S'abonner par :
 rss
 email

extrait du "jugement dernier" de Fra angelico

Question d’un visiteur :

Bonjour,
je vous écris pour avoir quelques éclairages sur le culte protestant. Issu de parents athées, eux-même issus de famille musulmanes, ils m’ont toujours laissé libre cours à ma réflexion et mes opinions religieuses. Je vis dans la culture catholique depuis mes 5 ans, mais je me retrouve davantage dans le culte protestant, par sa piété, sa simplicité, la relation directe (et non intermédiée) qu’elle crée entre Dieu et le croyant, et la liberté de pensé qui n’est pas emprisonnée, mais au contraire, incitée.

Seulement, il y a un point que je ne comprends pas, car j’ai fait plusieurs recherches et je me suis adressé à plusieurs protestants:
D’après ce que j’ai compris, notre sort est décidé le jour de notre naissance par Dieu, qui nous sauve ou ou nous puni ? (c’est ce que m’a dit un ami calviniste)
Dans ce cas, qu’importe ce que fait le croyant, étant donné que son sort est déjà tracé ? C’est là le paradoxe qui me fait douter, je ne comprends pas en quoi cela incite le croyant à utiliser son intelligence et sa liberté de conscience étant donné que son destin est scellé ?
Continuez à lire »

Marc Pernot

prédication du pasteur Marc Pernot
pour le dimanche 13 mai 2012

Nous avons dans cette histoire du livre des juges l’histoire d’un super héros. Samson a tout pour lui. Il est extrêmement fort, il est intelligent, il est courageux, il aime la vie, il est même béni tout spécialement par Dieu dès son origine. Mais ça ne suffit pas tout à fait.

Cette histoire nous aide ainsi à reconnaître nos propres grandes qualités, car nous ne sommes pas si différents de Samson que ça, en réalité.

Et cette histoire nous propose aussi un mode d’emploi de ces exceptionnelles qualités. C’est ce qui manque à Samson et que nous montre le Christ et que nous donne le Christ.
Un être super doué

Cette histoire de Samson est clairement exagérée.

Sa force est exagérée, évidemment. Comment un seul homme pourrait renverser les colonnes d’un grand temple ? Ces colonnes sont nécessairement énormes pour soutenir une terrasse capable de recevoir pouvant contenir 3000 personnes ? Comment un homme seul peut-il massacrer une armée de 1000 soldats avec seulement une vieille mâchoire d’âne à la main ?

Sa force est exagérée, son habileté et sa ruse le sont aussi. Car c’est déjà très difficile d’attraper un renard (ils sont assez malins), alors comment Samson pourrait-il arriver à attraper 300 renards, les attacher par la queue deux par deux, trouver 150 flambeaux, les allumer, les accrocher aux renards et les envoyer aux 4 coins du pays pour se venger des Philistins en ruinant leurs récoltes ?

Quand un récit de la Bible exagère ce n’est pas que l’on nous prenne pour des débiles qui vont gober n’importe quoi, bien au contraire. C’est pour nous inviter à réfléchir sur notre propre existence. Quand on nous parle d’un homme incroyablement fort, c’est que ce texte parle de la force en général, de notre propre force, de notre intelligence, de nos talents.
[...]

arbre dans la brume, flickrcc http://www.flickr.com/photos/41864721@N00/3092327234« Le péché …c’est permettre à la mort et au pessimisme de l’emporter sur la vie et la joie ». G Castelnau écrivait cela dans un dernier numéro d’Evangile et liberté.

Cette phrase me pose problème. Alors les personnes qui souffrent de dépression sont irrémédiablement des pécheurs? Non et non, ceci n’est pas l’évangile : au poids de leur maladie, il faudrait ajouter le péché ? Ce n’est pas possible. Ils n’ont plus de dynamisme, ils sont pessimistes,ils n’ont plus de projets ni d’espérance , ils sont obligés de prendre des médicaments et de se mettre en congé de maladie…etc.

Mais ils sont victimes de leur organisme , de leur psychisme, ce ne sont pas des pécheurs! L’énergie de Dieu n’a rien à faire dans cette histoire.

Elle ne pénètre plus en eux et Dieu est impuissant et faible comme il l’était sur la croix quand son Fils était torturé et descendait dans les abîmes de la mort.

Il y a un optimisme chrétien qui peut devenir cruauté impitoyable et qui vient se rajouter alors au malheur des humains. Ils souffrent et leur souffrance redouble par leur condamnation! Ou est la tendresse et la miséricorde de Dieu?
Continuez à lire »

croix Oratoire du Louvre

La croix dans l'Oratoire du Louvre photo Braunstein

Question d’un visiteur :

Bonjour,
Je m’appelle Clémence et j’ai 23 ans. Je recherche depuis plusieurs années ma voie spirituelle. Je pense l’avoir trouvée dans le protestantisme. Je voudrais commencer mon cheminement mais je suis un peu perdue. En effet, je ne connais que les grands principes du protestantisme et je sais également qu’il y a beaucoup de formes différentes de protestantismes.

