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couverture de la nouvelle de Franck Pavloff "Matin Brun"Mais que se passe-t-il dans notre doux pays ami des droits de l’homme, et de la liberté, et de la laïcité ?

Déjà, en 2004, une loi, adoptée à une large majorité de nos députés interdit « Dans les écoles, les collèges et les lycées publics, le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse » ! Il est donc permis de porter un tee-shirt soutenant son club de foot préféré, le PSG ou l’OM, son groupe préféré ACDC, les Beatles, NTM (c’est à dire « Nique Ta Mère », très classe), ou Robert de Visée… mais la Loi de la République Française interdit aux enfants de montrer qu’ils sont inspirés par Jésus-Christ, par Mohammed ou par le Dalaï Lama ?!? Mais de quelle liberté parle-t-on ? De quelle égalité ? De quelle laïcité ?

Et maintenant, des hommes politiques de droite comme de gauche veulent empêcher des femmes de s’habiller de telle ou de telle façon pour aller sur la plage ?

Habituellement, je ne me mêle pas trop de témoigner de ce que je pense des petits débats qui agitent l’arène politique, parce que chacun est assez grand pour se faire sa propre opinion, et que nous sommes ici, dans l’Oratoire ou sur le parvis de l’Oratoire, pour chercher ensemble ce que Dieu nous apporte en Christ, pas tellement pour nous disperser dans des débats oiseux.

Mais là, je commence à être inquiet. Cette chasse au signe religieux, et en particulier à tout signe musulman, cela me fait penser à cette courte nouvelle « Matin Brun » que Franck Pavloff a offert au grand public. Cette nouvelle a connu un grand succès eu 2002 après la surprise de voire l’extrême droite présente au 2nd tour des élections présidentielles. Peut-être faut-il le relire aujourd’hui, tant il semble que la campagne pour les élections présidentielles de 2017 semblent parties pour sentir un peu le matin brun, non ?

Bientôt, peut-être, après telle ou telle signe interdit à l’école ou sur les plages, bientôt certains voudront interdire tout signe religieux dans le métro et dans les rues ? Interdire les sonneries de nos cloches ? Cet esprit laïcard existe, voulant cantonner la religion dans le domaine de l’intime, et l’interdire dans l’espace public. C’est une atteinte aux droits fondamentaux de l’humain, mais en plus c’est nocif car pousser les religions dans les catacombes favorise l’extrémisme, alors que quand les religions sont dans l’espace public sont des religions en dialogue avec le reste. Par exemple, si on avait maintenu des cours de religion dans l’école publique, les élèves auraient eu l’occasion de réfléchir et de dialoguer sur ces questions avec un imam, un prêtre, un pasteur, un rabbin, un bonze… éduqué. Cela viendrait en complément de ce qu’ils reçoivent dans leur famille et dans leur catéchisme éventuel. L’école laïcarde laisse les enfants nourris de cette seule influence, pour le meilleur et parfois pour le pire.

Cette nouvelle de Franck Pavloff n’est pas sans rappeler le célèbre petit texte du pasteur Martin Niemöller, arrêté en 1937, envoyé au camp de concentration de Sachsenhausen puis transféré en 1941 au camp de concentration de Dachau où il écrivit :

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit, Je n’étais pas communiste.
Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit, Je n’étais pas syndicaliste.
Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté, Je n’étais pas juif.
Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté, Je n’étais pas catholique.
Puis ils sont venus me chercher, Et il ne restait personne pour protester.

Matin brun, de Franck Pavloff

I.S.B.N.: 2.84116.029.7
Copyright éditeur, 1998, 1999, 2002, 2002.
Dépôt légal 3me trimestre 2002.
Franck Pavloff ayant renoncé à ses droits d’auteurs sur cette nouvelle, il est possible de la partager :

 

Les jambes allongées au soleil, on ne parlait pas vraiment avec Charlie, on échangeait des pensées qui nous couraient dans la tête, sans bien faire attention à ce que l’autre racontait de son côté. Des moments agréables, où on laissait filer le temps en sirotant un café. Lorsqu’il m’a dit qu’il avait dû faire piquer son chien, ça m’a surpris, mais sans plus. C’est toujours triste un clebs qui vieillit mal, mais passé quinze ans, il faut se faire à l’idée qu’un jour ou l’autre il va mourir.

– Tu comprends, je pouvais pas le faire passer pour un brun.
– Ben, un labrador, c’est pas trop sa couleur, mais il avait quoi comme maladie ?
– C’est pas la question, c’était pas un chien brun, c’est tout.
– Mince alors, comme pour les chats, maintenant ?
– Oui, pareil.

