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Elian Cuvillier le 22 janvier 2017

prédication du Professeur Élian Cuvillier
pour le dimanche 22 janvier 2017

Après que le Christ ait rejoint les deux disciples en route vers Emmaüs et ait entendu leur récit de ce qui s’est passé à Jérusalem pendant la Passion, et juste avant qu’il ne leur « explique » dans les Écritures « tout ce qui le concerne » (24,27), il leur reproche leur inintelligence (v. 25) et leur annonce : « ne fallait-il pas que le Christ souffre ces choses et entre dans sa gloire ? (v. 27). Je vous propose de reprendre mot à mot cette phrase pour tenter de la comprendre au plus près de ce que nous vivons ici et maintenant dans le monde qui est le nôtre.
Premier mot important, celui qui retiendra le plus longtemps notre attention : edei, « ne fallait-il pas ? ». Ce verbe ouvre à lui seul un pan entier de l’histoire de la théologie chrétienne et en constitue à bien des égards une « pierre d’achoppement ». Il y a trois façons principales de le comprendre :

  • Soit comme l’expression d’un « plan divin » conçu de toute éternité en vue du salut de l’humanité.
  • Soit comme l’aboutissement inéluctable de l’existence de Jésus en raison du message dont il est porteur et de l’opposition des pouvoirs politiques et religieux.
  • Soit enfin comme un choix libre et souverain de Jésus d’aller jusqu’au bout de la mission qu’il a accepté d’assumer en se situant dans la tradition des prophètes bibliques.

Chacune d’elles à d’ailleurs sa pertinence en même temps que sa fragilité. La première lecture (le plan divin) souligne la radicale altérité de ce qui s’est passé dans la mort de Jésus : quelque chose nous échappe et nous échappera toujours dans ce qui s’est joué cette terrible nuit. Le risque est pourtant de poser une toute puissance divine et un tout savoir saturant et fantasmatique : Dieu a tout prévu à l’avance, de toute éternité indépendamment de la liberté de l’homme qui n’est alors plus que le jouet de quelque chose qui le dépasse. On sait combien cette image de Dieu peut avoir d’oppressant voire de pervers.

La seconde lecture (aboutissement inévitable lié au refus du message dont est porteur Jésus) constitue une explication satisfaisante mais risque de réduire le message évangélique à un de ces nombreux exemples qui voit le témoin d’une vérité éliminé par les puissants avec le consentement des foules.

Enfin, le choix libre et souverain de Jésus est sans doute l’explication la plus acceptable pour notre mentalité post-moderne mais elle occulte une dimension présente dans l’expression : le fait que nous ne sommes pas toujours maîtres de nos existences même si nous devons en devenir les acteurs et pas seulement les subir.

Comme entendre alors cet « il fallait » qui soulève la question de la liberté humaine (du « libre arbitre ») ?

… suite du texte ici


(début de la prédication à 07:36)

film : Soo-Hyun Pernot

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