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Johan Georg Pinsel, La Vierge de Douleur Vers 1758

Johan Georg Pinsel, La Vierge de Douleur Vers 1758

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur,

J’espère que vous allez très bien avec la grâce de notre Dieu. Je suis contente de vous écrire parce que j’ai personne a qui faire part de mes peurs a par Dieu, mais parfois on a besoin d’une personne comme nous pour en parler. Y a pas trop longtemps que j’ai senti dans mon cœur devoir parler d’un péché que j’ai commis, mais c’est un péché pour lequel j’ai demandé pardon a Dieu presque tous les jours. Je pense que j’ai été pardonné mais la ça vient encore et encore dans mon cœur et presque tous les messages que j’écoute ou que je lis me rappellent que je dois confesser ce péché a la personne contre qui j’ai péché. Je n’ai jamais parlé a personne de ce péché mais j’ai confessé a Dieu je ne sais combien de fois.

Et puis, est-ce que ça suffit de confesser son péché à Dieu, ou est-ce que je dois en parler à quelqu’un ? Il y a toujours dans cœur a chaque fois que j’ai envie de parler de ce péché à quelqu’un, quelque chose qui me dit que ce n’est pas nécessaire d’en parler a un humain comme moi quand je peux parler a Dieu qui lui seul peut me pardonner et qui ne me jugera pas.

Mais pourquoi a chaque fois que j’entends une parole de Dieu ou que je prie, ou je sens que ce seul péché est toujours dans mon cœur? Est ce parce que c’est un péché humiliant et que j’ai peur de me faire juger par cette amie, ou par d’autre personne? Je pense que quand Dieu te demande de faire une chose il met la force en toi pour le faire, moi tout ce que je veux c’est lui obéir, mais je n’arrive pas à savoir si c’est lui qui me parle ou si c’est ma conscience parce que je n’aurais pas du faire ce péché?

Je ne sais plus quoi faire, mais je n’en peux plus de ne pas avoir le cœur en paix.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour & bon courage.

Il n’est pas nécessairement indispensable d’avouer à la personne une faute que l’on a fait contre lui.
En tout cas, ce n’est pas indispensable pour que l’on puisse être pardonné par Dieu. Car pour Dieu, ce qui compte, c’est que chacun puisse avancer : la coupable et la victime.

Donc la question essentielle est la suivante : est-ce que cela aiderait la victime que vous lui avouiez votre faute ? Parfois oui, si la victime a été profondément blessée par un sale coup qu’on lui a fait, alors cela peut l’aider à avancer que le coupable avoue. Mais ce n’est pas toujours le cas. Parfois la victime n’a pas eu connaissance de la faute contre elle, par exemple une trahison ou un mensonge, et si on lui avouait quelques temps après, cela ne lui ferait que du mal, de la douleur en découvrant qu’une personne en qui elle avait confiance lui a menti. C’est alors vraiment pas bon de lui faire subir ces aveux.

C’est à vous de voir dans lequel des deux cas vous vous trouvez.

Mais en dehors de cette question de savoir ce qui est le mieux pour le bonheur de la personne contre qui vous avez le sentiment d’avoir fait une faute. La question n’est pas celle du pardon de Dieu, en tout cas. Car Dieu pardonne, il pardonne absolument. Jamais il n’abandonne la soif de vous voir être heureuse, et d’avancer dans le chemin de la vie. Donc, quand nous faisons une faute, il est déçu, bien entendu, mais sa réaction (nous dit Jésus) est alors celle d’un médecin devant quelqu’un qui a de la fièvre, il espère nous aider à être mieux portant. Or, le fait que vous ayez pris conscience qu’il y avait un problème dans cet acte et déjà un bon signe, que vous ne vous en fichez pas et que vous avez le désir de progresser. Mais ce que Dieu espère, précisément, c’est que vous puissiez avancer, et donc vous pardonner à vous-mêmes, ne plus souffrir de cette histoire ancienne.

C’est vrai que ce n’est pas facile de se pardonner à soi-même. On peut demander à Dieu de nous y aider.

Et il peut effectivement arriver, vous avez raison, de confesser sa faute à quelqu’un de confiance ce que vous avez sur le cœur. Ce n’est pas Dieu qui aurait besoin de cela. Jésus nous dit qu’il est comme un berger qui jamais ne cesse d’aimer et de chercher même la plus perdue des brebis perdue, que Dieu est comme un père qui jamais ne cesse d’attendre les bras ouvert le plus mauvais de ses enfants (Luc 15). Dieu est donc même au-delà du pardon. Mais parfois on a besoin de s’entendre dire l’amour de Dieu quand notre cœur est vraiment troublé, et pour cela il est parfois utile de confesser son péché à quelqu’un. . Parfois on a besoin aussi d’un regard extérieur pour nous ouvrir les yeux sur nous-mêmes, et aller plus loin que la simple faute, mais nous aider à voir peut-être la source de cette faute, mais encore de nous dire que malgré tout cela, nous sommes une personen aimée, et donc une personne aimable. Et vous avez aussi raison de bien réfléchir à la personen à qui vous en parlerez, telle personne peut vous mépriser, telle personne peut en profiter pour vous menacer du jugement de Dieu (alors que ce jugement est bien entendu l’amour)…

En tout cas, bon courage,
Dieu vous bénit, et il vous donne la paix.
+ Amitiés

pasteur Gaspard de Coligny

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3 Réponses à “Question : dois-je avouer une faute passée ? Sinon, comment Dieu me pardonnera ?”

