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Ghirlandaio - fresque représentant Jean l'évangéliste

Question d’un visiteur :

Bonjour pasteur,
Je prends toujours un grand plaisir à méditer vos excellentes prédications.
Depuis un bon moment je me passionne pour l’éxégèse et après avoir effectué pas mal de recherches j’en suis arrivé à « privilégier » les synoptiques pour tenter de retrouver le Jésus d’avant Paques, bien qu’évidement ils soient des écrits de foi colorés de foi pascale.
L’Evangile johannique me pose bien des difficultés, en milieu catholique on tente de sauver son historicité mais j’ai l’impression qu’il s’agit plus d’un texte allégorique et spirituel.
En tant que spécialiste et chrétien libéral, comment considérez-vous ce texte?
Merci pasteur

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir

Et bravo de lire les évangiles, de les creuser.

A mon avis, il est très très précieux d’avoir cette diversité de témoignages sur la vie et les paroles de Jésus. C’est comme la vision en 3 dimensions, c’est bien plus riche. Jean apporte une voix assez singulière par rapport aux trois autres, et c’est donc génial. Même si on est moins sensible à l’une ou l’autre de ces voix, le fait qu’il y ait cette diversité est très précieux, cela nous apprend beaucoup, cela nous empêche ou devrait nous empêcher de trop sacraliser un unique point de vue, et encore moins notre petit point de vue.

Il y a de l’allégorie dans tous les évangiles, chacun à sa façon. Par exemple en ce qui concerne le Christ et sa venue au monde : les 4 regards des évangélistes convergent mais quel est le plus allégorique, Luc qui inscrit son point de vue dans des conceptions miraculeuses ou Jean qui le dit dans une méditation sur le récit de création du monde de la Genèse ? Les deux textes sont d’une profondeur extraordinaire, ils ont nourri des milliards de croyants pendant 2000 ans, et c’est ensemble qu’ils développent ce souffle.

Alors ce serait certainement plus simple pour chercher à se faire une idée vraisemblable du Jésus historique si l’on avait qu’un seul témoignage, ou presque. Mais cela ne voudrait pas dire que l’on serait plus près de la vérité, au contraire. Mais de toute façon, le sujet des évangiles n’est pas vraiment Jésus, ce n’est pas de lui que cherchent à parler les évangélistes. Il cherchent à parler de ce que Jésus leur a personnellement apporté. C’est cela qui les passionne. C’est donc un point de vue fondamentalement subjectif, heureusement subjectif car c’est cela aussi qui nous intéresse, finalement : être plus et mieux vivant nous-mêmes après cette lecture, être vivant au sens où Dieu l’entend, lui qui sait vraiment ce que c’est que la vie. Pourtant nous aimerions bien voir une photo de la tête de Jésus, entendre sa voix, le voir se déplacer, le voir sourire et rigoler, pleurer, prier… mais non. Ou plutôt si je veux le voir vivre, ce Christ, il fa-ut que je regarde maintenant ce qui est vraiment beau dans l’humanité, et en particulier dans la personne que je rencontre. Voir ce qui est enfant de Dieu en elle.

Amitiés fraternelles

Marc

pasteur Gaspard de Coligny

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