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Image: 'blood work'  http://www.flickr.com/photos/25348772@N03/27980822023 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Bonjour à tous,
Je voudrais savoir quelles sont les conséquences pour une personne qui a été tuée? Et de même pour l’assassin?
Et comment les personnes proches de la personne décédée, doivent-elles réagir ?

Je vous remercie de votre réponse, que Dieu vous bénisse

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Quelle tristesse de penser à une personne qui a été tuée. Quelles qu’en soient les raisons. Cela inspire une immense compassion tant la vie en ce monde a de la valeur. Je suis convaincu que Dieu garde les personnes dans une vie qui continue au delà de la vie biologique. Cela ne remplace pas la vie non vécue sur terre, mais cela veut dire que néanmoins, tout n’est pas perdu.

Pour l’assassin, cela dépend beaucoup quand même si c’est un accident, ou une faute, ou si une intention est derrière ce geste terrible, ou si cet assassin est un malade qui ne se rend même pas compte.

  • Dans un sens, celui qui paye le plus cher est celui qui a tué par accident ou par faute. Cela peut être extrêmement difficile d’arriver à se pardonner cet événement inacceptable. C’est là que l’annonce du pardon radical de Dieu est extrêmement important. Ce pardon ne dit pas que le meurtre n’aurait pas d’importance ! Bien entendu ! Mais que malgré le caractère objectivement ultime de cette faute, l’amour de Dieu est plus fort. Et qu’il comprenne que s’il a effectivement commis un meurtre, il n’est pas purement et simplement « un assassin », mais une personne ayant commis un assassinat. Une personne
  • A l’autre extrême, certaines personnes ayant commis un meurtre ne se sentent même pas coupables. Cela est un symptôme de troubles profonds. La question n’est alors plus seulement celle du pardon mais celle du soin à apporter à cette personne malade de quelque chose d’essentiel. Comme le dit Jésus priant pour ceux qui sont en train de le tuer et qui rigolent : « Père pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font ». Cette prière n’est pas seulement celle demandant une amnistie pour l’assassin, mais qu’il puisse comprendre enfin le problème, le prendre à sa juste mesure et travailler dessus pour devenir meilleur.

Souvent, ces deux points se conjuguent, et il est nécessaire de les articuler ensemble pour que la personne ayant été source de mort à un moment donné de sa vie puisse avancer.

En ce qui concerne les personnes proches de la personne assassinée, il est bien naturel de ressentir de la colère, et même de la haine pour l’assassin. Il ne serait pas bon du culpabiliser pour cela. Je ne dirais pas non plus que ces personnes auraient le devoir de pardonner. On fait ce que l’on peut, et on le fait à son rythme. Je ne suis d’ailleurs pas très bien ce que l’on peut entendre par « pardonner » en ce cas. Ou dans le cas d’un grave traumatisme subi :

  • L’acte en lui-même n’est pas « pardonnable » au sens où il cesserait d’être inacceptable. L’acte en lui-même doit continuer bien évidemment à nous inspirer de la révolte et de la tristesse.
  • Pardonner à la personne qui en a été la source ? Peut-être au sens où on lui souhaiterait de vivre et de pouvoir être dans l’avenir plutôt une source de vie ? Est-ce ensuite aux personnes proches de la personne assassinée de se sentir appelées à entourer la personne qui a assassiné ? Je n’en suis pas très sûr. En tout cas ce n’est absolument pas une obligation. Si ces personnes en ont la force et que l’assassin voulait avoir un geste symbolique de réparation (même si rien ne peut évidemment réparer ce gâchis invraisemblable), ce serait sympa de l’accepter. Mais pas plus. Oui, nous sommes appelés à « aimer notre prochain », c’est à dire à lui vouloir du bien et à lui faire du bien. Mais à chacun sa vocation personnelle, nous ne pouvons servir 7 milliards de personnes de lhumanité, à nous donc, en relation avec Dieu, de discerner quelle est, ou quelles sont les quelques personnes qui nous sont confiées. Donc, même si la personne qui nous a fait du mal fait évidemment partie aussi de nos prochains, nous n’avons pas nécessairement vocation à être en relation avec cette personne.
  • Mais ce que l’on peut espérer c’est que chaque personne frappée par ce traumatisme puisse aller de l’avant, pour que la vie l’emporte sur la mort. Que ce drame puisse de temps en temps être oublié, même si la personne perdue ne l’est pas. Que de nouveau l’on puisse rire, aimer, faire des projets de vie, et même des projets de plaisirs non pollués par ces drames terribles.

En tout cas, comme toute blessure, il faut le temps de la cicatrisation. Le temps de l’évolution, le temps de la genèse. Bien des paroles de Jésus évoquent l’action de Dieu comme une plante qui germe et se développe. Effectivement Dieu est spécialiste en source de vie.

Il vous bénit et vous accompagne

Amitiés

pasteur

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