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Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis surprise, voire en colère, d’avoir entendu aujourd’hui en chaire un pasteur nous appeler à voter pour un des deux candidats à l’élection présidentielle, en mots à peine voilés, et ce, au nombre l’Évangile.

Si je comprends que les fédérations d’églises puissent prendre position publiquement pour ôter du débat public une confusion qui pourrait être faite entre christianisme et intolérance, une prise de position en chaire m’interpelle.

Je pense que les croyants sont suffisamment adultes pour faire leur choix sans être sermonnes. J’attendrais plutôt des pasteurs des encouragements et des exemples concrets.

J’ai travaillé plusieurs années dans des quartiers difficiles. Invoquer la fraternité de l’évangile ne suffit pas à répondre aux interrogations concrètes qui se posent aux chrétiens dans de telles situations. Et voter pour un candidat plutôt que l’autre, encore moins.

Cela pourrait faire croire que nos pasteurs font de la politique au lieu de nous éclairer avec la parole dans nos propres choix, quotidiens et bien plus difficiles qu’un choix électoral pré pensé!

Réponse d’un pasteur :

Bonsoir madame

Malheureusement, cette année, bien des personnes dans le protestantisme ont osé donner des consignes de vote (la Fédération Protestante de France, l’Eglise Protestante Unie, la Fédération Protestante des œuvres, et bien des pasteurs).

Vous avez bien eu de la chance de n’avoir eu droit qu’à des allusions à peine voilées.

Heureusement que nous avons non seulement le droit mais de devoir de garder notre propre opinion, et donc de ne pas être d’accord avec ce que raconte le pasteur du haut de la chaire, nous avons même le devoir de ne pas être toujours d’accord. Bravo de réagir, d’en discuter, d’ouvrir le débat. Car ainsi, votre passage par le culte ce matin est quand même fécond, même si ce n’est pas comme l’attendait le pasteur, peut-être.

Personnellement, je ne pense pas que ce soit bon de donner des consignes de vote, ni même des allusions à peine voilées. Car il n’est jamais bon de prendre les gens pour des idiots. En l’occurrence, si les consignes de vote étaient de ne pas voter pour la candidate de l’extrême droite, ces consignes auront peut être un effet sur une ou deux personnes dans leur vote à court terme, mais il me semble qu’à plus long terme c’est l’effet inverse qui risque de se produire, car le le fait même de donner ainsi une consigne de vote infantilise les personnes de l’auditoire, ce qui fait encore un petit peu plus le lit des populismes divers.

Effectivement, comme vous le dite, le sermon n’a pas pour rôle d’enfoncer des portes ouvertes, il n’est pas là non plus pour faire la morale, au contraire, il me semble qu’il est fait pour que nous nous posions plus de questions qu’avant, voir la complexité des questions et s’ouvrir à l’aide de Dieu pour nous rendre capable d’avoir notre propre point de vue original. Car l’ambition de Dieu pour nous est que chacun soit prophète ou prophétesse. Rien de moins. Et pas un faux prophète, qui se met lui-même et sa petite pensée en avant, mais un vrai de vrai, qui a une parole qui élève celui à qui il parle.

Amitiés fraternelles

pasteur Marc Pernot

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3 Réponses à “Question : peut on dire en chaire pour qui voter ?”

  1. Jonas dit :

    Ces prises de position ne sont sans doute pas sans lien avec les déclarations de Marine Le Pen louant l’action de Richelieu contre les protestants. Au-delà de ces petites attaques, on peut considérer que la possible prise de pouvoir du parti frontiste menace les valeurs et les conditions de vie défendues par les chrétiens (notamment).
    Ceci dit, sociologiquement l’électorat de MLP n’est pas en nombre chez les protestants. Tenir de tels propos devant une assemblée catholique aurait eu un autre écho. Non pas que tous les catholiques soient frontistes, mais le vote frontiste a une prévalence plus forte chez les catholiques que chez les protestants. Au sein du catholicisme, il existe des mouvements radicaux ou intégristes enclins à voter à la droite de la droite.
    Bon, dans ce contexte, on pourra considérer un peu tarte à la crème de déclarer devant un parterre de protestants libéraux que « Dieu est en marche ». (Chacun appréciera au passage le caractère « subliminal » du message, appuyé de surcroît par un air de fausse coïncidence qui n’a trompé personne.) La forme a pu céder à quelques facilités. Dans une prédication, il faut faire simple, mais pas trop quand même…
    Pour autant, le pasteur, même en chaire, ne représente que lui-même (même revêtu d’insignes régionaux…). Peut-on en toute rigueur considérer que parce que le pasteur monte un petit escalier l’élevant a quelques mètres du sol, il devient de facto un directeur de conscience ? Ou bien parce qu’ainsi temporairement surélevé, il doit se faire le ministre du consensus mou ? À partir du moment où s’engage dans la vie d’une communauté et des valeurs qui la structurent, on fait de la politique. Après, on peut discuter sur politique électorale ou politique vie de la cité… Les deux sont inévitablement liés je crois : on ne peut se satisfaire de Romains 13.
    Pour ma part, j’ai apprécié écouter l’avis du pasteur Patrzynski, tout en conservant mon libre examen. La prise de position du pasteur ne saurait être une prise de possession des consciences individuelles. En d’autres termes, n’étant pas le serpent du Livre de la Jungle qui nous hypnotise en disant « aiiiee confiiiance », il peut conserver une certaine liberté de ton.

