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Image: 'I hear voices...' http://www.flickr.com/photos/35034358326@N01/2055428375

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis en 4° dans un collège catholique, avec une heure de catéchisme et de messe par semaine. Avant, j’étais athée, avec de nombreux préjugés concernant le religion catholique.

Mais, après environ un an à ce collège, j’étais sure de moi : je croyais en Dieu.

Ma mère a été baptisée, seulement elle n’est pas pratiquante. Quand à mon père, n’en parlons pas. Je prie Dieu tous les soirs, pour ma famille, mes amis… Je voudrais être baptisée, mais je n’ose pas aborder le sujet avec mes parents… La dernière fois que j’ai demandé à aller à la messe, ma mère a dit « Comment ça ? Tu crois en Dieu, maintenant ? », sur un ton coléreux. Puis elle est sortie de la pièce et ne m’a plus reparlé jusqu’au dîner.

Comment puis-je aborder le sujet d’aller à la messe ?

Merci beaucoup pour vos réponses,

Réponse d’un pasteur :

CChère Jade
Vraiment bravo pour cette démarche de foi. Je suis convaincu que cela vous apportera énormément.
Apparemment, vos parents ont des réticences fortes vis à vis de la religion. Cela peut se comprendre car la religion est à la fois la meilleure et parfois la pire des choses pour les humains. Et il est bien possible que vos parents aient croisé des façons d’être religieux qui n’aient pas été géniales.
La question est de bien distinguer :

  • la foi (l’intérêt pour ce qui est la source même de la vie, de ce qui est la source du meilleur)
  • de la religion : un exercice plus ou moins individuel, plus ou moins collectif qui a pour but de travailler la foi et la réflexion.
    Le problème vient quand on attache une importance vitale à la religion, quand elle devient pour la personne une chose sacrée, divine ! Car cela coupe la personne de sa source, de sa personnalité individuelle.

Alors que la foi, au contraire devrait rendre la personne encore plus épanouie, encore plus elle-même, plus créative, plus motivée pour être source de bonnes choses

Il faut comprendre vos parents, ils veulent sans doute vous protéger de ce qui leur semble être mauvais, vu de leur propre expérience. Ce n’est pas facile pour vous. Mais finalement ce n’est pas si grave, car l’essentiel est dans le cœur, la tête, et vous arrivez manifestement à bien avancer. Je vous conseillerais donc de ne pas brusquer les choses. Un paysan, un jour, m’a dit cette remarque pleine de sagesse : « on ne fait pas pousser l’herbe plus vite en tirant dessus ». Pour les parents non plus ce n’est pas facile d’évoluer dans leur point de vue.

A mon avis, ce qui convient c’est que vos parents sentent que vous savez avoir du recul par rapport à la religion, du sens critique, que vous n’êtes pas en train de tomber dnas une sorte de conditionnement où vous allez perdre votre sens critique, votre point de vue personnel. Alors, peut que vos parents accepterons plus que vous lisiez les évangiles, ils seront moins inquiets de savoir que vous priez régulièrement dans votre chambre. Et peut-être même accepteront-ils que vous alliez à l’église. Mais finalement, c’est moins grave. Et puis un jour, vous pourrez être baptisée si vous le désirez.

Vraiment bravo pour votre courage. Et pour votre foi.

Avec tous mes vœux de bénédiction, plein de bonnes surprises pour vous et ceux qui vous sont chers pour l’année de grâce 2017

Amitiés

pasteur

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3 Réponses à “Question : Ma mère a dit « Comment ça ? Tu crois en Dieu, maintenant ? », sur un ton coléreux.”

  1. laurent dit :

    En même temps, si les parents de Jade voient d’un mauvais œil sa conversion religieuse, pourquoi l’ont-ils inscrite dans un établissement religieux?

  2. emdeclerm dit :

