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Le Joker - http://www.flickr.com/photos/115180558@N03/13277366355 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Comment interpréter  » si l’on te donnes une gifle sur la,joue droite, tends la joue gauche
Merci

Envoyé de mon iPad

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir,

C’est un très très bonne question que vous vous posez, et vous tenez ainsi la réponse, à mon avis.

Comment comprendre ce passage essentiel où Jésus dit solennellement à ses disciples :

« Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent.
Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant.
Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre.
Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui. »

(Matthieu 5:38- 41)

Comment appliquer ce commandement de Jésus ?
C’est est bien entendu impossible à appliquer concrètement, car comment laisser les pédophiles continuer à violer des enfants, comment laisser des gangsters agresser des banques et des grands-mères, comment laisser des terroristes et des tyrans tuer des innocents sous leurs balles, leurs couteaux et leurs bombes ???
Pour appliquer à la lettre ce verset, faudrait-il donner un enfant de plus au pédophile, la clef du coffre au gangster, des armes aux fous furieux ???

Evidemment non.
Et cela montre qu’il ne devrait pas être possible de lire la Bible au pied de la lettre. D’autant plus qu’il ne s’agit pas ici d’un petit verset perdu au fond du Lévitique ou du livre des proverbes, mais d’un passage très clair de Jésus lui-même, du Christ lui-même !

En réalité, ce passage n’est absurde que quand on le lit comme une réponse. Il est par contre absolument passionnant quand on le prend comme une question que l’on peut se poser soi-même quand on est agressé.
C’est vrai qu’il existe des moments où il la meilleure réponse est de ne pas répondre à l’offense (par exemple si un ami nous injurie d’un coup, on peut comprendre que sa méchanceté du moment est plus un symptôme de sa souffrance et qu’il faut l’aider plutôt que de riposter ? Mais si c’est un violeur qui cherche à agresser notre famille, bien entendu qu’il faudra résister). La Bible est à prendre ainsi comme un trésor de questions à se poser, non comme un code de lois auxquelles Dieu nous demanderait de nous soumettre.

Le sens « littéral » de ce passage est donc une invitation que nous donne Jésus de nous poser des questions, de sorte que nous pouvons alors aller au-delà de notre première impulsion naturelle, et avoir un comportement créatif, créateur de vie, de réconciliation, de paix. Mais pas, certainement pas en laissant le mal courir. Mais le plus possible en le surmontant par du bien.

Certes c’est difficile, mais Jésus conclut de passage en disant que Dieu lui-même arrive à faire cela en aimant ses ennemis, et que nous n’y arriverons qu’en nous laissant engendre par lui. C’est alors que, à notre mesure nous pourrons obéir à cet autre commandement de Jésus impossible à lire « au pied de la lettre » : « Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait. » (Matthieu 5:48).

Donc, en vous posant des questions : mais que veut dire Jésus ? Comment l’appliquer dans ma situation ? Vous appliquez effectivement son commandement : de vous poser des questions devant Dieu et de faire ce qu’il vous semblera le mieux.

Et c’st là que le Christ est génial, avec ses paroles provocantes, dérangeantes, ses paraboles et ses gestes significatifs… à moins de le vouloir vraiment, il ne devrait pas être possible de lire la Bible sans se poser des questions, ni de l’interpréter en prétendant avoir la seule et unique lecture possible…

Pour plus de détails, voir cette prédication sur le site de l’Oratoire

Amitiés fraternelles

Marc

pasteur Gaspard de Coligny

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3 Réponses à “Question : Comment interpréter « si l’on te donnes une gifle sur la joue droite, tends la joue gauche » ?”

  1. Anna dit :

    Coucou Marc ,,,Comme je suis contente d’être tombée sur cette question car moi aussi j’essayais de comprendre le sens exact ,je mettais alors en situation scènes d agressions …je ne pouvais pas penser que si une personne m’agressait dans la rue, je ne devais pas agir alors qu’en ayant la possibilité je pouvais me défendre. Ce que je peux comprendre, c’est que tout dépend de la situation mais c’est tout de même pas facile car même admettons qu’une personne vous offense en vous insultant de tous les noms d’oiseaux vous déversant toute sa haine, c’est blessant et je peux vous dire qu’on a qu’une envie ,c’est de lui envoyer un coup de pied retourné pour le faire taire .Mon grand père disait qu’un coup de langue est pire qu’un coup de lance ,on peut aussi faire tellement de mal avec les mots .
    Belle journée

