ne sont pas dans cet ensemble comme le nombre Pi.

    Pour Dieu, c’est la même chose, il a une puissance infinie, mais il y a des tas de choses qu’il ne peut pas faire. Déjà il ne peut pas faire ce qui est injuste ou mauvais. Tranquillement cela fait déjà la moitié des choses possibles qu’il ne peut pas faire. Mais il reste un nombre infini de bonnes choses à faire. Il ne peut pas faire qu’un bâton de bois ait un seul bout, ni faire que quelque chose qui a eu lieu n’ait pas eu lieu. Ensuite, il ne peut pas forcer une personne à être libre, ou à aimer véritablement… A mon avis, il n’est pas non plus un magicien, il peut appeler à la santé, donner des idées aux humains pour mieux soigner, mieux partager. Mais quand un enfant meurt de leucémie dans des souffrances atroces, ce n’est pas que Dieu ne voulait pas guérir cet enfant, c’est qu’il ne pouvait pas.

  3. Jean Rastignac dit :

    Le Sermon sur la Montagne interpelle toujours par sa complexité et déjà par son titre qui nous entraine vers le surréalisme d’un tableau de Salvatore Dali.
    Comme vous l’avez magnifiquement et très poétiquement fait ressentir dans votre propre Sermon, le mot de Montagne indique déjà qu’il s’agit d’aller plus haut et de la difficulté de l’homme de s’élever en spiritualité, d’aiguiser celle-ci tout en luttant contre cette contingence existentielle de la matérialité qui nous ramène toujours vers le bas. Très bel exemple de Salomon, qui s’il m’en souvient est questionné par Dieu sur ses désirs, et choisir entre la richesse et la gloire ou la sagesse. Salomon choisi la sagesse et la capacité de faire le bien. Dieu lui donnera les deux. Le message est effectivement ici à moduler en ce sens que l’on n’agit pas pour obtenir une récompense mais pour faire le bien et que la somme de ces biens fait du monde où nous vivons un monde meilleur. Le monde meilleur c’est aussi le titre d’un film de l’année 2000 où Kevin Spacey, instituteur symbolisant Dieu, invite ses élèves à dépasser leur angoisse matérielle afin de faire chacun trois bonnes actions et rendre ainsi le monde plus vivable. Un des élèves accomplira ces trois bonnes actions, dans la troisième tel le christ il préférera donner sa vie plutôt que de ne pas atteindre le but qu’il s’était fixé. Bien sûr comme dans le Sermon sur la montagne on ne va pas demander à tout le monde d’aller jusqu’à donner sa vie, mais comme vous le dites très bien c’est le fait de viser la perfection qui permet de progresser et d’améliorer les choses, la perfection sera surement pour demain, « à chaque jour suffit sa peine ». Ainsi c’est un combat que nous menons contre nous même comme dit aussi le coran, contre nos angoisses et nos peurs du manque de ce qui nous est nécessaire pour vivre et continuer à agir pour le bien si nous le voulons.
    De même comment le soldat pourra combattre s’il a peur de la mort, Shakespeare reprend aussi cet exemple dans Richard II.
    Pour conclure et rester dans l’esprit de la montagne, je citerai Martin Luther King en rapportant un extrait de son sermon intitulé rêves irréalisés. » « trouvez quelqu’un pour dire de vous: »il n’a peut-être pas atteint les sommets, il n’a peut être pas réalisé tous ses rêves, mais il a essayé. » N’est ce pas une chose formidable que l’on pourrait dire à votre sujet? « il a essayé d’être un homme bon. Il a tenté d’être un homme juste. Il a tenté d’être un honnête homme. Oui son coeur était droit. » Et puis entendre une voix proclamer, à travers le temps: « Je t’accepte. Tu es bénéficiaire de ma grâce, car le désir était dans ton coeur. Et il est si bon qu’il ait habité ton coeur. »
    Ce désir, c’est aussi ce lys qui essaie de s’extraire de sa matérialité terrestre pour s’élever vers le ciel. Ainsi c’est cet effort collectif qui sera récompensé par la venue d’un monde plus vivable et peut-être meilleur. C’est ce combat collectif vers le spirituel qui nous « rapproche du royaume de Dieu ». Dans l’esprit de Spinosa, je dirai « Dieu existe parce qu’en agissant à son image, nous faisons qu’il existe finalement ».

  4. visiteur dit :

    Monsieur le pasteur, bonjour.

    J’ai écouté avec intérêt votre prédication du 2 août dernier, intitulée sur le site web « Ne pas s’inquiéter de manquer? », dans laquelle vous vous efforcez d’éclairer un passage de Matthieu 6 et donc de ce qu’on a coutume d’appeler le Sermon sur la montagne: « Ne vous amassez pas de trésors sur la terre », etc.

