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carl-spitzweg rat-de-bibliotheque

Question d’un visiteur :

Monsieur le Pasteur,
J’aurais souhaité vous poser des questions, ou plutôt avoir des indications bibliographiques sur tel ou tel thème abordé sur le site de l’Oratoire du Louvre, à l’avenir. En effet, je suis attaché à ce propos attribué à Augustin: « Comprendre pour croire, croire pour comprendre. »
J’ai été, pour ainsi dire (& sans vouloir être grandiloquent) « empêché » de me cultiver dans je que j’appellerai « la culture chrétienne. » (La lecture, en général, n’était pas spécialement bien vue dans mon Église précédente.)

Il m’a été conseillé la réédition de Adolph von Harnack – L’essence du christianisme, ou cette liste de théologiens libéraux: Cobb, Hartshorne, Borg, Spong, Ferdinand Christian Baur. John Shelby Spong est le seul que je fréquente, pour l’instant…)

Bien sûr, vous êtes très occupé, & surtout en cette saison. Je voulais simplement m’assurer que, si seules les questions intéressantes pour la communauté sont retenues sur le site, on répondra, tout de même, à mes demandes de bibliographie.

Réponse d’un pasteur :

Cher Grégory

A mon avis, il y a deux sortes de « libéraux », ou de personnes se déclarant chrétiennes libérales :

  1. Les premiers sont attachés à une pensée presque rationaliste, humaniste. Dieu n’est pas vraiment une personne, mais au mieux une sorte d’énergie voire une qualité de la nature, la prière n’est donc pas une ouverture à une entité mais une sorte de méditation, tout doit être traduit en termes rationnels.
  2. Les seconds sont plutôt de la tradition mystique, voient au contraire Dieu comme extérieur à cet univers et infiniment autre, surprenant, complexe. Cette personne est toujours au delà de notre conception de Dieu. Les théologies peuvent donc être assez diverses dans ce courant, mais sont rassemblés par une démarche et par un respect des autres.

Les théologiens qui vous ont été proposés me semblent plutôt faire partie de la première catégorie, les tenants d’une « orthodoxie » libérale, au sens où ces théologiens sont assez proches en ce qui concerne les grands points de la théologie, en particulier dans leur façon de considérer la question des « miracles » et la résurrection. Ce n’est pas inintéressant. Personnellement, il me semble plus intéressant d’avoir une lecture plus ample, large, bien plus variée afin de s’enrichir soi-même, de faire son miel et de développer sa propre réflexion. Pour être « protestant libéral », à mon sens (qui serait donc plutôt le second, vous l’avez compris, je pense), il suffit de se sentir autorisé à chercher par soi-même, de s’en donner les moyens, y compris et principalement par un véritable effort de prière personnelle et de lecture personnelle de la Bible. La lecture de théologiens divers étant un stimulant, un aiguillon, dans la mesure où l’on est d’accord ou pas d’accord avec l’auteur, tant que c’est engagé et argumenté (et non jalonné de « c’est le grand mystère de la foi »), cela apporte.

C’est alors que le « libéralisme » n’est ni un autre dogmatisme, ni du relativisme comme certains chrétiens haineux choqués par cette liberté le disent perfidement. Mais au contraire une conviction bâtie dans la liberté et dans la foi, avec sa tête, ses tripes, sa recherche, ses engagements. Et donc une conviction à la fois engagé et respectueux des autres, à la fois déterminée et humble, prête à évoluer encore pour une plus grande fidélité.
Et c’est alors effectivement, que peut se vivre le beau « Comprendre pour croire, croire pour comprendre »

Peut-être que les prédications sur le site de l’étoile et de l’Oratoire peuvent apporter une certaine stimulation ? En tout cas c’est plus souvent mon frère que moi qui parle sur Fréquence Protestante (il est pasteur à l’étoile).

Vous pouvez lire des livres aussi bien de rabbins comme Pauline Bebe ou Delphine Horvilleur, Ouaknin que des cathos comme Bellet, Duquesne, Evely, des plus anciens comme Saint Augustin ou Maître Eckhardt, des penseurs comme Etty Hillsum ou Schweitzer, Tillich (les quelques livres lisibles pas la dogmatique et autres livres illisibles), pourquoi pas Calvin, Luther et Barth, Thomas d’Aquin ou Thérèse d’Avilla, Sœur Emmanuelle… Qu’importe. C’est à mon avis comme cela que l’on devient vraiment chrétien et libéral, pas en tournant en rond dans le petit cercle fermé des Cobb, Spong Robinson…

Amitiés ++

Marc

PS.
Il y a aussi ce site : http://andregounelle.fr

pasteur Gaspard de Coligny

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2 Réponses à “Question : une bibliographie protestante libérale ?”

  1. marion dit :

    Cher Gaspard

    je suis agacé d’entendre à la fin du NP, y compris par des pasteurs d’excellence (si si il y en a !!!) la phrase « POUR les siècles des siècles » au lieu de « AUX… de s… » sans doute pour complaire aux catholiques qui ont imposé cette version « œcuménique » Or si on s’en réfère au seul texte en latin il y est dit IN saecula …Si je m’étais avisé du temps de ma scolarité de traduire le traduire par « pour » mon professeur, le défunt ministre Quilliot » m’aurait assaisonné d’une mauvaise note. Je conçois bien que le « AUX » soit difficilement compréhensible au commun des mortels dont je suis mais il implique que la souveraineté de Dieu s’étend de l’alpha à l’oméga et non pas à partir du moment où l’on récite la prière : ce n’est pas parce que les catholiques ont tort qu’il faut les encourager à poursuivre dans leur erreur. Une traduction du IN par DANS aurait l’intérêt de rappeler l’omniprésence du Seigneur avant même que le temps ne fut temps et bien au-delà. Je sais bien que ma remarque sera balayée par les brillants esprits de l’EPU mais je tenais à l’exprimer

  2. A mon avis, il n’y a pas de quoi s’agacer pour cela.
    en grec, il y a « eis » qui se traduit tantôt par « dans » tantôt par « pour ». En effet, « eis » donne une idée de dynamique, de mouvement pour entrer dans quelque chose. C’est pourquoi le « pour » n’est pas une mauvaise traduction par rapport à « dans » qui est trop statique, et la traduction « aux siècles des siècles » passe à mon avis complètement à côté de la question.
    Quant à l’Eglise Protestante Unie, elle laisse heureusement ses membres penser par eux mêmes et n’en est pas encore à imposer une traduction du notre Père, et elle insiste pour que ses pasteurs, et même ses fidèles, puissent avoir accès à l’hébreu et au grec de la Bible pour aller au plus près des sources.

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