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Du pain et des coupes de Saint CèneQuestion d’un visiteur :

Bonjour et bon dimanche de l’Avent à vous,

Je me permets de revenir vers vous pour une question au sujet des divorcés. Comment considérez-vous
les divorcés, divorcés remariés, ou les homosexuels par rapport à la possibilité d’accéder au pain béni ? Que disent les écritures à ce sujet ?

Je serai heureuse d’avoir votre avis, mais c’est sans obligation….Mais j’ai parfois quelques difficultés à comprendre les écritures et certaines personnes de mon église qui jugent sans appel ….Je veux cheminer avec une certaine ouverture d’esprit. Lors d’une retraite à la communauté de Taizé avec le groupe de jeunes dont je m’occupe, j’ai rencontre une pasteur protestante et nos conversations ont été très intéressantes.

Réponse d’un pasteur :

Bonjour chère madame

Et bravo pour votre service auprès des jeunes !

Je n’ai pas d’avis sur « le pain béni » qui n’est absolument pas un rite pensable en protestantisme où nous ne bénissons que les personnes, jamais les objets.

Sinon, oui nous invitons largement chacune et chacun à la Communion, car c’est pour nous une nourriture pour les pécheurs afin de les aider à entrer plus et mieux en communion avec Dieu. Toute personne, même pécheresse et non baptisée, non instruite, est accueillie si elle veut prendre le pain et boire dans la coupe en signe de sa volonté de prendre et de se nourrir de tout ce que Dieu nous a donné en Christ.

  • Cela se fonde en particulier sur ces paroles du Christ disant qu’il est venu pour les pécheurs et non pour les justes, pour les souffrants et non pour les bien portants
  • Cela se fonde aussi sur ce geste du Christ donnant de sa propre main, et en conscience, le pain à Judas qui avait déjà dans le cœur de le trahir.
  • Cela se fonde encore sur le symbole même de ce pain qu’est le Christ, donné pour que nous ayons la vie, que nous ressuscitions, ce pain est destiné à ceux qui ont besoin du salut, besoin de force et de résurrection, besoin de pardon, non pour les purs, les déjà pardonnés, les déjà forts… ceux-ci feraient mieux d’aller servir leur prochain que d’encore rester au banquet de la grâce alors qu’ils sont déjà repus.

Le geste de prendre le pain est important, comme l’indique la parole du Christ « prenez et mangez », ce geste de prendre le pain est une profession de foi, reste alors à le manger, faire un travail d’assimilation qui consiste à intérioriser ce qu’offre le Christ, ce qu’il est, le mâcher, le ruminer, le déconstruire et l’assimiler dans notre être même. La foi en Christ n’est donc pas un formatage, elle est une nourriture pour nous donner la pleine forme de notre être.

« prenez et mangez, ceci est mon corps », le « ceci est mon corps » peut effectivement être compris comme disant que le pain et le vin matériels sont le corps du Christ, ce qui est un peu curieux à mon avis, particulièrement quand c’est Jésus en chair et en os qui dit cette phrase, tendant un bout de pain et non un morceau de sa cuisse à manger. Mais nous lisons cette phrase non comme disant « ceci (le pain) est mon corps, prenez-le et mangez-le » mais dans l’autre sens « prenez et mangez (ce pain) », et le résultat de ceci, du fait de le prendre et le manger ensemble en mémoire du Christ, le résultat est le corps du Christ constitué de ces hommes et femmes unis dans la communion avec le Christ vivant. Il est alors présent dans ce corps mystique qu’est la communion de ceux qui espèrent en lui, et ont été nourris de lui.

Donc nous accueillons avec joie les pécheurs à la communion, les personnes dont la vie a été plus compliquée que le parcours idéal du bon petit chrétien accompli. Et c’est bien heureux puisque nous sommes tous pécheurs et qu’il n’est pas génial de juger son frère alors que Dieu lui-même pardonne et « ne met pas dehors celui qui vient à lui ».
Mais je ne mettrais pas l’homosexualité comme une question de morale, puisque ce n’est en grande majorité pas un choix mais un état comme d’avoir la peau claire ou foncée. Ce n’est donc pas un péché, si ce n’est pas un choix. Par contre, homo comme hétéro c’est un péché de vivre n’importe comment en couchant à gauche à droite sans chercher à fonder un vrai couple basé sur une alliance mutuelle.

