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James Woody le vendredi saint 2016

prédication du pasteur James Woody
pour le Vendredi Saint 2016

« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »… Chers frères et sœurs, ce cri de Jésus sur la croix dit toute l’horreur du moment, toute son atrocité. C’est un cri qui traduit la souffrance physique et plus encore la souffrance morale de celui qui est supplicié. C’est le cri de celui qui ne comprend pas ce qui se passe. C’est le cri de celui qui ne se résout pas à voir dans l’enchaînement des événements un motif de satisfaction. Contrairement à Socrate qui semble avoir bu son poison avec sérénité, Jésus exprime son inquiétude, son désarroi. Ca ne se passe pas comme prévu. Ce n’est pas cela qu’attendait Jésus. Ses espoirs sont manifestement déçus.

Cela est déjà une indication importante puisqu’elle exprime qu’il n’y a, chez Jésus, aucun fatalisme. Il n’est pas question de s’habituer à la mort, en particulier quand elle frappe aveuglément, quand elle est provoquée. Ne pas s’habituer aux scènes d’horreur. Ne pas s’habituer au gout du sang, pour ne pas succomber à la tentation de la réciprocité. La mort est abjecte, c’est pourquoi nous ne serons jamais du côté de la mort. La mort ne saurait être une manière de rendre la justice.

Les commentateurs, les éditeurs de la Bible, s’accordent à vous dire que Jésus, par ce cri déchirant, cite le psaume 22, un psaume qui commence par ce sentiment d’abandon extrême et que le croyant continue à exprimer en déplorant qu’il crie le jour et que Dieu ne répond pas.
… suite du texte ici


(début de la prédication à 05:58)

film : Soo-Hyun Pernot

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Une Réponse à “Vendredi Saint : Sur la croix, Jésus crie (2 Samuel 18:5-15 ; Matthieu 27:33-54)”

  1. Jean Rastignac dit :

    Les différents commentaires faits ces derniers temps sur: « de l’importance de ne pas choisir n’importe quelle version de la bible » m’avait déjà rappelé à quel point la lecture en fonction d’un seul paramètre pouvait être inductrice de dogmatisme. Encore une fois la connaissance des pasteurs dans les langues anciennes et leur attention à ne jamais se laisser tenter par les mêmes chemins de lecture, nous aident à renouveler notre foi et notre confiance dans l’avenir. La bible est vivante et dans certains de ses textes, comme me l’avait fait découvrir James Woody, relire dans un contexte politique et éviter de lire dans le contexte de notre époque fait apparaître une réalité qui montre que celui qui a écrit cela rapporte quelque chose de très vrai et qui a du réellement avoir lieu. J’en prendrai deux exemples, le premier, parce que justement le prêche du vendredi Saint parlait du fils de David, concerne David au moment où il entre en rébellion contre Salomon et entre dans une forme de guérilla à la « Che Guevara », rassemble autour de lui environ 800 hommes. Sa technique de recrutement aurait pu être décrite par Machiavel ou être enseignée à Sciences Po aujourd’hui pour construire un parti d’opposition, puisqu’il est dit dans les Rois qu’il rassembla autour de lui « tout les mécontents,tout les endettés…).Un deuxième exemple dans Jérémie, il est dit que lorsque le peuple d’Israël est déporté à Babylone, Nabuchodonosor emmena avec lui les prêtres,les charpentiers et les serruriers, il ne laissa en place que le monde agricole. Si on lit cela dans le contexte de notre époque on pourrait être tenté de dire que cela ne veut vraiment rien dire et que c’est de l’embellissement de texte. Dans le contexte de l’époque et d’un point de vu géostratégique, Nabuchodonosor, vide simplement Israël de son élite intellectuelle et technique. Il crée une zone tampon qui ne pourra plus le menacer à l’Ouest. Pour terminer je reprendrai la très belle image de James à propos de l’enchevêtrement au monde du Christ. Je reparlerai ici d’une de mes arrières grand mères, dont j’ai déjà parlé ici et que j’appelle mon arrière grand mère car c’est la seule que j’ai connue de son vivant. Elle était née en 1873 en Algérie, et elle est morte à 99 ans 9 mois. Lorsqu’elle était bébé, à l’heure des tétées, la chèvre de la cour montait les escaliers jusqu’à la « chambre haute » et elle prenait son lait à même le pis. Elle aurait pu régulièrement écrire ici à ce Blog dans la rubrique: »pourquoi Dieu ne me donne pas ce que je lui demande ». Elle ne se plaignait jamais et bien qu’elle n’ait jamais été canonisée nous la considérions comme une sainte. Cependant quelques temps avant sa mort alors qu’elle était « clouée » dans son fauteuil depuis presque 20 ans, un jour que j’étais prés d’elle à l’écouter me raconter les histoires de sa vie, elle s’arrêta et après un court silence, elle me dit: » tu sais en fait je crois que j’ai compris, en fait nous sommes en enfer, la terre c’est l’enfer »; je ne sais pas si nous étions un vendredi avant Pâques, mais en quelque sorte sous mes yeux elle s’adressait sûrement à Dieu en lui demandant: »pourquoi m’as tu enchevêtrée au monde? »
    PS:merci aussi à Jean-Daniel pour ces explications sur le nom de Dieu dans les différents contextes.

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