S'abonner par :
 rss
 email

http://www.flickr.com/photos/73819013@N00/2447321982 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Comme tous, j’ai vu ce déferlement de haine ce week end dans Paris. Samedi, une amie m’apprenait que sa fille de 30 ans avait trouvé la mort dans un des cafés visés par ces fous terroristes. Je ne sais pas comment réagir..Même prier me semble vain, désolée de l’écrire ainsi. J’ai vu mon amie et son mari samedi soir. Leur fille avait 30 ans, elle est morte avec son ami, avec qui elle était juste sorti passer une bonne soirée dans un bar, rien de méchant. Ils n’avaient rien fait de mal, à personne…

Comment réagir à un tel drame, et surtout éviter de perdre la foi? non seulement la foi en Dieu, mais même la foi en la nature humaine?

Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

C’est tout à fait normal d’être dégoûté, révolté, désespéré devant une telle horreur.

Nous ne croyons pas en Dieu malgré la bêtise et la méchanceté humaine, mais parce que nous sentons vraiement en Dieu, au contraire, une dynamique positive de vie, d’intelligence, de bienveillance et de créativité.

Et bien entendu, il y a dans ces gestes de guerre haineuse le plus mauvais de l’humain, ou de l’inhumain, sans doute pire que ce qu’un animal serait capable de faire. Mais c’est quand même exceptionnel. Sauf de très rares exceptions, les personnes que je rencontre font vraiment ce qu’elles peuvent pour vivre le mieux possible, en y mettant du cœur. Et il y a une immense foule de personnes vraiment extraordinaires, célèbres et le plus souvent anonymes, qui font des choses merveilleuses.

Donc vraiment, je ne pense pas qu’il y ait de quoi désespérer de Dieu ni de la nature humaine. Mais il y a de quoi se révolter et s’engager pour le bien, oui, il y a de quoi. Que notre révolte se change en énergie pour nous engager plus et mieux pour la vie, et la vie belle et bonne que nous trace l’Evangile du Christ.

Cela dit, on a le droit de crier à Dieu notre révolte, de lui dire que ce n’est pas juste et qu’il aurait dû faire quelque chose. C’est comme en famille, il vaut souvent mieux se dire ce que l’on a sur le cœur que de se tourner le dos… Dieu a l’habitude du croyant qui l’interpelle et même si cette interpellation est injuste vis-à-vois de lui, Dieu comprend, et pardonne, et tente de se révéler à nous tel qu’il est (en réalité).

Amitiés fraternelles

Marc

pasteur Gaspard de Coligny

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

6 Réponses à “Question : Comment réagir à un tel drame, sans perdre la foi en Dieu, et même la foi en la nature humaine ?”

  1. Jean-Marc Leresche dit :

    Chère Madame,
    Tout d’abord, permettez-moi de vous de vous exprimer mon amitié et vous dire que je suis en pensées et en prières avec vous dans ces deuils qui vous touchent de plein fouet ! Sans doute, cela est-il vain, mais je crois à la force de la solidarité.
    Devant la tragédie, et de Suisse, je reste sans voix. Et pourtant, je veux croire qu’au coeur même de la violence et de la souffrance, Dieu ne reste pas insensible. Qu’Il se fait tout proche de vous en écoutant votre révolte, votre colère, en accueillant vos larmes, même et surtout si elles sont amères. Oui, ce qui est arrivé est injuste. Et Dieu peut l’entendre.
    Il y a de quoi perdre la foi ! C’est certain. Et cela aussi, Dieu peut l’entendre. Je garde pour ma part ces images d’une force incroyable : tous ces anonymes qui se sont rassemblés pour déposer des fleurs, des bougies, des mots, pour répondre à la haine par la solidarité humaine, tout simplement. Le silence digne face à la barbarie indigne. Ces hommes et ces femmes qui, spontanément, offrent leur sang, viennent tendre une épaule, une oreille, une présence réconfortantes. Ce sont dans ces gestes, si dérisoires mais pas vains, que réside la force de l’Amour.
    Aujourd’hui, et malgré la violence du monde, j’ai envie de croire que la vie, la « vie en liberté » est encore possible et que ni la mort, ni l’intégrisme n’auront le dernier mot devant Dieu. J’aime cette phrase : « Aussi bas que tu sois tombé, il y a toujours la main de Dieu en-dessous. » Ce sont des mots bien dérisoires sans doute devant votre peine, mais ils sont ceux d’un ami qui prie pour vous. Bien à vous.