  2. Daupias d'Alcochete dit :

    Il me semble que la « gifle » est moins une violence physique qu’une provocation et une invitation au combat : à la différence du coup de poing, elle ne blesse pas vraiment le visage, elle atteint surtout notre amour-propre voire notre dignité. La gifle est une provocation en duel, avec l’idée que seule la violence exercée sur l’autre pourrait sauver notre honneur et nous remettre debout.
    Ainsi, « tendre l’autre joue » ne signifie pas que l’on est prêt à se faire battre ou encore à accepter le manque de respect. Au contraire. Cela signifie simplement que l’on peut se sentir assez fort pour montrer, dignement et sans agressivité, que la provocation ne nous atteint pas, parce que notre dignité est intacte, quoi qu’il arrive. Autrement dit, nous n’avons pas besoin de la violence pour restaurer notre dignité. Cela permet de mettre fin au cycle infini de la violence.
    Reprenons le contexte. « Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent ». Jésus fait référence à la loi du talion énoncée par Moïse dans l’Ancien Testament. Cette loi avait vocation à mettre fin à la vengeance, qui rend aisément le double ou le triple du mal subi. On peut la reformuler ainsi : pour un oeil, vous ne prendrez qu’un seul oeil, au lieu de crever les deux yeux, de briser la mâchoire et de laisser l’autre pour mort… Cette loi du talion était donc un progrès par rapport à la vengeance. Mais elle est imparfaite (si je n’ai pas fait exprès de crever l’oeil de mon voisin, mais qu’on me prend mon oeil en retour, mes enfants n’auront-ils pas envie de me venger ? Ne vont-ils pas grandir dans la haine de mon voisin ?). Elle est imparfaite car elle exerce encore une violence, qui à son tour peut provoquer du ressentiment et de la violence. L’objectif du Christ dans ce passage est donc de dépasser cette loi du talion, en coupant court à toute forme de violence, en dépassant toute forme de violence. Seul le pardon peut y parvenir.
    « Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. » Si, même involontairement et sans m’en rendre compte, j’ai fait du tort à quelqu’un, et qu’il considère que ce tort ne sera réparé que si je lui donne notre tunique, eh bien acceptons de réparer ce tort. Donner jusqu’au manteau signifie qu’au lieu de chipoter et d’être sur la défensive, on souhaite entendre les besoins de l’autre pour réparer ce tort, que concrètement on est dans une démarche de réconciliation.
    « Si quelqu’un te force à faire un mille », il y a deux alternatives : te battre pour ne pas le faire, au risque de faire couler le sang et d’entrer dans un cycle infini de vengeance et de violence. Ou bien, accepter librement d’en faire « deux avec lui ». Et qui sait si ce temps passé librement avec lui ne sera pas l’occasion de partager une expérience ensemble, de se mieux se connaître, et de faire disparaître ce sentiment de haine qui nous liait ?
    Bref, il ne s’agit pas du tout de se laisser malmener passivement. Au contraire, il s’agit de décider librement, si l’on est assez fort pour le faire, de désamorcer la violence des autres, en affirmant notre propre dignité sans imposer une supériorité, par l’écoute de leurs besoin et par le pardon.

  3. Jonathan MTC dit :

    Je me posais exactement la même question. Ce passage me laisse vraiment perplexe, mais après avoir lu les réactions de chacun, j’y vois un peu plus clair. J’aimerais juste rebondir sur le commentaire de Daupias d’Alcochete. Je cite : « La loi du Talion est imparfaite car elle exerce encore une violence, qui à son tour peut provoquer du ressentiment et de la violence…» J’entends bien ce que vous dites et c’est même très profond et très intéressant, mais en même temps, si on ne condamne pas le coupable d’une peine qui soit proportionnelle à son délit, n’est-ce pas là la victime qui une seconde fois se retrouvera lésé ? Elle aura en effet subi et une agression, et une injustice. Par conséquent, en allant au-delà de la loi du Talion, ne laisse-t-on pas le mal triompher ? A défaut de ne pas l’être dans le ciel, le mal n’en serait-il alors pas moins le grand vainqueur sur terre ? Quoi qu’il en soit, il n’empêche que plus on y réfléchi, et plus ce message de sacrifice et de pardon que nous laisse ici Jésus paraît divinement bon. Trop bon même, pour le commun des mortels.

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