    Je vous avoue d’emblée que, sans m’être antipathique, elle ne m’a pas convaincu. Ce n’est probablement pas sans rapport avec le fait que je suis agnostique depuis bientôt vingt ans (j’en ai cinquante-cinq); auparavant, je pense qu’on aurait pu me cataloguer comme catholique critique. Mais je reste très attaché à l’éthique des évangiles, et au Sermon sur la montagne en particulier — et c’est sans doute pour cela que j’écoute parfois des prédications chrétiennes sans toujours hurler à l’obscurantisme (je les écoute souvent, je hurle moins souvent… mais quand même couramment). Ce passage me paraît d’un irréalisme total, ce qui ne l’empêche pas d’être très beau et ne m’empêche pas, moi, de souhaiter qu’il eût raison: à tout prendre, je préfère abdiquer un peu mon bon sens et essayer de m’y conformer qu’en affirmer l’inanité et n’en tenir aucun compte.
    Bien. Ce que je viens d’écrire a sans doute plus de raisons de vous désoler que de vous complaire, et je ne vous en voudrai donc pas si vous ne prenez pas la peine de me répondre, mais j’aurais quand même voulu vous poser une question, par vraie curiosité intellectuelle, sans volonté polémique.

    Je vous ai entendu à plusieurs reprises dans cette prédication dire que « Dieu fait ce qu’il peut » et même — je n’en jurerais pas, mais il m’a semblé — « Dieu n’est pas tout-puissant ». Ce qui m’a titillé, car si je suis totalement athée par rapport à l’idée d’un Dieu tout-puissant, je redeviens agnostique et peut-être même assez vaguement croyant quand j’envisage l’idée d’un Dieu bienveillant qui ne pourrait pas tout, et en tout cas pas tout de suite.

    Ma question est la suivante: vous ai-je mal compris, ou existe-t-il — et peut-être dans la chapelle du protestantisme libéral — une théologie chrétienne réfutant l’idée de toute-puissance? Car si elle existait, elle m’intéresserait (je n’ai pas dit qu’elle me convaincrait!).

    Je vous remercie de m’avoir lu, et j’espère que vous m’accorderez une réponse — ou, si vous le préférez, un entretien (j’habite en région parisienne). En tout état de cause, je vous prie d’agréer, euh… (que pourrais-je inventer comme salutation qui convienne à un agnostique de tradition chrétienne?) … je vous prie d’agréer mes sentiments fraternels.

    Bonne journée.

  5. Bonjour monsieur

    Merci pour les encouragements, bien sûr les réserves que vous portez sont tout à fait normales, le mode d’emploi de l’Oratoire du Louvre est de se sentir libre de penser et de croire en liberté, et donc je suis ravi de voir des personnes réagir, et manifestement chercher.

    Oui, bien entendu, je pense que Dieu n’est pas tout puissant, et vous trouverez plein de prédications, articles du blog et autres articles dans le petit dictionnaire de théologie qui essayent de montrer pourquoi, et ce qu’en dit la Bible. C’est une position qui est loin d’être originale dans le protestantisme libéral. Mais pas seulement, bien des théologiens catholiques disent la même chose, même si ce genre de pensée ne s’exprime que fort peu dans l’homélie du dimanche à la messe catholique, je pense.

    Amitiés

  6. Jean Rastignac dit :

    J’ai toujours été frappé par l’influence grecque sur certains passages bibliques. Dans le cas du sermon sur la montagne et bien qu’il n’y ait surement aucun effet de causalité de l’un sur l’autre, j’aimerai apporter en complément à la réflexion: une exhortation de Périclès aux Athéniens. Je dis sans effet de causalité, car ce que recommande le Christ relève simplement du bon sens et de l’introspection. Le Christ ne nous interdit pas de travailler et de s’enrichir, car nous vivons dans un monde matériel, changeant, que nous devons sans cesse préserver et faire progresser en même temps, comme vous le soulignez Pasteur Pernot, dans votre récent sermon sur la Genèse: »par la sincérité, l’audace et l’étincelle divine ».
    Au moment de l’entrée en guerre d’ Athènes contre Sparte, alors qu’elle est devenue la puissance maritime dominante et capitaliste de la plus grande partie du monde méditerranéen, Périclès invite les Athéniens à libérer leur esprit au moment de s’engager pour ou contre la guerre. Il leur dit ainsi: »N’acceptez pas de vivre en tremblant pour vos possessions ».
    Thucydide.La guerre du Péloponnèse,I.

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