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Elian Cuvillier le 11/9/2016

prédication d’Elian Cuvillier
professeur de Nouveau Testament à la faculté de théologie protestante
pour le dimanche 11 septembre 2016

Sans doute n’y a-t-il pas parabole de Jésus plus connue que celle dite du « fils prodigue ». Dans la littérature, dans la peinture, chez les psychanalystes. Mais surtout peut-être, et ceci explique sans doute cela, chez tous ceux qui, enfant, ont reçu un enseignement religieux, cette parabole résonne comme l’annonce de l’amour du « père Céleste » pour son « enfant perdu » de retour à la maison. Étroitement liée, dans l’évangile de Luc, à celle du bon berger qui cherche sa brebis sans relâche, elle témoigne du cœur même de la Bonne Nouvelle : l’amour d’un Dieu-Père « plein de compassion » pour ses « enfants ».

Je vous propose ce matin d’interroger une nouvelle fois cette parabole, de nous mettre une nouvelle fois à son écoute, à partir de ces trois personnages dont les destins s’imbriquent étroitement, pour tenter de l’écouter peut-être un peu différemment. Je vous propose en effet d’entrer dans une écoute de cette parabole au plus près des mots, pour tenter de la faire résonner un peu différemment et ainsi, pourquoi pas, laisser l’Évangile nous atteindre d’une autre manière.

Le fils cadet demande donc à son père de lui donner la part qui lui revient non pas d’héritage comme on le dit rapidement mais « d’existence », littéralement sa « part d’être ». En retour, il reçoit de son père un « bien » matériel : dans le texte grec, l’écart de vocabulaire est notable et il trahit peut-être un malentendu entre ce que demande le fils et ce que peut donner le père. Dit autrement, je m’interroge : et si le fils demandait à son père de le faire exister ? C’est-à-dire de lui donner une place qui lui permettrait d’être enfin lui-même. Et si le père, au fond, n’entendait pas la demande et se contentait de lui donner des biens matériels ? Si tel était le cas, alors on comprend mieux pourquoi, parti loin du père, le fils dilapide ce « bien matériel » qui ne lui permet pas « d’être ». Il le dilapide dans une vie littéralement « sans espoir de salut ». Il se trouve alors dans une situation qui le conduit à être « fortement lié » (on pourrait dire à être « collé ») à quelqu’un d’autre. Le verbe utilisé renvoie au fait que ce fils n’est pas un sujet autonome. Il devient l’objet d’un autre un autre dont la parole (ou le silence) fait loi : il n’ose même pas se nourrir des betteraves des porcs parce que personne ne lui en donne ! Cette situation de détresse, de « manque » a cependant un effet bénéfique : elle permet en effet un retour sur lui même et une décision radicale. Là pulsion de vie permet à ce fils de ne pas sombrer définitivement dans la mort : il revient en lui-même, il décide de s’accrocher à ce qui reste en lui de vivant. Il va donc retourner chez son père et lui dira qu’il a péché contre lui et contre le ciel.
… suite du texte ici


(début de la prédication à 10:56)

film : Soo-Hyun Pernot

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Une Réponse à “Prédication : Un père et ses deux fils (Luc 15)”

  1. Samuel dit :

    Cool la prédication ! Une des grandes paraboles de Jésus qui nous laisse un paquet de questions à se poser , mon interprétation et travail sur cette parabole est plus simpliste mais ça se partage
    Jésus nous parle d’un fils qui décide de se barrer , pq ? Peut être qu’il en a assez de la routine , il ressent le besoin de prendre le large. Il quitte sa vie routinière pour chercher du bon temps du coup il claque tout en s’ éclatant et finit que son bidon crie famine mais c’est plus que ça, il se sent SEUL et désespéré.
    Posons nous cette question ;
    Me suis je pas aussi un jour enfui loin de Dieu le père ?
    Pourquoi je me suis enfui ?
    Suis je vraiment persuadé d’éprouver du bon temps loin de lui?
    Ai je moi aussi un jour ressenti du désespoir?
    Vers qui , où me tourner lorsque je désespère?
    Au final , le frère fait demi tour, rentre au bercaille , il prend conscience de sa faute en ayant la conviction que son père ne le rejettera pas. Le daddy le voit arriver et court à sa rencontre et le serré dans ses bras .
    C’est la fiesta !!! Son fiston était mort et il est revenu à la vie , il était perdu et il est retrouvé.
    Dieu aide nous à ne pas courir loin de toi et de la vie, aide nous à revenir vers toi ! Amen

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