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http://www.flickr.com/photos/30083550@N04/4525624642 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Bonjour,

J’ai enfin le courage de vous écrire.

Quelque chose me tourmente depuis un long moment : je partage la vie d’un homme depuis 3 ans 1/2 ; j’ai découvert au bout d’un an qu’il allait sur des sites pornographiques particulièrement choquants (je n’ai même pas le courage de vous les décrire) et des sites avec des transsexuels et travestis et ceci alors même que nous avions une vie sexuelle plus qu’active… Je lui en ai parlé mais il m’a dit que c’était juste « comme ça » et qu’il ne « consommait » plus. Car il a fini par m’avouer que pendant son mariage, il a eu de très nombreuses relations tarifées y compris avec des transsexuels… le ciel m’est tombé sur la tête. Depuis, je ne peux m’empêcher de lui parler parfois de mes angoisses, comme ce week-end et là, il s’est emporté violemment et m’a dit qu’il ne comprend pas pourquoi je suis mal puisqu’il ne va plus sur ces site et a fini par avouer, pour que tout soit clair et réglé, qu’un « petit écart dans un salon de massage » (sic) il y a 6 mois.

Je reconnais que cet aveu si glauque m’a à nouveau dévastée. Mais il ne comprend pas ma réaction car selon lui, il n’a rien fait, m’est totalement fidèle et a profondément changé pour moi, pour nous, il a divorcé pour moi, quitté son bel appartement, sacrifié la moitié de ce qu’il possédait pour être avec moi. Il trouve donc que j’exagère une prétendue souffrance. Mais je souffre réellement, je n’y peux rien, je suis déçue, perdue, je me sens salie parfois et je ne comprends pas qu’un homme gentil, intelligent et qui est croyant, puisse agir ainsi. Pourtant, les 3/4 du temps, nous sommes heureux et nous nous entendons bien mais je passe par des moments d’angoisse, de doute qui me rendent malheureuse et vulnérable. Je ne sais plus quoi penser, quoi faire mais j’avoue que vous écrire, me confier me fait déjà du bien.

Je vous remercie du temps que vous passerez à me lire.
Bien à vous.

Réponse d’un pasteur :

Chère Christine

Je voudrais vous encourager sincèrement dans cette difficulté personnelle importante.

Je trouve très bon signe que vous ayez pu parler de cela avec votre ami. La pornographie est une addiction comme l’alcool ou la drogue, c’est très difficile de s’en libérer, et l’amour que l’on reçoit est un élément important pour cela, une force bien souvent indispensable. Il y a derrière ces addictions une réelle dépendance physique et mentale, c’est le premier point de lutte. Le second est que l’addiction est souvent en réalité le symptôme d’une souffrance psychologique, qui est donc le problème principal, et qui doit être reconnue pour pouvoir ensuite être soignée. Et finalement avancer vers une paix trouvée ou retrouvée, une solidité de la libération de l’addiction.

Bref, le problème principal n’est pas une question de ce que votre ami a fait ou non, car sur ce plan, c’est vrai, il n’y a pas mort d’homme et la fidélité du cœur importe plus que tout.

Mais je vois deux problèmes, quand même. Et ces problèmes n’appartiennent pas au passé, mais au présent.
Le premier problème est qu’il ne voit pas le problème vu de votre côté. C’est évident qu’un tel choc est une blessure, et que toute blessure prend du temps à cicatriser, même dans les meilleures conditions possibles. Ce n’est pas tant une question de pardonner les faits passés, mais la difficulté réelle est de faire le deuil de la personne que vous pensiez qu’il était. Il est encore en grande partie cette personne mais pas seulement, et votre souffrance est l’autre face de votre amour pour lui. Et cet amour est aussi une force précieuse pour vous en sortir, lui, vous, et votre couple.
Le second problème est qu’il ne voit pas que le problème est plus profond que simplement des actes qu’il ne fait plus, mais qu’il y a un problème plus profond qui en était la cause et sur lequel il conviendrait de travailler. Mais là aussi, je comprends que ce n’est pas facile pour lui à accepter. Là aussi, il y a un deuil à faire, un travail pas évident et sans doute un peu pénible de toucher des questions plus ou moins enfouies qui lui sont sensibles et douloureuses. Il n’est pas impossible qu’un travail avec un bon psychiatre de confiance soit utile voir indispensable.
Il est donc bon d’en parler, quand et si cela vous est possible, pour vous donner du temps, déjà à vous, mais aussi à lui, pour évoluer. Et prendre des mesures pour avancer. Le contexte est maintenant infiniment plus favorable que quand tout cela était non dit.

Cela dit, je ne sais pas si vous et/ou lui êtes croyants, mais Dieu est créateur et il est le champion de la création de la vie, et donc aussi des résurrections que nous avons parfois, malheureusement, à vivre.

Amitiés fraternelles

Marc

pasteur Gaspard de Coligny

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