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Marc Pernot le 13 novembre 2016

prédication du pasteur Marc Pernot
pour le dimanche 13 novembre 2016

Festus dit à haute voix : Tu es fou, Paul !
Ta grande érudition te pousse à la folie !
Je ne suis pas fou, très excellent Festus, répliqua Paul,
ce sont, au contraire, des paroles

de vérité et de bon sens que j’exprime. (Actes 26:24-25)

Qu’est-ce qui est logique ou stupide ? Fou ou de bon sens ? Qu’est-ce qui est vrai ? Ce récit du livre des Actes propose différentes pistes de réflexion, plusieurs points de vue différents sur la vie.

Il y a le point de vue du très excellent Festus, comme le dit Paul. Il maîtrise non seulement son confort et sa sécurité, il cherche aussi à organiser la justice dans le monde. Mais selon Festus, il est fou de chercher des ennuis comme le fait Paul, de creuser sa propre tombe pour des chimères, selon lui il est fou de ne pas résister à cette perte de contrôle sur sa propre vie qu’est la foi…

Et il y a le point de vue de Paul, basé sur le souffle de l’Esprit, Paul qui dit « pour moi, vivre, c’est Christ, et la mort m’est un gain ! » (Philippiens 1:21), même si cette phrase est à comprendre au sens figuré d’entrer dans nouvelle façon d’être et de vivre, le très excellent Festus ne trouve pas cela raisonnable, de son point de vue d’homme dont l’horizon est son propre monde, agrémenté du luxe clinquant de son palais oriental.

Bien sûr que l’attitude de Paul le met dans des situations inconfortables et en danger physique, cette façon de placer sa vie a pourtant sa part de bon sens. C’est ce qu’explique bien Martin Luther. Il ne m’est tellement sympathique (les personnes qui changent le cours de l’histoire le sont rarement). Mais il explique bien comment pourquoi il choisit plus la logique de Paul que celle de Festus. Luther est convoqué devant l’empereur Charles Quint et l’envoyé du Pape un peu comme Paul l’est devant Festus et Agrippa. Si Luther ne se rétracte pas il se met en danger de mort. Luther répond : « Puisque votre majesté impériale me demande une réponse simple, je donnerai une réponse simple sans cornes ni dents. À moins que je ne sois convaincu par le témoignage des Écritures ou par des raisons claires (car je ne crois ni aux papes, ni aux conciles, qui ont manifestement perdu parfois leur chemin et se sont contredits), je reste convaincu par les Saintes Écritures que j’ai citées, et ma conscience est liée par la Parole de Dieu. Je ne puis rien rétracter, et ne veux rien rétracter, car agir contre sa conscience n’est pas sûr, et cela est dangereux. »

Et c’est exact. « Agir contre sa conscience n’est pas sûr, et c’est même dangereux ». Et c’est effectivement quelque chose de profondément raisonnable de vivre dans la sincérité et dans l’authenticité. Il n’y a même rien de plus raisonnable, après s’être donné un peu les moyens d’éclairer sa propre conscience.
… suite du texte ici


(début de la prédication à 11:00)

film : Soo-Hyun Pernot

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Une Réponse à “Prédication : Qu’est-ce que faire preuve de bon sens ? (Actes 26:1-29)”

  1. Michel dit :

    cher Marc,

    Un petit loisir me permet de te faire écho pour ta prédication de dimanche que j’ai pu (merci You Tube !!) entendre hier.

    J’en tire d’abord qu’il est de bon sens (un sens qui tient peut-être moins au raisonnement qu’au corps, à la dimension du senti, ou du for intérieur (qui est plus un trou qu’une place forte)) d’abdiquer de ses chaînes. Pourrait on aller jusqu’à y voir que la vraie foi ne peut-être qu’incrédule ? Que la manifestation de la présence de Dieu procède toujours un peu d’un buisson ardent dont le coeur est hors de portée ?

    Il est bon d’abdiquer…. j’écrivais « de ses chaînes »…. on pourrait peut-être ici ouvrir sur ce qu’on appelle symptôme en psychanalyse : un arrangement couteux qui noue une jouissance avec son interdit. Du coup cela peut se révéler après coup comme avoir été une « prison d’invention » (le terme est de Nathalie Saltzmann) par laquelle on se rend auto justice en notre défaveur, ce qui peut peut-être rejoindre la notion de pêché…..

    Bon, il ne faut pas non plus que je me noie dans un syncrétisme, voire un saint crétinisme, qui prouverait que, tout étant dans tout, il n’y a plus matière à s’étonner. L’ étonnement est une grâce…. qui a un prix élevé et un coût incalculable. Je mettrais volontiers dans ce fil le film formidable de Ken Loach : « Moi, Daniel Blake ».

    Je retiens comme pleine d’espérance ta formulation sur la foi en tant que « fidélité à ce que l’on sent comme vrai ».

    J’ajoute que ce que tu dis du doudou m’a très très vivement intéressé…

    Il y a ce que Donald (pas trump !!) Winicott dit de ce qu’il appelle le « faux self ». Je crois qu’il s’agit d’une posture d’emprunt que le sujet se colle à la peau pour être, au miroir d’interface avec une instance parentale, mimétiquement collé au narcissisme de l’Autre. Il s’agit d’un Autre fragile qui a besoin de trouver en son enfant un appoint pour l’idolâtrer lui-même. Dira-t-on qu’il ou elle n’a pas fait le geste de sacrifice d’Abraham ?

    Alors ce doudou non abandonné pourrait être ce qui l’empêche d’accéder à la sincérité, à la proximité avec la sensation vraie, que tu évoques dans ta prédication.

    Voilà mes petites pensées de ce jour.

    Amitié, gratitude et fraternité

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