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Gaspard de Coligny le 6 mars 2016

prédication du pasteur Gaspard de Coligny
pour le dimanche 6 mars 2016

J’ai découvert cette semaine le blog d’un d’entre vous, amis de l’Oratoire, qui est philosophe et écrivain. Il met si bien en valeur ce commandement donné par Moïse à la toute fin du livre du Deutéronome : « choisis la vie, afin que tu vives ». Commandement tout simple et pourtant extrêmement profond.

Il s’agit là du testament de Moïse. Il a achevé son rôle : les hébreux ont été libérés des griffes du pharaon par la force de Dieu, ils ont reçu de quoi penser leur théologie et leur philosophie avec la révélation au buisson ardent de Dieu comme source de l’être. Ils ont pu réfléchir sur le juste rapport avec Dieu, avec leur prochain et avec leur propre désir avec les tables de la Loi. Ils ont appris à rendre un culte à Dieu afin de travailler à bien s’ajuster à lui. Les hébreux ont ainsi fait du chemin à la suite de Moïse. Mais maintenant, ils tournent en rond. Moïse est bien incapable de les mener dans la Terre Promise elle-même. Il ne peut que monter sur la montagne et la voir de loin.

L’Église chrétienne est comme Moïse, elle peut décrire le Royaume, en parler savamment. Elle peut stimuler notre recherche théologique et éthique, elle peut nourrir notre cheminement jusqu’à un certain point. Mais si l’on en reste-là on tourne en rond comme dans un désert. Il faut autre chose Pour entrer dans la vie. Quelque chose qui n’est plus seulement une parole extérieure mais au contraire une parole qui nous est intérieure « C’est une parole proche de toi, une parole intense, chaude comme la braise, une parole qui est dans ta bouche et dans ton cœur afin de se réaliser. » (Deut. 30:14) Moïse ne dit pas que cette parole est dans notre livre, dans nos prophètes, dans nos églises, dans nos fêtes et dans nos cultes.

Comme les hébreux à la fin de leur Exode, nous sommes libérés de la soumission à tout cela. Dans notre église, nous sommes même particulièrement libérés. Moïse annonce ici la fin de la peur de Dieu qui, quoi qu’il se passe « ne t’abandonnera pas, ne te délaissera même pas » (Deut. 31:3, 6), Dieu n’est plus compris comme source de punition, mais au contraire comme cherchant à nous avertir des conséquences du mal et de nous en préserver. Cette théologie libératrice est encore infiniment plus claire après le Christ. Et depuis le temps des hébreux, notre lecture de la Bible a été enrichie et donc libérée par des millénaires de débats, mais encore par la réconciliation de l’intelligence et de la foi. Nous avons aussi une puissance multipliée par la science et les techniques, par la richesse des communications entre nous. Nous sommes donc libres comme jamais personne n’a été libre dans l’histoire de l’humanité.

Mais comme pour les hébreux, s’il n’y a pas cette dernière Parole de braise, alors nous restons avec notre belle liberté à tourner en rond dans le désert à regarder de loin la vie promise.
… suite du texte ici


(début de la prédication à 09:20)

film : Soo-Hyun Pernot

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5 Réponses à “Prédication : « Tu choisiras la vie » (Deutéronome 30:9-31:3 ; Évangile selon Marc 3:1-6)”

  1. visiteur dit :

    En relisant la fin du Deutéronome, aussi bien dans la Bible Segon 21 que dans la TOB, je n’ai pu trouver telle que vous la citez la si belle phrase : « C’est une parole proche de toi, une parole intense, chaude comme la braise, une parole qui est dans ta bouche et dans ton coeur afin de se réaliser ». Se trouve-t-elle dans une autre traduction de la Bible ?

  2. J’ai mis « une parole intense, chaude comme la braise« , pour deux raisons, d’abord à cause de Luc 24:32 « Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous ? », mais aussi parce qu’en Deutéronome 30:14, dans la phrase traduite habituellement par « C’est une parole, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur », il y a un jeu de mot possible entre ce qui est traduit par « tout proche » meod qui peut se traduire par « beaucoup » mais qui pourrait se décomposer aussi en m-eod qui se traduirait alors « de braise« 

  3. J’ai mis « une parole intense, chaude comme la braise« , pour deux raisons, d’abord à cause de Luc 24:32 « Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous ? », mais aussi parce qu’en Deutéronome 30:14, dans la phrase traduite habituellement par « C’est une parole, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur« , il y a un jeu de mot possible dans ce qui est traduit bizarrement par « tout proche« :

    • meod peut se traduire par « beaucoup« , mais il n’y a pas le mort « proche » inventé par les tradusteurs.
    • meod pourrait aussi être se décomposé en m-eod qui se traduirait alors « de braise »
  4. J’ai mis « une parole intense, chaude comme la braise« , pour deux raisons, d’abord à cause de Luc 24:32 « Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous ? », mais aussi parce qu’en Deutéronome 30:14, dans la phrase traduite habituellement par « C’est une parole, au contraire, qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton coeur« , il y a un jeu de mot possible dans ce qui est traduit bizarrement par « tout proche« :

    • meod peut se traduire par « beaucoup« , mais il n’y a pas le mort « proche » inventé par les traducteurs.
    • meod pourrait aussi être se décomposé en m-eod qui se traduirait alors « de braise »
  5. pascale dit :

    Un grand merci pour cet apport linguistique. Que ferions-nous sans vous ? 😉
    Amitié,
    Pascale

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