Avec mes amitiés fraternelles

Voir aussi http://blog.oratoiredulouvre.fr/2014/11/question-communion-divergences-catholiquesprotestants-participer-ou-non/

pasteur Gaspard de Coligny

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5 Réponses à “Question : accueil des pécheurs à la communion ? Qu’en dit la Bible ?”

  1. jean dit :

    texte clair ,qui répond a mes questions.

  2. duhamel dit :

    Bonjour,

    Je vous remercie de cette belle réponse.
    Je ne suis pas protestante
    Je suis cependant gênée face au mot péché.
    Ce mot a pour moi une connotation de faute et est donc punissable.
    Pourquoi n’emploie-ton pas le mot faiblesse ? Il me semble que chaque être est capable de surmonter ses faiblesses, à commencer par les reconnaître. Se reconnaître fragile c’est aussi se reconnaître dans son humanité, dans sa capacité à se mettre en chemin
    Pardonnez-moi, ce questionnement qui me taraude. Je ne pense pas que le divorce soit un péché. c’est la constat d’une erreur. L’important, avec le divorce est l’ engagement familial de chacun des parents à l’égard des enfants. A quoi bon s’absoudre du péché, si cet engagement n’est pas rempli.
    Il en est de même des homosexuels. Jésus n’a jamais juger quiconque. « Ta foi t’a sauvé » seule raison pour le suivre librement.

  3. Merci pour ce commentaire intéressant et généreux.

    Oui, le mot « péché » n’est pas très agréable et il a été trop usé par des siècles de patois d’église culpabilisant et aliénant, utilisant ce concept pour menacer les personnes des pires peines éternelles s’ils ne croyaient pas bien, ne faisait pas bien, ne pratiquait pas bien les rites imposés par l’église.

    Je suis d’accord, il est possible de parler de faiblesse, c’est effectivement une des causes qui nous fait faire du mal à ceux qui nous entourent et au monde qui nous accueille, ou à ne pas faire rayonner tout le bien qui est en nous.
    Mais il y a des cas où la cause du mal que nous faisons est la méchanceté ou l’égocentrisme. C’est vrai qu’il serait possible de parler alors aussi de faiblesse, mais je crains que cela ne déresponsabilise la personne humaine, incapable de faire le moindre choix de vie personnel ? Si l’on veut éliminer le mot de « péché », on pourrait parler peut-être d’échec, ou en associant les deux mots de faiblesse et de faute ?

    Le péché n’entraîne pas nécessairement l’idée de punition. C’était le cas dans le droit féodal. Mais une des idées clef de l’Evangile du Christ est que le pardon est gratuit. C’est assez logique, car l’amour est même au delà du pardon, il précède même la faute. Et l’amour ne s’achète pas, le pardon qui en est le fruit non plus. L’idée que la faute ne puisse être pardonnée sans un prix à payer est donc assez surréaliste dans le cadre de l’Evangile, cette idée a pourtant été enseignée, rabâchée par les églises, surtout depuis Anselme de Cantorbury (XIe siècle), et même encore maintenant dans certaines églises… Dans l’Evangile du Christ, le péché, la faiblesse ou la faute, est pardonné par Dieu puisqu’il aime de toute façon le pécheur, il n’appelle pas la punition, mais le soin et la guérison du coupable, et la réparation des dégâts commis (il faut quand même penser aux victimes).

    Mais on distingue parfois le péché au singulier (vie mal placée, en particulier dans sa rupture avec Dieu), et les péchés au pluriel qui sont les mauvais actes. Le péché serait donc la cause des péchés.