Pour les chats, j’étais au courant. Le mois dernier, j’avais dû me débarrasser du mien, un de gouttière qui avait eu la mauvaise idée de naître blanc, taché de noir.

C’est vrai que la surpopulation des chats devenait insupportable, et que d’après ce que les scientifiques de l’Etat national disaient, il valait mieux garder les bruns. Que des bruns. Tous les tests de sélection prouvaient qu’ils s’adaptaient mieux à notre vie citadine, qu’ils avaient des portées peu nombreuses et qu’ils mangeaient beaucoup moins. Ma foi, un chat c’est un chat, et comme il fallait bien résoudre le problème d’une façon ou d’une autre, va pour le décret qui instaurait la suppression des chats qui n’étaient pas bruns.

Les milices de la ville distribuaient gratuitement des boulettes d’arsenic. Mélangées à la pâtée, elles expédiaient les matous en moins de deux. Mon coeur s’était serré, puis on oublie vite.

 

Les chiens, ça m’avait surpris un peu plus, je ne sais pas trop pourquoi, peut-être parce que c’est plus gros, ou que c’est le compagnon de l’homme, comme on dit. En tout cas, Charlie venait d’en parler aussi naturellement que je l’avais fait pour mon chat, et il avait sans doute raison. Trop de sensiblerie ne mène pas à grand-chose, et pour les chiens, c’est sans doute vrai que les bruns sont plus résistants.

On n’avait plus grand-chose à se dire, on s’était quittés, mais avec une drôle d’impression. Comme si on ne s’était pas tout dit. Pas trop à l’aise.

Quelque temps après, c’est moi qui avais appris à Charlie que le Quotidien de la ville ne paraîtrait plus. Il en était resté sur le cul : le journal qu’il ouvrait tous les matins en prenant son café crème !

– Ils ont coulé ? Des grèves, une faillite ?
– Non, non, c’est à la suite de l’affaire des chiens.
– Des bruns ?
– Oui, toujours. Pas un jour sans s’attaquer à cette mesure nationale. Ils allaient jusqu’à remettre en cause les résultats des scientifiques. Les lecteurs ne savaient plus ce qu’il fallait penser, certains même commençaient à cacher leur clébard !
– A trop jouer avec le feu…
– Comme tu dis, le journal a fini par se faire interdire.
– Mince alors, et pour le tiercé ?
– Ben mon vieux, faudra chercher tes tuyaux dans les Nouvelles brunes, il n’y a plus que celui-là. Il paraît que côté courses et sports, il tient la route. Puisque les autres avaient passé les bornes, il fallait bien qu’il reste un canard dans la ville, on ne pouvait pas se passer d’informations tout de même. J’avais repris ce jour-là un café avec Charlie, mais ça me tracassait de devenir un lecteur des Nouvelles brunes. Pourtant, autour de moi les clients du bistrot continuaient leur vie comme avant : j’avais sûrement tort de m’inquiéter.

 

Après, ça avait été au tour des livres de la bibliothèque, une histoire pas très claire, encore.

Les maisons d’édition qui faisaient partie du même groupe financier que le Quotidien de la ville étaient poursuivies en justice et leurs livres interdits de séjour sur les rayons des bibliothèques. Il est vrai que si on lisait bien ce que ces maisons d’édition continuaient de publier, on relevait le mot chien ou chat au moins une fois par volume, et sûrement pas toujours assorti du mot brun. Elles devaient bien le savoir tout de même.

– Faut pas pousser, disait Charlie, tu comprends, la nation n’a rien à y gagner à accepter qu’on détourne la loi, et à jouer au chat et à la souris. Brune, il avait rajouté en regardant autour de lui, souris brune, au cas où on aurait surpris notre conversation.

Par mesure de précaution, on avait pris l’habitude de rajouter brun ou brune à la fin des phrases ou après les mots. Au début, demander un pastis brun, ça nous avait fait drôle, puis après tout, le langage c’est fait pour évoluer et ce n’était pas plus étrange de donner dans le brun, que de rajouter putain con, à tout bout de champ, comme on le fait par chez nous. Au moins, on était bien vus et on était tranquilles.

On avait même fini par toucher le tiercé. Oh, pas un gros, mais tout de même, notre premier tiercé brun. Ca nous avait aidés à accepter les tracas des nouvelles réglementations.

 

Un jour, avec Charlie, je m’en souviens bien, je lui avais dit de passer à la maison pour regarder la finale de la Coupe des coupes, on a attrapé un sacré fou rire. Voilà pas qu’il débarque avec un nouveau chien !

