S'abonner par :
 rss
 email
Adam, Ève et le serpent

Adam et Ève au paradis par Lucas Cranach

Question d’un visiteur :

Bonjour Pasteur,

Le site de l’oratoire, et plus particulièrement les questions-réponses, m’apportent beaucoup de choses et me permettent de continuer mon chemin, comme beaucoup d’autres ici, croyants ou pas. Soyez en remerciés, vous pasteur, mais aussi vous condisciples lecteurs, car je pense que nos cheminements s’éclairent les uns les autres.

Pasteur , vous avez précisé à plusieurs reprises qu’il ne fallait pas avoir une lecture littérale de la Bible. Vous avez également écrit qu’il fallait plus s’inspirer des actes et de l’attitude de Jésus plutôt que de ses paroles, là encore à ne pas prendre au sens littéral.

Or je m’interroge fortement sur le fait que, dans les évangiles selon Saint-Marc et Saint-Matthieu, Jésus précise que les hommes et les femmes ne se marieront pas au Paradis. Je trouve ça exagérément égalitariste et assez arbitraire. Je m’explique.

Je suis d’accord pour qu’au Paradis nous nous aimions tous les uns les autres, même ceux qui sur Terre ne nous aiment pas ou qu’on aime pas. Je suis d’accord pour qu’il n’y ait plus de procréation et donc d’acte sexuels avec la femme qu’on aime (encore que d’aucuns ne seront déjà pas d’accord avec ça si justement c’est fait par amour chrétien dans un couple).

Je suis d’accord aussi pour considérer que là-haut on ne s’ennuie pas, qu’il y a des défis, peut-être des quêtes, et cela m’enthousiasme fort même car se contenter d’admirer la face du Seigneur tous assis dans un grand Jardin pour l’éternité n’est pas tout-à-fait, vous le concéderez, une perspective des plus exaltants pour qui a quelque peu la bougeotte.

Là où je ne suis plus d’accord, c’est pour considérer qu’on devient tous frères et sœurs. Il n’y aurait plus de distance ni de proximité. Je suis d’accord pour qu’on s’aime tous, mais je ne vois pas pourquoi on n’aurait pas le droit d’avoir des liens privilégiés avec la femme qu’on aime par exemple, à partir du moment où c’est vécu sans aucune notion de possession (mais de toute façon je conçois le mariage comme un libre don).

Donc pourquoi deux êtres mariés sur Terre ne pourraient pas rester mari et femme là-haut, s’ils sont d’accord, et que cela ne mange pas le main des autres , Ou encore pourquoi si on a pas eu le bonheur d’épouser celle qu’on aime sur Terre (pour telle ou telle raison) ne pourrait-on pas lui conter fleurette au ciel ?

Je préfère penser qu’il y a un autre type d’union pour ceux qui le souhaitent, sans exclusive et sans tout le cérémonial parfois pompeux qui s’y peut s’y attacher ici-bas (avec tous les lot d’inégalités que cela entraîne). Je ne comprendrai pas en effet comme le Seigneur interdirait ce type de lien particulier à partir du moment où il n’exclut pas l’amitié avec les autres ?

A partir du moment où on garde en haut notre corps (puisqu’il y a résurrection) et notre liberté, et donc notre identité, on garde aussi je crois nos préférences, nos goûts, et donc nos sentiments (positifs bien sûr), et donc aussi nos préférences sentimentales.

Je voulais savoir ce que vous en pensiez, parce qui considérer comme ma sœur la femme que j’aime au fond de mon cœur risque de me poser un problème quand même, et je ne pense pas être le seul ! C’est sans doute formidablement réducteur et égoïste, mais si c’est ça le Paradis m’enthousiasme moins !

Dont faut-il prendre au pied de la lettre ce qu’a dit Jésus (tous frères et sœurs ou des anges si vous préférez) ou peut-on espérer quand même des couples et mêmes des unions au Paradis ?

Qu’en pensez-vous ?

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur,

Merci pour les encouragements pour ce service de paroisse en ligne.

Il est très très difficile pour nous en ce temps d’imaginer ce que cela peut vouloir dire de vivre sans la matière dont nous sommes composés aujourd’hui. Les discussions dessus sont donc un petit peu vaines, à vrai dire. Mais pas inintéressantes.

Cela dit, dans ce passage, Jésus essaye de s’en tirer comme il peut face à un piège logique que lui posent des personnes qui pensent qu’il n’y a rien après la mort. Dans un sens, Jésus entre dans cette logique afin de se mettre sur le terrain de ses interlocuteurs, très terre à terre. C’est bien sympa de sa part. Sa réponse est une façon polie de leur dire que ça ne marche pas comme ça dans la vie future.

