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Statue de Zeus http://www.flickr.com/photos/28998362@N00/46684409

Une statue de Zeus

Question d’un visiteur :

Bonjour cher pasteur,

La question est dans le titre. J’aimerais savoir si Dieu ne punit jamais.
Si tel est le cas, comment comprendre dans l’AT que Myriam, la sœur d’Aaron soit atteinte de lèpre, ou dans le nouveau, la mort d’Ananias et de Saphira, par exemple.
Je vous remercie pour votre réponse.
Cordialement

Réponse d’un pasteur :

Chère Madame

Je suis persuadé que Dieu ne punit pas. Au contraire, même. La réaction de Dieu face au péché et à l’insuffisance est de visiter, de nourrir, d’appeler, d’entourer, de bénir. C’est ce que l’on voit en Christ, et c’est ce que dit Jésus quand il nous appelle à aimer nos ennemis, bénir et prier pour ceux qui nous font du mal. Et il ajoute que c’est comme ça que Dieu agit envers le coupable,

Il y a plusieurs possibilités pour lire les passages où Dieu semble massacrer des personnes :

  • passer en se disant que l’on n’est pas d’accord avec ce point de théologie proposé ici par ce texte. On a le droit, la Bible est un livre pluraliste qui intègre différentes options théologiques et spirituelles. Et le Christ en privilégie certaines et en refuse d’autres.
  • lire ce passage en se disant que ce n’est pas vraiment Dieu qui veut la mort de telles personnes ou la lèpre de Myriam mais que c’est une simple conséquence de son péché. Quand on fait le mal, ce n’est pas simplement comme une faute dans un exercice de maths, mais quand nous faisons n’importe quoi dans la vie, cela fait effectivement du mal aux autres, au monde, et à nous-mêmes. Cela peut tuer et nous pourrir. Ce mal est donc là malgré la volonté de Dieu, mais il est bien une conséquence du mal (et non une punition pour le mal) que nous avons fait.
  • lire au sens figuré ce passage ou des pécheurs, des ennemis ou des étrangers sont massacrés. Par exemple dans l’épisode du déluge, chacun de nous est à la fois Noé le juste et l’humanité pleine de violence, le projet de Dieu est ainsi de sauver le meilleur de chacun de nous et de nous purifier de ce qui est souffrant en nous, de ce qui fait le mal. De même pour la traversée de la mer rouge, à la fois le peuple hébreu et les cavaliers égyptiens parlent de chacun de nous. L’action de Dieu consiste à nous libérer de ce qui, en nous, opprime le meilleur de nous-mêmes. Cette lecture est classique depuis 2 ou 3000 ans, voir https://oratoiredulouvre.fr/predications/dieu-sauve-noe-ses-enfants-et-des-animaux.php . Ce jugement de Dieu est alors bien de l’amour, encore et toujours. Un amour actif, puissant.

Mais vous avez raison. L’image d’un Dieu vengeur, punisseur est tellement passé dans notre mythologie. C’est un levier bien commode pour faire avancer les ânes, parait-il, la carotte et le bâton. Des chefs d’église, voulant bien faire, possiblement, peuvent vouloir utiliser ce simple moyen pédagogique pour motiver leurs fidèles à écouter Dieu et à se comporter un peu correctement. Je me souviens des sculptures dans une cathédrale, très imagées pour figurer les peines infligées à chacun en fonction de son péché : le menteur est accroché par la langue à un croc de boucher, le fornicateur empalé… Désolé, mais si ce procédé est efficace pour remplir une secte de fidèles fervents, ce n’est pas l’Evangile du Christ qui est ainsi prêché, c’est même tout à fait l’inverse. L’incroyable nouvelle de la résurrection nous dit que même de ce mal, de cet anti-évangile, Dieu peut néanmoins faire surgir le bien, la vie, le souffle.

Avec mes amitiés fraternelles

pasteur Gaspard de Coligny

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