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Assomption de la vierge, par Philippe de Champaigne, musée de Cherbourg

Assomption de la vierge, par Philippe de Champaigne, toile actuellement au musée de Cherbourg, anciennement dans l’Oratoire du Louvre, au plafond de la chapelle qui est à droite de la chaire, décorée par la famille Tubeuf

Question d’un visiteur :

Bonjour Monsieur le Pasteur,

Si vous permettez, je voudrais vous demander ce que vous pensez de tout ce qui suit: L’église catholique vient de célébrer ce 15 Aout l’assomption. Ce qui me chiffonne c’est de savoir où l’église catholique a pris cette histoire que Marie soit née sans péché, qu’elle est sans péché, or nous savons tous que personnes n’est jamais né sans péché, je peux penser qu’elle a été pieuse, mais pas sans péché. Le dogme de l’assomption a été décrété par Pie XII en 1950, alors que entre le IV et VIIIe siècle si je me trompe pas, on nous bassine que jésus serait venu récupérer le corps de Marie après son décès, que Marie après la mort de Jésus se serais réfugiée à Ephèse, et que les apôtres qui étais en mission sont venu l’entourer pour ses derniers moment et qu’elle fut montée au ciel. Quand je suis allée en Turquie en 2012, je suis allée à Ephèse et on m’a montré des vestiges des ruines qui semblait être la maison de Marie, et aussi ce qui semblais être le tombeau de Jean.

Là où est ma question, pourquoi tant de traditions qui inventent des trucs qui n’existent pas dans la bible, il semblerait que l’assomption de Marie ressemble fortement à une histoire païenne.

Merci Monsieur le Pasteur pour votre réponse.

Fraternellement Votre.

un lecteur du blog de l’oratoire.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour et merci pour votre fidélité, vos encouragements.

Je partage votre étonnement, à vrai dire, sur ce genre de décrets dont l’église catholique a le secret. Cela me semble aberrant de décréter comme cela des faits qui deviendraient, ainsi, des vérités historiques ?
Mais souvent, néanmoins, ces histoires ne sont pas dénuées d’intérêt si on les lit comme de pieuses légendes, ou comme des prédications mises sous forme de récit.

Selon le dogme catholique, la Vierge Marie n’a pu mourir car elle est sans péché, elle devait donc monter au ciel miraculeusement dans une assomption.

Marie est une image du croyant que nous sommes, ou que nous devrions être. Cela se trouve dans l’Evangile, par exemple dans l’Evangile selon Jean aux noces de Cana et à la croix, ou quand Jésus dit « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la parole de Dieu, et qui la mettent en pratique. » (Luc 8:21 et parallèles).

Cet état d’être sans péché est ainsi plutôt un appel, et c’est aussi comme cela que Dieu nous regarde, il ne retient pas contre nous tout ce qui ne va pas, mais il nous reconnaît comme son enfant bien-aimé. Nous, humbles humains, nous sommes tous pécheurs, tous imparfaits, limités et mortels (et évidemment aussi la mère de Jésus). Mais notre gloire, c’est l’amour de Dieu qui nous prend tels que nous sommes, il trouve que nous vallons la peine qu’il descende vers nous pour nous tendre la main en Christ. Il est la présence de Dieu qui tend sa main vers nous pour nous relever et nous faire monter, nous élever au ciel. On peut comprendre ainsi cette histoire d’assomption de la vierge comme un appel à compter sur Dieu pour nous élever, ce qui est effectivement un miracle inimaginable.

Donc ce « dogme » de l’assomption de Marie est loin d’être sans intérêt. Mais c’est vrai que ce n’est vraiment pas dans notre sensibilité protestante de transformer cette prédication en légende, puis en pseudo vérité historique, et en un culte à Marie ! Mais si cela approfondit la foi de certaines personnes, nous ne pouvons que nous en réjouir. Ce n’est pas parce qu’une soupe n’est pas à notre goût qu’il faudrait interdire aux autres de l’aimer.

Amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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8 Réponses à “Question : le dogme de l’assomption ?”

  1. Nathan ANDIRAN dit :

    « Ce n’est pas parce que la soupe n’est pas à notre goût qu’il faudrait l’interdire aux autres »
    _ dites-vous Cher Gaspard de Coligny.
    Mais l’est-elle au goût de Dieu ?
    Que voulez-vous dire Gaspard de Coligny: qu’avec du faux on peut faire du vrai ?
    Pie XII était un être mystique et sujet à caution. Les histoires vaticanes sur son compte sont nombreuses. Son dogme de l’assomption va aller rejoindre celui de l’immaculée comception. Allant jusqu’à donner à Marie le rôle de corédemptrice !
    Je ne rejoins pas cette conception qu’il faille trouver du bon dans ce qui est est faux.
    Que Dieu veuille nous élever est une vérité que je partage évidemment avec vous.
    Mais pour élever quelqu’un on commence par ne pas lui mentir !

