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montagneVoici un extrait d’un texte de Gustave Thibon que j’aimerai partager. Il n’est pas dans son intégralité et je ne sais pas de quel ouvrage il est tiré… Mais il m’a beaucoup portée.

L’être qui court le moins de risques est ici-bas l’être le plus voisin du néant: qui ne risque rien n’est rien. Le risque est fait pour être couru: chaque être porte en lui de quoi surmonter les risques auxquels sa nature ou sa vocation l’exposent. Le plus grand risque est fonction du plus haut destin….La destinée de chaque homme est commandée par la réponse intérieure qu’il fait à cette question: de l’amour ou de la mort, lequel est une illusion?

Chacun règle sa prudence d’après la nature de son trésor, de son cœur. La vrai prudence a deux yeux: l’un est fixé sur le but à atteindre, l’autre sur le risque à courir; elle voit jusqu’au but, et c’est pourquoi elle sait affronter le risque.
La fausse prudence est en quelque sorte éborgnée, elle n’a qu’un œil braqué sur le risque, elle ne voit pas plus loin que le risque, et c’est pourquoi elle se refuse à le courir. Privée à la fois du sain regard qui voit le but et de la sainte tendance qui porte vers lui, elle n’a plus qu’un désir: celui d’échapper au risque à tout prix. L’homme est alors voué à la stagnation ou à la régression; il ne rêve plus que de carapaces ou gardes-fous et la vie se transforme pour lui en une immense entreprise d' »assurances contre tous risques ».

Il n’est pas de pire imprudence que cette fausse prudence. A trop vouloir se préserver, on se détruit. L’être qui, pour mieux se conserver, se retranche dans les parties inférieures de lui-même, est l’artisan de sa propre ruine, car il agit contre une exigence centrale de la nature et de la vie, et il compromet irrémédiablement le bien inférieur qu’il prétend sauver… Dans tous les domaines, l’homme doit choisir, non entre la sécurité et le risque, mais entre un risque ouvert, chargé de promesse, et un risque sans compensation, sans issue. Car il n’est pas ici-bas de palier stable, et le refus de monter accroît les chances de tomber. Au risque de la vie et de l’amour, la fausse prudence substitue partout le risque stérile de l’égoïsme et de la mort.

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5 Réponses à “Qui ne risque rien n’est rien”

  1. Fernando Marques dit :

    Le titre du livre est « L’échelle de Jacob ».

  2. Dominique Denjean Hassler dit :

    C’est un très beau texte que je ne connaissais pas mais qui me « parle » beaucoup moi qui passe ma vie á prendre des risques et me pose beaucoup de questions sur le bien fondé de mes décisions
    Merci pour ce texte qui nous pousse â réfléchir encore PLus

  3. benoite dit :

    la messe est dite..merci francisco.

    on a connu l’époque du « moi », du « sur moi »..et oui, pour finir, le narcissisme est roi.

    c’est effectivement plus clair ainsi, et on peut appréhender l’intervention d ‘estelle qui posée comme ça..était un peu « brut de décoffrage » non ?
    mais était-ce bien ce qu’elle voulait nous dire ?

  4. Francisco dit :

    Benoite voici une citation de Gustave Thibon qui précise le sens qu’il donne au « risque » :
    « Prêt à risquer pour Dieu tout ce qui n’est pas Dieu », il a élaboré une réflexion en étroite consonnance avec la quête spirituelle des hommes et des femmes d’aujourd’hui.
    « J’aime notre époque, écrivait-il, parce qu’elle nous force à choisir, entre la puissance de l’homme et la faiblesse de Dieu. »
    Aujourd’hui beaucoup refusent de prendre le risque de se marier ou de répondre à l’appel du Seigneur pour une vocation religieuse.
    On ne veut plus risquer de perdre sa liberté.
    On se replie sur soi-même, le narcissime est roi.

  5. benoite dit :

    vous nous proposez là un article très riche, et ambigu à la fois, comme si la vérité de l’un pouvait être la « vérité » de l’autre.

    « Il n’est pas de pire imprudence que cette fausse prudence. A trop vouloir se préserver, on se détruit. L’être qui, pour mieux se conserver, se retranche dans les parties inférieures de lui-même, est l’artisan de sa propre ruine, car il agit contre une exigence centrale de la nature et de la vie, et il compromet irrémédiablement le bien inférieur qu’il prétend sauver…  »
    il me semble néanmoins que parfois il faut savoir se préserver, que l’on ne peut pas porter indéfiniment au-dessus de ses forces, sauf à être suicidaire ou n’avoir personne d’autre en charge que soi-même, ce qui est rarement le cas.

    « Dans tous les domaines, l’homme doit choisir, non entre la sécurité et le risque, mais entre un risque ouvert, chargé de promesse, et un risque sans compensation, sans issue. Car il n’est pas ici-bas de palier stable, et le refus de monter accroît les chances de tomber. Au risque de la vie et de l’amour, la fausse prudence substitue partout le risque stérile de l’égoïsme et de la mort. »

    j’avoue que là..il faudrait qu’on m’explique car je ne comprends pas !
    un tel texte me déprimerait plus qu’il ne me porterait.
    d’où ma réflexion initiale que la vérité de l’un n’est pas obligatoirement celle de l’autre.