    Je me permets de vous poser une question : je me demande en quoi la Bible est encore une référence valable quand on sait que l’Eglise a évolué sur certains dogmes et préceptes.
    Par exemple, la Bible dit de façon cruelle et assez effrayante que les infidèles iront en enfer. Le pape Benoît XIV condamnait lui-même les mariages avec disparité de culte ou mixtes qui était pour lui une abomination. Je sais que je suis sur un forum protestant mais vos connaissances théologiques sauront sans doute m’apporter un éclairage : je ne comprends pas très bien pourquoi on continue de dire aux fidèles de lire la Bible où sont mentionnés ces versets (assez déstabilisants) alors que d’une autre main, l’Eglise catholique accepte tout comme certains églises protestantes de marier des couples mixtes ou avec disparité. J’accueille très bien personnellement cette évolution mais en même temps le discours officiel de l’Eglise adressé aux fidèles, basé sur la Bible, est bien différent. On continue de faire lire et d’expliquer un livre dans lequel tous les non croyants ou les infidèles (en l’occurrence les musulmans au Moyen-Age étaient appelés ainsi) ne doivent surtout pas être associés avec les chrétiens. Comme si l’Eglise se contredisait. Autre exemple : on insiste beaucoup sur les valeurs véhiculées par Jésus alors que l’Eglise continue de proclamer que le salut recouvre davantage que des valeurs. Beaucoup de prêtres proclament le salut par la foi mais d’autres continuent de prêcher en sous-main qu’il n’y aura pas que les chrétiens dans le royaume. Evidemment, je trouve normal d’évoluer et au nom de l’Amour, laisser un chrétien prendre époux ou épouse à l’Eglise même si le (la) fiancé(e) n’est pas chrétien(ne) me paraît normal. Mais est-ce qu’il est pertinent de continuer de lire la Bible ou de l’expliquer ? cela va à contresens des évolutions qu’on offre par ailleurs. Comment se livre ne va-t-il pas finir par tomber en désuétude ? que l’Eglise ou les Eglises répondent aux questionnements et situations des temps présents, en y apportant un éclairage spirituel, je peux comprendre et c’est normal. Mais je reconnais que si l’on veut continuer de lire la Bible, il y a clairement une contradiction entre ce que l’Eglise fait et ce que la Bible dit. Je ne dis pas évidemment qu’il faut lire la Bible de façon littérale cela a causé pas mal de dégâts au cours du temps. Mais il est évident qu’il y aurait intérêt à proposer aux fidèles plusieurs interprétations voire une réécriture totale de la Bible. Par souci de cohérence et pour guider la réflexion. Il y a ceux qui lisent avec discernement et bon sens mais il y a aussi ceux qui n’ont pas les connaissances suffisantes et se heurtent souvent à cette compréhension littérale. Que faire ? Exemple : un prêtre m’a dit il n’y a pas longtemps que seuls les chrétiens seraient sauvés ce qui est discutable. Beaucoup de gens ont la foi même si ce n’est pas en Jésus (les musulmans, les Juifs) et bcp de gens dans leur générosité ont leur part dans le Ciel. Ce prêtre continue pourtant de marier des chrétiens avec des membres d’autres religions. Au final, est-ce que cela ne le contraint ou ne rend pas totalement obsolète son discours éminemment biblique ? quels conseils peuvent tenir la route dans un discours tel que : Ton compagnon ne sera pas sauvé car il ne croit pas (EN JESUS) mais forte de ses affirmations, tu peux l’épouser quand même. Vous ne serez pas réunis au Ciel. Honnêtement, je trouve que ce discours n’a aucun sens. D’où l’intérêt d’évoluer sur les mariages d’accord pourquoi pas mais pas au détriment de la Bible. On ne peut délibérément dire aux gens: vous faites sans doute une chose non conforme aux écritures, mais plantez-vous prodigieusement, nous accompagnons volontiers ce plantage. Je trouve qu’il y a une réelle contradiction à corriger ou alors l’évolution ne sert à rien. Merci d’avance pour vos réponses. Par ailleurs, je n’ai pas trouvé de semblables discours dans ce forum ce pourquoi je m’y exprime.

  3. Ce n’est pas la Bible qui donne telle ou telle réponse. C’est l’interprétation qu’en fait telle personne, telle église.
    Pour ce qui est de la Bible, son but est de nous faire nous poser des questions, de nous inviter à laisser dieu à agir dans notre vie. Quelle génération n’aurait pas besoin de cela ?
    La Bible n’est vieillie que si on la lit comme un livre de réponses alors, comme vous le dites, elle peut faire beaucoup de mal et elle a hyper mal vieilli si on la considère comme cela.

    Qu’il soit impossible, ou plutôt qu’il devrait être impossible de lire la Bible comme un livre de réponses à accepter dans la soumission, c’est sa diversité. Et c’est l’impossibilité de lire bien des passages ainsi. Par exemple, non, Jésus n’est pas un champ électromagnétique et pourtant il est écrit qu’il est la lumière du monde (c’est vrai autrement, au sens figuré). Ce n’est pas possible d’appliquer à la lettre le « Tu ne convoiteras pas » (on fait ce que l’on peut), comme le « soyez parfait comme notre Père céleste est parfait » de Jésus. Impossible d’une autre façon ce commandement « ne résistez pas au méchant », épouvantable quand on songe aux tyrans, aux pédophiles, sadiques, et gangsters. Mais la Bible est pas faite pour être « mangée », nous dit Ezéchiel, nous rappelle aussi le Christ à la Cène, c’ets à dire mâchée, déconstruite, digérée pour nous nourrir.

    Pour ce qui est des commandements de l’Eglise, oui. Les chefs ont toujours voulu juger et dire qui est juste ou pécheur, qui est dedans ou dehors, qui sont les fidèles et quels sont les infidèles… C’est se mettre à la place de Dieu. Le Christ n’était pas comme ça. Par exemple il célèbre avec insistance la foi merveilleuse d’un centurion romain, pourtant non monothéiste, rendant un culte à l’empereur de Rome comme à un Dieu, exerçant un métier de violence et d’occupation… mais ayant quelque chose de génial autrement. Cette bienveillance est un exemple d’ouverture qui nous est donné, non ? Et la Bible nous offre ainsi une façon d’interpréter des textes qui semblent à première vue plus étroits.

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