  • Mais souvent, dans la Bible, en isolant un texte nous n’avons qu’un aspect de la question et il convient de prendre plusieurs textes, chacun abordant la question sous différents angles et sous différents points de vue. En ce qui concerne la vie éternelle, nous voyons des textes qui nous disent que c’est l’amour qui est plus fort que la mort. Que c’est ce qui est de plus beau et vrai de la personnalité qui reste pour l’éternité. Par conséquent je ne ne pense pas que deux amoureux seront comme frère et sœur dans la vie future, car l’amour fraternel est autre que celui du couple. Et ce qui a constitué une vie de couple à travers les années, les joies et les peines, les projets et la vie quotidienne crée une réalité du couple. Un couple est comme une troisième personne qui a sa vie et sa vocation propre, en plus de celles de chacun des deux personnes du couple. Je ne vois vraiment pas cela passer dans le néant.
  • Comme pour tout ce qui est de la vie future, je ne pense sincèrement pas que ce soit la peine de trop essayer de se figurer ce que cela sera. C’est comme d’expliquer à un œuf ce que c’est que devenir un aigle capable de voler des heures dans l’air ténu de la haute montagne. Et ce n’est pas la question pour aujourd’hui, pour ce temps présent. La question pour aujourd’hui c’est de vivre le mieux possible ce temps présent, et vivre en fonction d’un autre temps que celui ci ne serait pas sage. La question pour le couple d’aujourd’hui est de vivre ce temps ci de belle façon, dans la foi, l’espérance et l’amour, dans la joie et le service, dans l’approfondissement et l’élévation de chacun dans le couple et du couple en lui-même. Faisons confiance à Dieu pour la suite dans l’au-delà. Nous ne pouvons avoir que des bonnes surprises de la part de Dieu.

Amitiés
Dieu vous bénit et vous accompagne

pasteur

Plusieurs centaines d’autres questions & réponses sur le site

Articles similaires :

Suivez-nous sur : Facebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagramFacebooktwittergoogle_plusrssyoutubeinstagram - Partagez cette page sur : Facebooktwittergoogle_plusmailFacebooktwittergoogle_plusmail + Merci 🙂

Une Réponse à “Question : Jésus précise que nous ne serons pas mariés au Paradis ?”

  1. emdeclerm dit :

    Je me permets de rebondir en disant que la lecture de la Bible est aussi une bonne manière d’appuyer la prière pour savoir qui est Dieu, qui est-ce que l’on prie, histoire de connaître sa religion. Cependant, quand on voit St-Paul nous conseiller de ne pas se mettre avec les infidèles sous un joug étranger dans sa lettre aux Corinthiens, on peut avoir l’impression que ce conseil est totalement désuet actuellement car il y a bcp de couples et d’amitiés mixtes, et puis le monde n’est pas tout blanc ou tout noir… aussi la prière fait appel à notre conscience d’hommes, réveille nos valeurs, les enrichit, c’est du moins ce que je crois… mais force est de constater qu’un verset de la Bible peut nous apparaître à contre-courant de ce que la prière nous suggère. Aussi, quel est le bon dosage ? comment s’assurer que la Bible appuie notre prière, mais que ces préceptes ne parasitent pas notre relation à Dieu ? exemple : d’après St-Paul, on ne devrait pas contracter de mariages entre personnes de religions différentes, mais pourtant notre cœur et la prière peuvent nous suggérer le contraire. St-Paul conseille aux femmes d’être soumises à leurs maris. A l’heure actuelle, du moins en Europe, ce précepte ne séduit fort heureusement aucune femme. Et si on interroge notre conscience d’hommes à la lumière des valeurs de respect, d’amour, de tolérance, on ne peut pas raisonnablement obéir à ce précepte de St-Paul. Comme de se soumettre aux autorités : St-Paul nous le demande, mais un chrétien pourvu de grandes valeurs humaines ne saurait trouver là un conseil pertinent si l’on se place dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale par exemple. Qui voudrait (sauf d’être d’accord avec l’antisémitisme) encore obéir aux autorités de Vichy ? Beaucoup de préceptes de la Bible me paraissent en inadéquation avec notre société actuelle. Comment se servir de la prière comme un outil utile pour nous éclairer, nous éviter les ruminations et en même temps, se servir de la Bible pour appuyer la prière sans butter sur une interprétation littérale qui risque de nous troubler parce qu’elle est à contrecourant de ce que nous ressentons intérieurement ? Je pense que cet écueil sur lequel on se heurte peut être un frein qui nous empêche de discerner et de voir clair.

Laisser un commentaire