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Cène de haut

Une communion à l’Oratoire

Question d’un visiteur :

Bonjour
Qu’est ce que l’eucharistie pour les églises protestantes ? Je suis surprise lorsque, parfois je vois des personnes que je sais protestantes communier au cours d’une messe. Cela me pose question pouvez vous m’éclairer ?

Merci.

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir Madame,

L’Eucharistie est appelée Communion ou Sainte Cène dans le protestantisme. C’est un des deux seuls gestes qualifiés de « sacrement », c’est dire son importance dans les églises protestantes.

Mais vous avez bien fait de mettre un pluriel à « églises protestantes », car il existe une diversité de sensibilités, en particulier sur cette question. Ce qui ne les empêche pas d’être unies.

La première grande sensibilité se réfère à Luther et attache une très grande importance à l’Eucharistie et confesse que le pain et le vin deviennent corps et sang du Christ. La seconde grande sensibilité, réformée ou presbytérienne, considère que le pain reste du pain, le vin reste du vin. La présence du Christ est spirituelle, en chacun et en tous, selon cette parole de Jésus « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux, en eux ». La communion est alors une façon de dire cette présence et de s’ouvrir à elle, afin de vivre plus en communion avec Dieu. Le pain et le vin offerts sont alors compris comme des signes de la parole et de la vie du Christ, signes de la grâce de Dieu. Les prendre et les manger ou boire est un geste de foi, une ouverture à la grâce de Dieu, une volonté d’y puiser des forces pour en vivre, et participer ainsi au corps du Christ. C’est ainsi qu’est compris le « prenez et mangez, ceci est mon corps » de Jésus.

Le sacrement de la communion est ainsi comprise comme favorisant l’entrée en communion avec le Christ. Il n’est donc pas demandé d’être déjà un chrétien accompli pour communier. Au contraire, même un grand pécheur non baptisé qui désirerait communier serait accueilli avec joie, comme un grand blessé à la porte des urgences de l’hôpital.

Mais il y a bien des façons de nourrir sa foi, et par conséquent la Communion n’est pas non plus obligatoire. Dans une même paroisse certains protestants sont particulièrement sensibles à la communion et y trouvent une profonde expérience spirituelle, d’autres n’y sont pas sensibles et ne communient pas, ou rarement.

Comme la diversité des membres dans le corps est une richesse, le protestant est habitué à cette diversité des sensibilités chrétiennes. Le scandale étant plus la dispute que la diversité. C’est pourquoi bien des protestants participent avec joie à une Eucharistie catholique ou à une Communion chez des protestants anglicans, luthériens ou réformés, en pleine conscience des différences mais aussi de l’unité en Christ.

pasteur Marc Pernot

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3 Réponses à “Question : Qu’est-ce que l’eucharistie pour les églises protestantes ?”

  1. Alphée dit :

    Bonjour !

    Je profite de cette question pour vous en poser une autre sur la communion chez les catholiques et que j’élargirai à d’autres pratiques.

    Cela ne me pose aucun problème de communier au cours d’une messe catholique. Pourtant, cela pourrait poser problème à la communauté qui me reçoit et à son clergé. En effet, le dogme catholique est précis sur les conditions à remplir pour pouvoir communier. Pour faire simple, il faut adhérer aux pratiques religieuses catholiques, notamment au regard de la confession avec un prêtre. Même s’il m’est avis que nombre de fidèles catholiques ignorent ces règles, elles font partie des croyances et des dogmes de cette sensibilité chrétienne et je ne voudrais pas contrarier ceux qui pourraient l’être en communiant sans être en conformité avec ces règles.

    Ainsi, je me demande comment me comporter dans les églises catholiques. Faut-il suivre ses convictions et communier puisque cela ne contrevient pas à mes croyances et va même dans le sens d’un œcuménisme auquel je crois ? Ou dois-je m’en abstenir par respect pour les règles de la communauté qui m’accueille, par respect pour sa différence, ce qui ne me pose pas plus de problème puisque dans l’église réformée, on peut s’abstenir de communier ?

    Cette question sur la communion peut être élargie à d’autres : quid du signe de croix à l’entrée, voire des gestes rituels au cours de la messe ou dans l’église (inclination devant l’autel ou le tabernacle ), sans parler du culte marial et du culte de dulie… Certaines de ces pratiques ne me posent aucun problème ; d’autres, en revanche, seraient en contradiction avec mes croyances.

    Qu’en pensez-vous ?

  2. A mon avis, vous avez mis le doigt effectivement sur la principale différence entre les conceptions catholique et protestante de la Communion. Contrairement à ce que l’on pense, ce n’est pas tant la question de la présence réelle, sur laquelle nous ne sommes vraiment pas très éloignés, mais sur la place de la Communion dans le cheminement de foi du fidèle. Le sacrement de la Communion étant plutôt chez nous destiné aux pécheurs pour qu’ils soient plus en communion avec le Christ, alors que dans l’église catholique le sacrement de Communion serait plus réservé à celui qui est en communion avec l’église.

    Mais ce serait un peu simpliste d’en rester à cette théorie. La plupart des prêtres et des théologiens catholiques que je connais disent qu’une personne peut communier dès lors qu’elle se sent en conscience appelée à le faire.

    Pour le signe de croix, je ne vois pas de problèmes, même si personnellement je ne le fais pas. C’est un beau geste que de s’inscrire ainsi dans une fidélité au Christ.

    L’inclinaison vers l’autel est un peu plus problématique, puisque dans notre théologie, aucun lieu ni objet est plus sacré que les autres, Dieu étant partout.

    Le culte marial n’est en rien une obligation dans l’église catholique, et en entendant un Salve Regina ou une prière à Marie, rien n’empêche de méditer sur ce personnage central dans les Evangiles qu’est Marie. Et en entendant le « Je vous salue Marie pleine de grâces », y entendre non pas une prière à Marie, mais selon l’Evangile lui-même une Parole de Dieu adressée à Marie lui disant sa bénédiction, et à l’occasion de cette parole nous ouvrir nous-mêmes à la bénédiction de Dieu.

    Mais de toute façon, même au culte protestant, nous ne sommes pas d’accord avec tout. A commencer par les paroles de bien de nos cantiques, pas plus pour la prédication qui est faite pour que nous nous posions des questions.

    Donc, de toute façon, la participation à un culte demande une approche positive et bienveillante (mais toute la vie est comme cela), pour garder le meilleur, se poser des questions, s’ouvrir à un cheminement, s’ouvrir ainsi à quelque chose de mystérieux qui vient de Dieu.

  3. Alphée dit :

    Merci pour ces éclairages !
    En y réfléchissant, j’avais déjà entendu cette position des prêtres catholiques sur la possibilité de communier dès lors que l’on se sent en conscience appelé à le faire. Je crois que c’était lors d’un débat sur la communion des personnes divorcées et/ou remariées et l’intervenant avait avancé la liberté de conscience des fidèles.

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