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Image: 'praying for time' http://www.flickr.com/photos/36613169@N00/529710929

Question d’un visiteur :

Bonsoir pasteur

Comme toujours, je reviens vers vous car j’apprécie beaucoup vos propos si justes et si réconfortants.
Je traverse actuellement une période délicate au niveau de la foi. En effet, je suis vigilante, extrêmement vigilante. Je me surveille beaucoup.
Je n’arrive décidément pas à vivre une relation fluide avec notre Seigneur et ce, depuis que je travaille dans une entreprise fragile financièrement. Cela fait maintenant 5 ans. En 2012, on m’a parlé d’un CDI auquel j’ai cru mais dont je n’ai jamais vu la moindre trace. Je passe un été éprouvant car j’ai peur pour mon avenir à la fois professionnel et personnel. J’ai confié tout cela au Seigneur de très très très nombreuses fois et aujourd’hui, je n’y arrive plus car je lui rabâche toujours la même chose.

Je suis sèche dans la prière mais qu’est-ce que j’aime notre Seigneur!! Il suffit de me parler de Lui pour que je ne m’arrête plus. Je le sens au plus profond de mon cœur. Il y a juste cette peur profonde, irrationnelle que je ne maîtrise pas toujours et qui occulte ma relation à Dieu, qui perturbe complètement ma prière.

Le Seigneur sait tout cela. Mais je ne suis pas une marchande de tapis. C’est vrai que s’Il pouvait me « donner » ce CDI, je pourrais quitter cette atmosphère si délétère. Mais je ne veux pas d’une relation de marchandage avec Dieu qui a toujours été à mes côtés.

Pour être honnête, je ne suis pas une grande pratiquante. J’ai du mal à aller à la messe. J’aime bien ma relation intime avec Dieu. En revanche, je pose des actes.

J’aimerais nouer, renouer une relation plus vraie, moins crispée, moins expéditive le soir, plus sereine avec notre Seigneur. Mais je ne sais plus comment faire.

Merci beaucoup pasteur.

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Merci pour ces encouragements, et bravo pour votre foi, votre intensité dans la prière.

Il me semble tout à fait normal de se faire du soucis dans ces circonstances. Et quand on se fait du soucis il est normal encore d’avoir de la peine à en sortir même dans la prière. C’est pourquoi il est important de pouvoir assurer une situation stable, pour soi et pour ceux que l’on aime ou qui nous sont confiés pour qu’on les aide.

Mais quand cela n’est pas le cas, comment faire pour pouvoir élever sa prière au dessus de ces préoccupations ? C’est d’autant plus important que ce serait précisément dans les difficultés que Dieu pourrait nous apporter un réconfort essentiel.
A mon avis, il est possible d’utiliser des moyens pratiques pour nous aider à élever notre prière, pour la libérer de cette prison qu’est la préoccupation légitime pour sa vie en ce monde.

Sur le site, j’ai mis des suggestions et des idées : https://oratoiredulouvre.fr/reflexion-sur-la-priere.php

Mais il me semble que vous pourriez peut-être essayer de prendre un schéma, certes un peu pédagogique, mais en vous sentant très libre de l’adapter, d’en sortir, et de l’interrompre en cours de route dès que vous sentez que quelque chose vous a déjà vraiment touchée.

Le soir avant de vous coucher, ou le matin à l’aube, vous pourriez commencer par dire un Notre Père, ou un psaume que vous aimez, puis de prendre un temps de prière toute simple, personnelle, avec des chapitres, par exemple :

  • un moment de louange, en cherchant les belles choses de sa journée pour en remercier Dieu, les beaux moments, beau geste que vous auriez pu faire ou reçu, belle chose dont vous avez été témoin ou dont vous avez appris la nouvelle, sinon, un beau souvenir.
  • lui confier ce qui est moins beau en ce monde, on peut demander pardon pour le mal qu’on a peut-être fait, ou une occasion où nous aurions pu mieux faire et demander à Dieu son aide pour avancer…. Mais pas plus de choses négatives que de choses positives trouvées au point précédent !
  • lui demander son aide et sa nourriture pour qu’il nous fasse devenir meilleur, plus fort dans les domaines de la foi, l’espérance et l’amour, plus créatif
  • se souvenir de ceux qui ont besoin, se souvenir de ceux que l’on aime, et ceux que l’on a rencontrés, de ceux que l’on a du mal à aimer
  • présenter seulement alors nos projets futurs, personnellement j’essaye d’éviter de dire à Dieu ce que je pense qu’il devrait faire (il est assez grand pour savoir ce qu’il peut faire et veut faire).
  • puis regarder l’avenir avec confiance dans l’amour de Dieu, si possible un temps de silence, où l’on ne dit et pense plus rien, même si cela ne dure que 2 secondes… Puis Amen.

Mais ce n’est qu’une proposition, un schéma de départ, c’est très libre, et doit le rester.

Et de toute façon, l’essentiel est de prier, donc ne vous inquiétez pas si votre prière est toujours la même, si elle est réduite à un mot, un soupir. Ce n’est pas la performance qui compte, mais le simple regard. Donc bravo de vouloir une prière plus intense, mais en même temps, c’est déjà très bien comme ça. Franchement.

Avec mes amitiés fraternelles & tous mes vœux pour une situation en bonne évolution, à tout point de vue.

pasteur Gaspard de Coligny

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