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extrait du "jugement dernier" de Fra angelico

extrait du « jugement dernier » de Fra angelico

Question d’un visiteur :

« Dieu ? (…) La vie éternelle le rendra enfin perceptible et permettra de le contempler toujours, mais elle n’est ouverte qu’à ceux qui croient. Ceux qui ne croient pas ne le verront pas, et n’en verront même pas les signes en ce monde, que seuls ceux qui croient apprennent à voir. Mais ceux qui ne croient pas, il leur suffit au moment de leur mort de demander pardon, et ils seront sauvés eux aussi. Penses-y. » (Alexis Jenni, Son visage et le tien, Éditions Albin Michel, 2014, page 20-21)
Cher pasteur, voici une affirmation qui me heurte !

Je connais la parole concernant Abraham :
« Abram eut foi dans le Seigneur, et pour cela le Seigneur le considéra comme juste » (Gn 15, 6 ; TOB).
Je connais le passage de Romains :
« parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi ; selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi. » (Rm 1, 17 ; Nouvelle édition (1979) de Genève).
« Mais maintenant, indépendamment de la loi, la justice de Dieu a été manifestée ; la loi et les prophètes lui rendent témoignage. C’est la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous ceux qui croient, car il n’y a pas de différence : tous ont péché, sont privés de la gloire de Dieu, mais sont gratuitement justifiés par sa grâce, en vertu de la délivrance accomplie en Jésus Christ. C’est lui que Dieu a destiné à servir d’expiation par son sang, par le moyen de la foi, pour montrer ce qu’était la justice, du fait qu’il avait laissé impunis les péchés d’autrefois, au temps de sa patience. Il montre donc sa justice dans le temps présent, afin d’être juste et de justifier celui qui vit de la foi en Jésus. » (Rm 3, 21-26)
Etc.
Pourtant, plus j’avance, plus je crois que l’amour de Dieu est au-delà de notre foi : que nous ayons la foi ou que nous ne l’ayons pas, je suis convain-cu que Dieu accueille, que Dieu pardonne que l’on ait la foi ou non, en effet la fidélité, le pardon et l’amour appartiennent à Dieu. Sa fidélité, son pardon, son amour demeurent incommensurables par rapport à la bien petite réalité de notre fidélité, notre pardon, notre amour.
Oui, Dieu « est » ! Dieu est « fidèle » ! Dieu est « pardon » ! Dieu est « amour » !
Qu’en pensez-vous ?
Remerciements anticipés et fraternellement.

Réponse d’un pasteur :

Cher Monsieur

Je suis bien de votre avis en ce qui concerne votre citation, c’est non seulement épouvantable, mais cela me semble contraire à l’essentiel de l’Evangile qui est celui de la grâce universelle de Dieu. Je sais que certains disent que cette grâce de Dieu comprend celle de la liberté de la personne, y compris celle de ne pas se saisir du salut que Dieu offre ainsi généreusement. Cela ne me semble pas être une bonne interprétation de l’Evangile, en particulier de cette parabole essentielle de Jésus qu’est la brebis perdue, termine en ne laissant aucun doute que le berger retrouvera même la plus perdue des brebis perdues, en effet, Jésus ne dit pas « … si le berger retrouve la brebis… », ni « …si la brebis se laisse trouver et porter…  » mais Jésus dit bien « … lorsqu’il l’a trouvée, il la met avec joie sur ses épaules, et, de retour à la maison, il appelle ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car j’ai trouvé ma brebis qui était perdue. »(Luc 15:5-6) ce qui ne laisse aucun doute sur l’issue, juste une question de délai.

Mais il faut reconnaître que ce chantage à la vie éternelle est un outil hyper efficace pour faire filer doux les brebis et leur mettre la pression pour croire ce que les chefs d’église veulent leur faire croire, leur faire faire les rites, les offrandes, les sacrifices de leur personne et de leur vie… c’est efficace, mais insupportable.

Certes, il y a des passages de la Bible et des évangiles qui disent que « celui qui croit sera sauvé ».
Mais rien n’impose de comprendre cela comme signifiant qu’un tri sera fait entre les personnes, certaines étant considérées comme « ayant la foi » et d’autres comme « n’ayant pas la foi » et donc perdues, jetées à la poubelle éternelle, ou pire : promises à des tortures éternelles (les pires tyrans de l’histoire en ont rêvé sans jamais arriver à ce niveau de cruauté)…
Il est possible de comprendre cela comme signifiant qu’une purification de chaque personne est fait dans le présent par l’action de Dieu, gardant le meilleur de chacun, ce qui est de l’ordre du divin, de la bonne créativité, de l’amour.
Ce n’est pas seulement un chrétien libéral du XXIe siècle qui le dit mais c’est une compréhension du jugement qui date de toujours. Voir par exemple cette prédication : https://oratoiredulouvre.fr/predications/dieu-sauve-noe-ses-enfants-et-des-animaux.php
Voir aussi cette affirmation de Saint Jean dans sa 1ère lettre, chapitre 4 : « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu » mise en parallèle avec « quiconque confesse Jésus Christ », les deux étant mis en parallèle comme équivalents.

Mais plus largement, qu’est-ce qu’avoir la foi ? Certes l’idéal est une implication de toute la personne dans ce mouvement, comme l’indique Jésus en résumant l’essentiel : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ton intelligence, et de toute ta force. + Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Marc 12:29-31). Mais celui qui se dit athée mais qui est capable d’un peu de compassion spontanée pour son frère, il a entendu Dieu par ses tripes, par sa vie, dans un sens c’est un peu déjà de la foi, même si la recherche de Dieu par l’intelligence est absente.

Et donc Dieu gardera en chacun ce qu’il y a de vivant, et il ne cessera jamais d’aller chercher tout homme et tout l’homme en chacun.

Amitiés fraternelles

pasteur

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