  2. Hermine dit :

    Merci pour ces mots réconfortants. Toutes mes condoléances pour cette dame. Sa question est très juste et la réponse est très bonne.
    Je ne perds pas foi en l’humain, au contraire, je trouve que nous sommes bien plus à vouloir le bien et une vie paisible.
    Dieu dans tout ça… oui, c’est la force de vie, un espoir. Comme dit le chant, « une lampe allumée ».
    Merci aussi Jean-Marc pour vos mots très bien choisis.

  3. guglielmo dit :

    Perdre la foi en Dieu et en l’humanité ne serait pas en définitive donner raison à ces fanatiques
    qui pensent que l’être humain n’est qu’un objet dont on peut faire ce que l’on veut et Dieu une entité totalitaire qui veut l’homme esclave. Face à notre colère et à notre douleur il reste cette farouche certitude que notre humanisme et notre foi au Dieu de Jésus Christ sont plus forte que la peur et la haine.Seule une espérance folle dans l’amour de Dieu et de tout homme peut nous faire gagner chaque jour en humanité. Et ainsi faire progresser le vivre ensemble contre ces destructeurs de la vie. J’aimerais avoir des mots plus consolateurs devant la souffrance de notre amie, mais je n’ai que des mots de foi et d’amour à lui proposer, en lui disant ensemble nous aurons le courage et la force de faire face pour que reculent la haine et la peur, sources de violence.

  4. Nicolas Bernhardt dit :

    Lire et méditer les psaumes, voir prier avec, faire de leurs paroles les siennes et inversement y associer le cri des autres. Loin d’une sagesse désincarnée, de vérités toutes faites, de réponses, de consolations peu crédibles, les psaumes mettent des mots sur nos peurs, nos angoisses, jusqu’à chercher au fond de nous même quelque espérance, quelque désir de vivre, qui une fois touchés peuvent s’étendre à autrui . Leurs mots, nous libèrent de l’obsession de la douleur présente pour nous rendre capable de sortir, de se libérer, sans jamais nier la cruauté, l’horreur, ni la souffrance qui a effectivement eu lieu. Le psaume 22 est celui que cite Jesus sur la croix.
    Les psaumes, nous « autorisent » à crier notre révolte et se faisant, ils prennent déjà acte de la victoire de notre humanité sur toute forme de mal.

    fluctuat nec mergitur « Il est battu par les flots, mais ne sombre pas » ( devise de Paris)

  5. Mbala dit :

    Face à un tel drame comme d’autres d’ailleurs, nous sommes appelés plutôt de nous approcher de Dieu que nous éloigner de Lui. Non pas que Dieu ne voit pas ou il est loin de nous face à de telles situations. Si nous n’avons pas à désespérer de la nature humaine, mais nous devons nous interroger sur cette même nature sans Dieu. Car l’homme sans Dieu est pire qu’un animal. C’est pourquoi nous avons besoin de Dieu et de nous approcher de Lui comme Habacuc. Car s’éloigner de Lui, perdre sa foi, c’est perdre le secours dont nous avons tant besoin. Pourquoi pas interroger Dieu comme Habacuc: « Jusques à quand Seigneur? »

  6. Mbala dit :

    Tout en interrogeant Dieu, posons-nous aussi la question pour nous mêmes: Où en sommes-nous avec Lui? Quelle relation entretenons-nous avec Celui qui nous a été envoyé, Jésus?

Laisser un commentaire