  1. Meliponini dit :

    Bonjour,
    Comment comprenez vous les paroles de Jésus, lorsqu’il dit à ces disciples, qu’il leur donne le pouvoir de retenir ou de pardonner les péchés??
    N’entend-il pas remettre ce pouvoir aux apôtres et donc aux prêtres justement, sans quoi il n’est pas possible d’être pardonné??

  2. Jean Rastignac dit :

    Excellente question et excellent débat.
    En effet c’est le point de départ de la réforme, et nous croyons et nous affirmons que « quiconque croit est sauvé par sa foi ».C’est pour cela que nous n’avons pas besoin de prêtres pour confesser nos péchés. »Mon Pasteur » (celui qui m’a guidé au cours de mes études catéchétiques) avait écrit au maréchal Pétain,qu’il ne s’agenouillait que devant Dieu.

  3. Une chose est certaine, c’est que rien n’est dit sur une éventuelle transmission possible de ce don à qui que ce soit d’autres que les personnes à qui Jésus a dit cela. Ce qui est dit, par ailleurs, c’est que ceux qui reçoivent cette parole du Christ ressuscité sont « les disciples » et non « les douze », ce n’est donc explicitement pas réservé à un cercle étroit mais « aux disciples », hommes comme femmes, disciples du Christ. En particulier Marie-Madeleine qui rejoint ce groupe juste avant ce récit et dont il n’est pas dit qu’elle soit repartie. Par ailleurs, cette promesse est donnée conjointement avec le don de l’Esprit qui est donné aux disciples à ce moment-là dans l’évangile selon Jean, donnant à cet épisode une portée universelle, comme la Pentecôte, le don de l’Esprit n’étant pas réservé à une caste de privilégiés, ni à une groupe, mais est donné individuellement à chacun.

    Jésus leur dit de nouveau: La paix soit avec vous! Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. Après ces paroles, il souffla sur eux, et leur dit: Recevez le Saint-Esprit. Ceux à qui vous pardonnerez les péchés, ils leur seront pardonnés; et ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus.
    Jean 20:21-23

    Pour savoir ce que ce verset peut vouloir dire, il convient d’ajouter au dossier ce que Jésus dit par ailleurs du pardon.

    Or il dit que Dieu va jusqu’à aimer ses ennemis, bénir ceux qui le persécutent, on voit Jésus prier pour que Dieu pardonne les soldats qui le crucifient, et dire que Dieu pardonne même à la plus perdue des brebis perdue, et qu’il finit par retrouver chacune. Donc, certainement Dieu ne nous attend pas pour pardonner à son enfant et ce n’est pas un homme qui va empêcher Dieu d’aimer, et donc de pardonner à telle ou telle personne. Heureusement, d’ailleurs, car celui qui est seul, le plus démuni des démunis, abandonné de tous n’aurait personne pour presser le bouton commandant ce Dieu dont le pardon dépendrait étrangement de cette télécommande surréaliste.

    Ce message n’est certainement pas une autorisation à menacer quiconque de la haine éternelle de Dieu (puisqu’elle n’existe pas, il n’y a en Dieu que de l’amour).
    Ce message n’est certainement pas à comprendre comme si Dieu limitait son amour et son pardon aux étroites limites de notre amour humain tout rétrécit encore de préjugés, de dogmatisme et de blessures.

    Alors quoi ? Dieu pardonne, évidemment, puisqu’il aime, mais il y a néanmoins un véritable enjeu dans l’existence humaine. Il est difficile de se tourner vers Dieu quand on a peur de se retrouver devant lui ? Dans ces conditions l’homme a tendance à fuir Dieu, à s’en méfier, ou à entrer avec lui dans des sortes de marchandages… Comment alors entrer dans cette relation fondée sur la gratuité qu’il veut avoir avec nous ? Comment accepter son pardon, sa Paix, sa présence si l’on a retenu les terribles menaces qui sont parfois injustement mises dans sa bouche ?

    C’est là que la mission du disciple du Christ est vraiment essentielle dans le monde, c’est d’annoncer le pardon de Dieu à toute personne que nous rencontrons, d’arriver tôt ou tard à témoigner auprès de nos proches qu’il n’y a rien à craindre de Dieu mais tout à attendre, espérer. Et si nous, les disciples du Christ ne portons pas cette paix dans le monde, qui le fera ? Qui annoncera l’amour et le pardon de Dieu, même à ceux qui sont aujourd’hui ses ennemis ? Qui annoncera que la paix est possible ? Qui dira que le pardon existe ? Effectivement, comme le leur dit le Christ : si vous retenez captive la paix qui vous a été donnée, si vous retenez le message du pardon… Les hommes resteront prisonniers de leur culpabilité et de leur crainte de Dieu. Si vous retenez le message de l’Évangile dans votre cercle de disciples : le monde restera dans la crainte, dans la rancœur et dans la haine.

    C’est ainsi que l’on peut comprendre ce don du Christ ressuscité: « Ceux à qui vous pardonnerez les péchés ils leur seront pardonnés ; ceux à qui vous les retiendrez ils leur seront retenus. (Jean 20:23) » Ce n’est pas seulement un don réservé à quelques improbables hiérarques, c’est une mission qui est donnée à chaque personne ayant senti en Christ l’amour dont Dieu l’a aimée.

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