En bref, je ne sais pas trop par où commencer. Pouvez-vous me conseiller des ouvrages (ils peuvent êtres conséquents) pour me familiariser avec l’histoire du protestantisme mais aussi et surtout sur la foi en elle même?

Je possède une Bible, mais je ne sais pas si elle est bien traduite.

Je voudrais également participer à des discussions mais je change de lieu de résidence début septembre je suis actuellement en dans le sud de la France (entre Avignon et Nîmes) puis je serai sur dans la région parisienne jusqu’à la fin de l’année 2012.

Amicalement

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Clémence

D’abord bravo pour votre cheminement, je suis persuadé que cela vous apportera énormément, à vous et à votre entourage.

Il y a quelques livres possibles, par exemple celui de Gagnebin et Picon « Le protestantisme, la foi insoumise » (et/ou le livre de Turkheim ).

Mais ce n’est pas indispensable, comme vous le dites c’est plutôt le cheminement de foi qui est important. L’essentiel est de lire la Bible soi-même et de réfléchir librement, de prier comme bon vous semble, de choisir une paroisse protestante et d’y aller de temps en temps, au rythme qui vous conviendra (ce n’est pas pour être d’accord avec tout, mais cela nous aide de sortir de chez nous pour chercher Dieu, et de rencontrer des gens qui cherchent aussi). Continuez à lire »

James Woody

prédication du pasteur James Woody
pour le dimanche 6 mai 2012

Apprécier la nature et prendre plaisir et intérêt à observer la nature est une attitude très utile sur le plan théologique. Le pasteur puis philosophe américain Emerson disait que la nature corrige les Ecritures. C’était une manière de dire que l’observation de la nature nous aide à mieux comprendre ce que veulent dire les textes bibliques. Nous pouvons penser à l’apport de Galilée qui constate que la terre n’est pas au centre de l’univers, que ce n’est pas le soleil qui tourne autour de la terre : cela nous conduit à repenser le livre de l’Ecclésiaste où il est écrit que le soleil se lève et se couche. Galilée ne disqualifie pas les textes bibliques, il nous incite à les requalifier. Il nous incite à repenser les registres sur lesquels lire ou ne pas lire la Bible.

La nature est très présente dans les textes bibliques, en particulier les arbres. D’ailleurs, si l’on y réfléchit, l’arbre est la première chose qu’a vue Adam, le premier homme dont parle la Bible. L’arbre est pour l’homme comme un reflet, une sorte d’alter ego, quelque chose qui lui permet de prendre conscience de lui-même. En effet, l’arbre est le lieu où le ciel et la terre se rencontrent. L’arbre qui plonge ses racines dans le sol où sont les morts et d’où il tire invisiblement sa vie, l’arbre qui se dresse sur la terre des vivants, et qui balaie le ciel de ses branches qui portent du fruit, montre à l’Homme, Adam, les trois niveaux où son humanité est interrogée. D’où vient la vie ? qu’est-ce que la vie ? où va-t-elle ? Dans cette histoire de graine de moutarde, l’accent est mis sur le présent. Et le moutardier nous permet de nous interroger sur ce que signifie « être » ; il nous permet de développer une théologie de l’être.
[...]

spiritisme

Question d’un visiteur :

Bonjour,

Je suis Chrétien Protestant mais aussi Spirite. C’est à dire que je prends contact et que j’ai des communications avec des défunts (par l’écriture automatique ou la TCI).

Condamnez vous cela ? Qu en pensez vous et que dit la Bible et l’église reformée ?

Merci

Réponse d’un pasteur :

Bonjour

Il est à mon avis difficile de dire que la Bible soit hostile à ce genre de pratiques, les réserves seraient plutôt pour l’astrologie et autre divination…

Mais de toute façon dans notre église nous ne faisons pas une lecture de la Bible comme si c’était un code de lois et d’ordonnances à appliquer à la lettre, il y manquerait bien trop de choses essentielles (comme l’abolition de l’esclavage, par exemple), et il y aurait bien trop de choses scandaleuses et bizarres (comme de lapider son enfant s’il est désobéissant)…

Notre éthique protestante est donc une éthique croyante et en responsabilité, c’est à dire que chacun puise dans sa propre expérience de Dieu, dans sa réflexion nourrie de lecture biblique & de débat pluraliste… ce qu’il pense être le cheminement juste pour lui-même à un moment donné. Cette façon de cheminer n’est pas réservé à l’Oratoire du Louvre, ni inventée par le protestantisme progressiste contemporain, mais cette façon existe déjà dans les idées de Jésus (juif libéral qui résume -ou limite- toute la Loi au le seul commandement d’aimer) et de l’apôtre Paul (auteur du « tout est permis mais tous n’est pas utile »).