    Le divorce est parfois, oui, le constat d’une erreur ou d’un échec. Vous avez raison. Et cela appelle à prendre acte personnellement de cela, de faire un travail dessus, et d’avancer. C’est pourquoi dans le protestantisme nous acceptons tout à fait qu’une personen ayant divorcé puisse entrer dans un autre mariage, à condition que ce soit avec l’intention que ce couple soit pour la vie tout entière dans la fidélité. Et comme vous dites très bien même pardonné, les parents ayant divorcé ont encore évidemment des devoirs vis à vis de leurs enfants, probablement même plus encore ! Le pardon de Dieu, l’absolution, aide effectivement de se savoir pardonné par Dieu (et non pas considéré comme une personne qui persiste et signe de rester délibérément dans le péché), se sachant pardonné par Dieu il est alors possible de s’appuyer sur lui sans crainte pour avancer, pour travailler sur cet échec et sur cette responsabilité accrue vis des enfants.

    Pour les homosexuels, c’est une tout autre question, car l’homosexualité n’est pas un choix, ce ne peut donc être une faute, et il y a donc rien à pardonner là dessus. Ce qui serait un choix, à mon avis mauvais car destructeur, ce serait de vivre sans engagement, sans fidélité, en multipliant les rencontres éphémères sans construire de couple. Cela oui, appellerait le pardon de Dieu, et un travail avec lui pour une vie qui soit plus droite, plus constructive. C’est pourquoi le « qui suis-je pour juger » du pape, parlant des homosexuel est assez ambigu. Il cherche à la fois à être cool, ou à apparaître comme cool, mais en même temps il continue ainsi à sous entendre que l’homosexualité est un péché, ce qui est destructeur pour l’individu qui se découvre homosexuel sans l’avoir le moins du monde choisi, bien au contraire. Ce « qui suis-je pour juger » lui fait sentir que son être même est pécheur par nature. Le problème est que ce genre de discours fait de gros dégâts dans les personnes, beaucoup perdent la foi, d’autres ont du mal à supporter cette souffrance, certains, bien trop nombreux, se suicident.

  4. duhamel dit :

    Merci pour votre réponse, je vais la méditer. faute? échec? péché?

    Je partage votre point de vue. A trop parler de la famille et de l’homosexualité dans l’église catholique, contribue à donner aux divorcés et aux homosexuels, une place à part, dans les communautés de foi, qui les accueillent, pour autant, la plupart du temps.

  5. Angelico dit :

    Bonjour,
    je viens de lire cet article et ses commentaires et cela me donne envie d’y ajouter mon petit grain de sel : je suis homosexuel (même si ma personnalité est loin de se définir sous cette seule couleur), j’ai connu le grand Amour que l’on voudrait faire rimer avec toujours, la fidélité et la trahison ne me sont pas inconnus (comme pour tout le monde, je crois) et j’ai aussi multiplié les rencontres éphémères qui peuvent être aussi empreintes de beauté et de véritable partage (pas seulement sexuel)… rencontres passagères d’où peut naitre la louange même si ce n’est pas « correcte ». 
    Aujourd’hui, à 62 ans, dans la tourmente comme dans le calme Christ rayonne toujours dans mon cœur (centre de l’être) et en vérité je me demande encore de quoi l’humain serait fautif ?… face à l’immense don de CE QUI EST, face au miracle étonnant d’Être… de VIVRE…
    C’est sur, l’humain nait dans une nuit d’ignorance et d’oubli (flot incessant de pensées, de désirs matérialistes et spirituels, de peurs)… la seule étoile brillante y est pour moi un chemin d’ouverture, de dessaisis… d’Amour… abandon à ce que je ne peu définir mais que cependant je porte en moi et qui me porte.
    Être en harmonie avec l’ETRE, c’est ne plus juger mais accueillir ce qui vient comme il vient…… seule l’ignorance peut nous faire croire que l’on existe séparé de D.ieu… quand à savoir si une vie est droite et constructive… seul D.ieu juge…
    La vie de Jésus paraissait-elle droite et constructive pour un juif, un grec, un romain de son époque ?…
    « … les parents de Jésus, ayant appris ce qui se passait, vinrent pour se saisir de lui; car ils disaient: Il est hors de sens » Marc 3,21

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