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couverture du livre GileadVoici un extrait de « Gilead » de Marilynne Robinson.

C’est un roman américain, présenté comme les mémoires qu’un vieil homme écrit pour son fils encore enfant. Cet homme est un vieux pasteur encore en activité malgré son âge, il est fils et petit fils de pasteur, et cette histoire nous fait passer de la guerre de sécession au milieu du siècle dernier. C’est intime et spirituel, sincère, amusant et mélancolique. Mais je trouve que ces paroles simples nous font toucher la toujours surprenante beauté de la vie, l’amour entre les êtres, et la solitude de chacun…

Ce matin, j’essaie de penser au paradis, sans beaucoup de succès. J ‘ignore pourquoi je devrais m’attendre à avoir une idée du paradis. Jamais je n ‘aurais pu imaginer ce monde si je n ‘avais passé près de huit décennies à y déambuler. Les gens disent que le monde paraît merveilleux aux enfants, et c ‘est vrai. Mais les enfants pensent qu’en grandissant ils vont finir par s’y habituer et par le comprendre, alors que je sais très bien que ce n ‘est pas mon cas, et que je n ‘y arriverais pas même si j’avais douze vies. Cela me semble plus évident à chaque jour qui passe. Chaque matin, je suis tel Adam se réveillant dans le jardin d’Eden, ébahi par l’habileté de mes mains et par la clarté qui pénètre mon esprit à travers mes yeux – de vieilles mains, de vieux yeux, un vieil esprit, un Adam très diminué en tous points, et pourtant c’est absolument remarquable. Que me restera-t-il de moi-même? Je dirais que ce vieux corps a été un bon compagnon. Comme l’âne de Balaam, il a vu l’ange que je n ‘ai pas encore vu, et il se couche en travers du chemin.

Et régulièrement quelque chose comme une humilité, un remords, qui lui fait dire :

Il est clair qu’il va me falloir encore beaucoup prier, mais d’abord je vais faire une sieste.

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Une Réponse à “Ce matin, j’essaye de penser au paradis…”

  1. bertrand dit :

    J AI UNE QUESTION QUE VEUT TU NOUS CONFIE D ETRE LA PORTE
    Ton Évangile est lettre morte
    Tant qu’il ne s’écrit sur des coeurs de chair.
    Tu nous confies d’être la porte
    Pour que ton Esprit vienne en nos déserts.

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