Magnifique, brun de la queue au museau, avec des yeux marrons.

– Tu vois, finalement il est plus affectueux que l’autre, et il m’obéit au doigt et à l’oeil. Fallait pas que j’en fasse un drame du labrador noir.

A peine il avait dit cette phrase que son chien s’était précipité sous le canapé en jappant comme un dingue. Et gueule que je te gueule, et que même brun, je n’obéis ni à mon maître ni à personne ! Et Charlie avait soudain compris.

– Non, toi aussi ?
– Ben oui, tu vas voir.

Et là, mon nouveau chat avait jailli comme une flèche pour grimper aux rideaux et se réfugier sur l’armoire. Un matou au regard et aux poils bruns. Qu’est-ce qu’on avait ri. Tu parles d’une coïncidence !

-Tu comprends, je lui avais dit, j’ai toujours eu des chats, alors… Il est pas beau, celui-ci ?
-Magnifique, il m’avait répondu.

Puis on avait allumé la télé, pendant que nos animaux bruns se guettaient du coin de l’oeil.

Je ne sais plus qui avait gagné, mais je sais qu’on avait passé un sacré bon moment, et qu’on se sentait en sécurité. Comme si de faire tout simplement ce qui allait dans le bon sens dans la cité nous rassurait et nous simplifiait la vie. La sécurité brune, ça pouvait avoir du bon. Bien sûr, je pensais au petit garçon que j’avais croisé sur le trottoir d’en face, et qui pleurait son caniche blanc, mort à ses pieds. Mais après tout, s’il écoutait bien ce qu’on lui disait, les chiens n’étaient pas interdits, il n’avait qu’à en chercher un brun. Même des petits, on en trouvait. Et comme nous, il se sentirait en règle et oublierait vite l’ancien.

 

Et puis hier, incroyable, moi qui me croyais en paix, j’ai failli me faire piéger par les miliciens de la ville, ceux habillés de brun, qui ne font pas de cadeau. Ils ne m’ont pas reconnu, parce qu’ils sont nouveaux dans le quartier et qu’ils ne connaissent pas encore tout le monde. J’allais chez Charlie. Le dimanche, c’est chez Charlie qu’on joue à la belote. J’avais un pack de bières à la main, c’était tout. On devait taper le carton deux, trois heures, tout en grignotant. Et là, surprise totale : la porte de son appart avait volé en éclats, et deux miliciens plantés sur le palier faisaient circuler les curieux. J’ai fait semblant d’aller dans les étages du dessus et je suis redescendu par l’ascenseur. En bas, les gens parlaient à mi-voix.

– Pourtant son chien était un vrai brun, on l’a bien vu, nous !
– Ouais, mais à ce qu’ils disent, c’est que, avant, il en avait un noir, pas un brun. Un noir.
– Avant ?
– Oui, avant. Le délit maintenant, c’est aussi d’en avoir eu un qui n’aurait pas été brun. Et ça, c’est pas difficile à savoir, il suffit de demander au voisin.

J’ai pressé le pas. Une coulée de sueur trempait ma chemise. Si en avoir eu un avant était un délit, j’étais bon pour la milice. Tout le monde dans mon immeuble savait qu’avant j’avais eu un chat noir et blanc. Avant ! Ca alors, je n’y aurais jamais pensé !

 

Ce matin, Radio brune a confirmé la nouvelle. Charlie fait sûrement partie des cinq cents personnes qui ont été arrêtées. Ce n’est pas parce qu’on aurait acheté récemment un animal brun qu’on aurait changé de mentalité, ils ont dit. « Avoir eu un chien ou un chat non conforme, à quelque époque que ce soit, est un délit. » Le speaker a même ajouté « Injure à l’Etat national. » Et j’ai bien noté la suite. Même si on n’a pas eu personnellement un chien ou un chat non conforme, mais que quelqu’un de sa famille, un père, un frère, une cousine par exemple, en a possédé un, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, on risque soi-même de graves ennuis.

 

Je ne sais pas où ils ont amené Charlie.

Là, ils exagèrent. C’est de la folie. Et moi qui me croyais tranquille pour un bout de temps avec mon chat brun. Bien sûr, s’ils cherchent avant, ils n’ont pas fini d’en arrêter, des proprios de chats et de chiens.

 

Je n’ai pas dormi de la nuit. J’aurais dû me méfier des Bruns dès qu’ils nous ont imposé leur première loi sur les animaux. Après tout, il était à moi mon chat, comme son chien pour Charlie, on aurait du dire non. Résister davantage, mais comment ? Ça va si vite, il y a le boulot, les soucis de tous les jours. Les autres aussi baissent les bras pour être un peu tranquilles, non ?