L’Eglise Réformée na pas de position officielle donnant des lois à suivre pour ses membres, mais elle invite chacun à cheminer avec et par le Christ vers Dieu. D’ailleurs quand d’aventure tel ou tel membre ou instance de l’administration de l’Eglise Réformée se risque à faire un communiqué de presse, il n’engage que lui et certainement pas les membres des églises locales. Bien heureusement.

Cela dit, personnellement, je ne suis vraiment pas favorable à l’idée de dialogue avec les morts.
Continuez à lire »

Pierre Fath

le pasteur Pierre Fath en 1982

Le pasteur Pierre Fath est décédé la semaine dernière. Il avait 91 ans. Il a été pasteur à l’Oratoire de 1977 à 1986.

Il a été également président du CASP (Centre d’action social protestant).

L’église de l’Oratoire du Louvre est profondément reconnaissante de ce qu’a fait Pierre Fath a son service à une époque difficile. Je le suis personnellement, pour ce qu’il m’a apporté quand j’étais paroissien de l’Oratoire, en particulier dans ses prédications et son fameux groupe des « étudiants et Jeunes Ménages.

Les obsèques de Pierre Fath sont prévues au Foyer de l’Ame,
11bis rue du pasteur Wagner Paris 11e,
le lundi 21 mai à 14h30.

Nous pensons bien à la famille d’Évelyne et Pierre.

Je vous conseille vivement le livre du jésuite Roger Lenaers intitulé :

Un autre christianisme est possible
La Fin d’une Eglise moyenâgeuse
édition Golias.

Je trouve dans cet ouvrage une inspiration très « tillichienne ».
Il revisite les grandes affirmations de la foi avec bonheur et clarté dans un esprit résolument moderne et accessible aux hommes de notre temps.

Fraternellement

communion sainte-cene photo ©Godong

photo©Godong


Question d’un visiteur :

Bonjour,
Je me suis engagé pour le moment bien modestement vers l’église reformé de France et après contact avec le pasteur de ma ville, je participe au culte du Dimanche.

J’ai appris que la semaine prochaine serait célébrée la Cène. Au départ, baptisé catholique, je m’interroge sur mon positionnement au moment de cette célébration. Autrement dit, un catholique peut t-il être participant actif à ce moment du culte ?

Encore bravo pour votre site qui m’apporte tellement de réponse à mes questions et me sentir entouré par les autres internautes dans nos quêtes.

Bien à vous

Réponse d’un pasteur :

Bonjour Monsieur

Merci pour ces encouragements,

Et oui, vous pouvez tout à fait communier lors du culte dans les églises réformées. Ce temps est pour nous un signe de la grâce de Dieu, et par définition cette grâce est sans condition, elle vous est acquise, elle est offerte comme le pain et le vin sont tendus. Tous sont donc invités à participer, baptisé ou non, que notre vie soit un peu en désordre ou que l’on soit un champion comme sœur Emmanuelle. Tous à égalité.
Continuez à lire »

prédication du pasteur Marc Pernot
pour le dimanche 29 avril 2012

Ces hébreux nous rappellent trop l’humanité actuelle qui ne croit plus trop que Dieu puisse nous apporter quelque chose, et qui ne pense plus qu’à une chose : notre soif matérielle, notre inquiétude sur l’avenir de notre confort et de notre abondance.

Mais je trouve que ces hébreux ont ici des revendications légitimes. Nous ne sommes pas de purs esprits et nous avons évidemment besoin d’eau pour abreuver notre corps. Moïse, au début de ce récit, incarne l’homme de foi, mais dans sa version exagérée, sur le mode du fanatisme. Et c’est bien intéressant car ce texte nous montre ainsi le juste chemin de la foi.

Au nom de la « la foi seule » faudrait-il oublier que notre corps a aussi besoin d’eau ? Faudrait-il laisser mourir de soif les siens comme le fait Moïse, tout à ce formidable cheminement spirituel que lui inspire Dieu ? Non. C’est évidemment une erreur. Nous ne sommes pas appelé à « la foi seule », mais à une foi qui irrigue notre vie en ce monde et celle des autres autour de nous, une foi qui ne se détourne pas d’une action en ce monde pour plus de justice. Mais souvent la pente qui nous tire vers les extrêmes est très glissante. L’homme est un animal spirituel et il est tout aussi rapide de glisser vers le spirituel seul en oubliant l’animal, que de basculer vers l’animal seul en oubliant le spirituel. Ce chapitre de la Bible reste sur le fil du rasoir. Mais c’est un équilibre très fin dont le juste dosage dépend du moment, cela demande une certain savoir faire, un savoir vivre, ou plutôt un savoir être que montre ce texte.

  • Les hébreux, obnubilés par leurs besoins matériels apprendront qu’il est bon de regarder vers le haut, et de travailler main dans la main avec Dieu, sinon, on se perd.
  • Moïse, obnubilé par son expérience de Dieu apprendra à prendre en compte les besoin de notre corps, mais aussi à compter sur les forces humaines non seulement pour combattre l’injustice mais aussi pour lever les mains vers Dieu.

[...]

Articles plus anciens »