  2. Jean-Daniel dit :

    Bonjour,

    je pense que tout le problème est dans le fameux « libre examen » versus « vote extrême ». Il existe de « bonnes raisons » de voter extrême (gauche ou droite, peu importe), mais également des mauvaises. Dans les deux cas, c’est en conscience que ça va se passer et la question est de savoir si réellement, l’électeur possède les bonnes raisons de commettre ce geste, tant ces conséquences peuvent être désastreuses. Comme dans d’autres domaine de la vie, bien souvent nous croyons savoir en bonne foi telle ou telle chose, alors qu’en réalité une partie a été caché, manipulé ou placé volontairement dans des oubliettes. Quand il s’agit de donner le pouvoir a des extrémistes, il vaut mieux être réellement conscient de ce qu’on fait, car après, inutile de venir pleurer, il sera trop tard. Rappelons ici qu’Hitler comme beaucoup d’autres dictateurs, a été élu démocratiquement.
    Donc la question serait plutôt : « Comment faire prendre conscience aux personnes que le choix d’un extrême est réellement dangereux, sans aller leur imposer quoi que ce soit ? », me semble-t-il.
    L’exercice est difficile, d’autant plus que le pasteur a seulement quelques minutes pour agir, et qu’en face, l’auditeur doit être éveillé.

    Certains pasteurs vont très bien manier la rhétorique, et s’en sortiront. D’autres, moins doué dans la parole, parlerons plus ou moins directement, au risque de heurter certains auditeurs, mais en se disant qu’au moins, le message est passé. Après, on le voit dans votre question, lorsqu’un pasteur parle de cette manière, la réception est autre.
    Et d’ailleurs, ça explique aussi pourquoi Jésus parle souvent en parabole, en image ou en utilisant des éléments symboliques: ça évite de stigmatiser « en direct » tel ou tel auditeur, et du coup, le texte est toujours lisible de nos jours. Si Jésus avait dit « Fais ceci ou fais cela » de manière directe, à longueur de page, le texte aurait probablement eut moins de valeur qu’il en a aujourd’hui, et n’aurait peut-être jamais été écrit.

    On pourrait aussi évoquer le silence du pasteur en de telle circonstance, je suis pour ma part contre. Non pas qu’un pasteur doit dévoiler ses intentions de vote, de ça on s’en fiche. Mais parce que de par son ministère et des suivis pastoraux qu’il fait, il sait ce qu’est l’exclusion, la stigmatisation, le rejet de l’autre, les injustices, les abus de pouvoir, etc. Or ces éléments se retrouvent lorsque des personnes issus d’un extrême accède au pouvoir. Par conséquent et toujours selon moi, il ne peut pas garder le silence dans de telles circonstances, car les auditeurs n’ayant pas forcément son expérience, pourraient ne pas avoir ces éléments-là en tête.

    De plus, ce sont des thèmes que les textes bibliques dénoncent avec fermeté.
    Raison de plus pour lui de s’exprimer.

  3. Bernard dit :

    Pour moi le temple est ouvert à toutes personnes , Macronniste ou Lepéniste , et la religion n’est ni de Droite ni de Gauche.

    Pour moi quand un pasteur ou un « évêque » fait un prêche il représente en quelque sorte l’église  » bien que pour moi l’église c’est tous les brebis dans le temple  »
    Dans un temple il y a des brebis de toutes sensibilités droite ou gauche et extrème. La plupart des extrémistes que j’ai rencontré ont une colère en eux.

    Un évêque qui prend au nom de l’église position pour un parti politique, pour moi, il fait de l’église un syndicat ou un parti.

    Ce que j’apprécie dans les prêches (à par ces 2 , celui de ce dimanche et celui du pasteur Marcel Manoel ces 2 pasteurs ont des postes élevés dans l’église), c’est qu’il n y a pas de prise de position pour des sujets délicats comme la politique.

    Je n’aime pas Marine le Pen ( le personnage et ses opinions nauséabondes) mais la comparer à Pinochet et à Hitler c’est diffamatoire et appeler le vote Macron c’est abuser de sa position en hauteur.
    Je ne partage pas les idées de Jean Fredéric Patrzynski « macroniste »

    Je ne suis ni « macroniste » ni « le peniste », la personne que je veux suivre c’est dieu.
    Quand je viens au temple , c’est pas pour écouté un discours politique , c’est juste m’approcher de dieu.

    Ca doit faire 1 ans que je viens , je suis très régulier en 1 ans c’est les deux seuls prêches que j’ai pas du tous aimer . 2 Prêche qui passe pas en 1 ans , c’est pas grand choses .

    Avec Macron et ce qu’il propose se sera moins moins argent à la quête du dimanche . Je ne suis pas en colère .

    Le repas était excellent . J’apprécie les rencontres durant ces repas . Ca m’a fait largement oublier le prêche de cet évêque.
    Ce que j’écris là , j’aurai aimé le leur dire.

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