 

On frappe à la porte. Si tôt le matin, ça n’arrive jamais. J’ai peur. Le jour n’est pas levé, il fait encore brun dehors. Mais arrêtez de taper si fort, j’arrive.

Fin

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5 Réponses à “Comme une atmosphère de « Matin brun »”

  1. Jean Daniel Reuss dit :

    Réponse à : Comme une atmosphère de « Matin brun »
    Je suis consterné par cet article provenant d’un pasteur protestant libéral et déprimé devant le mur d’incompréhension qui nous sépare.
    Sans illusion, j’envoie quelques pistes de réflexion, en m’excusant si mon style maladroit et nécessairement condensé, peut paraître involontairement trop combattif.

    *** « …que se passe-t-il dans notre doux pays… »
    –> Avec un nombre important de morts et de blessés graves pour cause d’attentats terroristes, l’adjectif « doux », peut être ressenti par les victimes comme étant inapproprié…

    *** « Mais de quelle liberté parle-t-on ? De quelle égalité ? De quelle laïcité ? »
    –> Bonnes et judicieuses questions. Ce sont en effet des valeurs qui nécessitent un minimum de connaissances historiques et philosophiques, d’intelligence et d’esprit de finesse, pour être paisiblement appliquées. (comme le dit Jean-Pierre Chevènement).

    *** « …des hommes politiques de droite comme de gauche… »
    –> Des hommes politiques qui n’ignorent pas qu’il est difficile d’accorder l’enseignement de Jésus avec celui de Mahomet, lequel débouche logiquement sur une charia plus ou moins aménagée.
    –> Des hommes politiques, qui placés au coeur de problèmes civilisationnels inextricables, ont, faute de mieux, pris l’initiative d’accélérer des décisions gouvernementales concernant:
    ** la Fondation laïque pour l’islam de France
    ** l’Association cultuelle pour l’islam de France

    *** « … empêcher des femmes de s’habiller de telle ou de telle façon…. »
    –> « Il faut trouver des solutions de compromis, sans crisper une société qui l’est déjà. » : C’est l’imam Tareq Oubrou qui le dit !
    –> Le code pénal interdit le port ou l’exhibition en public d’un uniforme nazi.
    C’est donc que certains vêtements peuvent être considérés , à tort ou à raison, comme des étendards manifestant une volonté d’expansion agressive.

    *** « nous sommes ici, dans l’Oratoire ou sur le parvis de l’Oratoire, pour chercher ensemble ce que Dieu nous apporte en Christ »
    –> C’est votre droit le plus strict d’estimer que votre devoir est de rester dans une tour d’ivoire les yeux grands fermés.
    Mais alors essayez de comprendre qu’exprimer vos opinions sous une forme qui a toutes les apparences d’être simpliste et non fondée, risque d’avoir une influence nuisible sur la difficile paix civile française.

    ***  » nous disperser dans des débats oiseux ».
    –> Ce n’est pas très gentil de votre part de qualifier de « débats oiseux » ce que d’autres pensent être des réflexions et des controverses vitales pour l’avenir d’une partie de l’humanité.

    ***  » Cette chasse au signe religieux ».
    –> J’étais donc resté sur l’impression fausse que le protestantisme libéral privilégiait la vie intérieure et n’accordait que peu d’importance aux signes extérieurs.
    –> Pour les musulmans libéraux français les plus connus : Abdennour Bidar, Ghaleb Bencheikh, Tahar Ben Jelloun, le burkini n’est qu’une manifestation regrettable de l’influence des tendances obscurantistes de l’islam.
    « Le burkini comme la burqa sont devenus des symboles politiques, symboles d’une appartenance qui contredit les lois de la République » (T. B. Jelloun).

    *** « en particulier à tout signe musulman »,
    Sur ce point, je sens bien que je vais scandaliser. Si vous pouvez le supporter, vous pourrez lire le paragraphe ci-après (–>) pour avoir un aperçu, sous une forme extrêmement résumée et schématique, de quelques arguments opposée
    aux vôtres.
    –> En France, après deux ou trois siècles de péripéties douloureuses, le catholicisme romain a été remis à une place où il peut maintenant jouer le rôle qui lui convient.
    De même le protestantisme, le judaïsme, le bouddhisme ….etc, ne perturbent pas actuellement la paix civile française.

    En revanche :
    Ce qui fait peur dans l’islam et provoque des réflexions inquiètes, ce sont des avertissements comme celui de l’imam Youssef al-Qaradâwî, s’adressant à la France ou à l’Occident en général, et peut-être aussi aux musulmans trop occidentalisés.

    « Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons pacifiquement, puis avec nos lois coraniques, nous vous dominerons… en y mettant le temps qu’il faudra ».

    Et l’Histoire, depuis l’an 636, (début de la fin des Empires Sassanide et Byzantin), nous démontre qu’il est raisonnable de prendre cette menace au sérieux.

    Du point de vue de l’historien, après 13 siècles de batailles conventionnelles quasi-continuelles, le conflit Islam-Occident (deux grandes civilisations également barbares), se déroule maintenant en Europe sous la forme d’une guerre psychologique de propagande et d’infiltration (appelée aussi guerre irrégulière par les spécialistes).

    *** « …atteinte aux droits fondamentaux de l’humain. »
    —> Ce n’est pas si simple. Votre argumentation gagnerait probablement en force de conviction si vous aviez pris connaissance, par exemple, du livre de Jean-Louis Harouel : Les droits de l’homme contre le peuple.

    *** Sur la question « des cours de religion dans l’école publique », je ne suis pas compétent.
    À priori, il conviendrait d’étudier d’abord le : Rapport Régis Debray, de février 2002, sur « L’enseignement du fait religieux dans l’École laïque ».

    *** Les évocations du texte de Niemöller et de la nouvelle de Franck Pavloff, permettent simplement de penser que vous n’avez pas saisi la complexité de la situation actuelle, laquelle est très différentes de celle de 1938.
    En outre, en participant à la confusion mentale dominante, cela revient à mettre de l’huile sur le feu.

  2. Ce n’est pas dit très aimablement (c’est le moins que l’on puisse dire), mais bien intéressant quand même.

  3. Christelle dit :

    Intéressant en effet. Mais pour ne prendre que « l’affaire burkini », elle peut être éclairée par les réflexions de Gilles Kepel dans « Terreur dans l’exagone » à propos des conséquences de la loi de 2004 sur le voile. Des provocations sont lancées, auxquelles la France répond par des interdictions qui vont immédiatement nourrir la propagande salafiste concernant la prétendue « islamophobie » du peuple français et un discours victimaire visant à prohiber toute réflexion critique. Bref, on nous tend des pièges dans lesquels nous nous empressons de tomber…

  4. Et oui !

    Et la femme est utilisée dans cet échange comme un objet que l’on utilise sans même lui demander son avis

    un intégriste musulman et un intégriste de la laïcité jouent à couvrir et dénuder une femme
    (image du Washington post du 25 août, qui fait de nous des frères ! La presse internationale s’est énormément moqué de la France à cette occasion)

  5. olivier dit :

    Selon moi, le conseil d’Etat a eu raison juridiquement, mais tord politiquement.
    Nous avons à faire des provocations, depuis quelques semaines, de la part des islamistes.

    Les anglo-saxons ont une tradition communautariste, nous plutôt assimilationniste, « à Rome, fais comme les romains », qui se perd depuis trente ans, avec le concept de « diversité ». Et c’est un descendant en parti d’italiens et espagnols qui parlent.

    Il est vrai que la loi de 1905 ne concerne pas les individus qui peuvent afficher leur religion, et c’est tant mieux mais la neutralité de l’Etat (pratique qui se détache de la loi, puisque les principales religions sont reconnues par l’Etat et nous avons des messes de Notre Dame de Paris avec les autorités locales).
    La loi et la pratique sont des bons compromis.

    Mais, je pense que ce genre de problèmes ne doit pas être réglés par la laïcité, mais par la politique. Comme la burka aurait du être une question résolue au nom de la sécurité mais pas de la laïcité. Loi fort peu appliquée au final.

    Peut-être que l’Etat devrait reconnaître la situation de fait et négocier avec des communautés des droits et des devoirs; et imposer un islam, et ceux qui ne veulent pas l’appliquer iront ailleurs.
    Mais nous avons un problème, puisque la République ne reconnaît pas de pouvoir spirituel supérieure à elle, et l’islam ne reconnaît pas de pouvoir temporel supérieur au spirituel. Il risque d’avoir une confrontation et bien sûr, l’Etat doit imposer sa vue.
    Mais c’est sûr cela serait contraire à notre tradition républicaine et française qui est assimilationniste.

    Nos politiques ne peuvent pas continuer à parler d’intégration (mot qui ne veut rien dire) tout en favorisant le communautarisme.
    Soit, on assimile tout le monde, soit on organise les communautés en relation avec l’Etat. Il faudra trancher.

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