  2. Daniele dit :

    Bonjour,
    Bien que baptisée dans l’église catholique, je me sens de plus en plus en décalage avec ses enseignements. Il me semble que, lorsque nous vivons vraiment notre foi, que nous essayons de la connaître mieux, tous ces dogmes et autres vénérations de reliques, etc…Sont inutiles et portent à confusion.
    C’est du moins ce que je ressens profondément et en cela je suis d’accord avec la pensée de Térése d’Avila « Dieu seul suffit ».

  3. Ce qui est certain, monsieur Andiran, c’est que juger les autres est déconseillé dans bien des passages bibliques. Et la bienveillance est plutôt recommandée, voir, chercher, se réjouir du positif dans celui qui est à côté.
    En particulier le passage célèbre où Jésus parle d’une poutre dans notre œil et d’une paille dans l’œil du voisin. Jésus nous dit : enlève d’abord la poutre qui est dans ton œil et tu verras plus clair pour enlever la paille qui est dans l’œil du voisin. Mais oui, du temps de Jésus comme dans notre temps, nous adorons ricaner en voyant la paille dans l’œil du voisin, l’intégriste va vite catégoriser le porteur de cet œil comme un hérétique, méritant sans conteste d’être rejeté par Dieu pour ce bril de paille infâme qui le souille tout entier… pour Jésus, c’est plutôt notre regard de jugement, par lequel nous nous prenons pour Dieu, c’est cela, le grand problème.

  4. Andiran dit :

    Sans vouloir commenter la réponse à mon commentaire – ce qui finirait par épuiser -, je me permets de rectifier ce qui me semble devoir l’être.
    Je ne porte pas jugement sur des chrétiens qui pourraient avoir un avis contraire et sont sans aucun doute des êtres tout à fait respectables.
    Le jugement que je porte est sur les dogmes élaborés par la hiérarchie catholique. Je trouve qu’ils dénaturent grandement la Bible et donc la vision qu’elle donne de Dieu.
    Certes, il n’est pas bon de juger son prochain, et vous avez raison de préciser que le Christ nous le déconseille. Mais vous pouvez aussi noter que Jèsus usa de termes bien moins diplomatiques pour reprendre les pharisiens et leurs égarements…
    Quoi qu’il en soit, pour résumer, je conviens qu’il faille respecter les personnes qui peuvent penser différemment de nous, mais je trouve aussi nécéssaire de dire que certains dogmes sont choquants et dénaturent le texte biblique profondément.
    Mais après, il y a, et cela est vrai, à faire preuve de bonté et à éviter de juger sévérement autrui. Si la flamme de mon expression a pu le laisser penser, c’est alors
    que j’ai du fauté par manque de considération.

  5. Peut-être que Jésus, lui, ne portait plus sa poutre dans son œil, mais était plutôt prêt à la porter sur son dos ?

  6. dugas dit :

    Quel plaisir de vous lire,…. tous…. ! Un questionnement quotidien qui permet de vivre sa foi en vérité. Merci !

  7. andiran dit :

    Je partage bien évidemment votre avis sur la miséricorde et la clairvoyance de notre Seigneur. Et, je vous rassure en précisant que je ne m’y mesure pas.
    Après, je ne bâtit pas sur le fondement de dogmes que je pense être faux et contraire à l’analyse des écritures. C’est de cela seulement.
    Le Pape Benoit XVI encourageait les catholiques à revenir à une vérité dogmatique en alliant cette exortation à la méfiance du relativisme religieux. Ce qui rend effectivement le débat théologique plutôt délicat.
    Quant à penser qu’on ne puisse rien penser de tranché, je m’y refuse tout autant.
    Luther n’était pas le Christ et n’a pas ménagé l’institution.
    Car, bien entendu, il y a différence entre l’Institution et la pratique. Et je connais bien entendu des prêtres catholiques tout à fait admirables et qui s’embarassent pas de ces dogmes incompréhensibles.

  8. Je confirme : Luther n’était pas le Christ. Tant s’en faut.
    D’ailleurs Benoit XVI non plus, et nous non plus.

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