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© Photo Godong - plat de Sainte Cène

Question d’un visiteur :

Bonjour
Tout d’abord, un grand merci pour votre blog qui nous permet de poser toutes sortes de questions et surtout de recevoir des réponses à la fois stimulantes et apaisantes.
Il m’arrive de participer au partage de la Sainte Cène dans ma paroisse protestante : et là, je me suis fait reprendre par un paroissien, pour avoir dit en donnant le pain  » Le Corps du Christ » : « Ça fait catho ! Moi qui suis Réformé, je ne crois pas que ce soit le corps du Christ ». Bon, d’accord, encore que ça se discute pour les Luthériens, mais que faut-il dire alors ?
Merci de me conseiller

Réponse d’un pasteur :

Bonjour madame

Et grand merci pour vos encouragements, précieux.

Je ne sais pas que penser de ce paroissien qui ose critiquer quelqu’un d’autre comme cela. Pas sympa. Pas très protestant non plus puisque nous aimons bien l’idée que chacun puisse avoir sa sensibilité, sa foi, et l’exprime dans une atmosphère fraternelle. Mais bon, vous avez eu raison de ne rien dire car c’est peut-être ce genre de personnes qui ont la rancune rayonnante…

Pour la Sainte Cène, personnellement, je préfère ne rien dire en passant le plat et la coupe, juste de sourire en regardant la personne dans les yeux. En fait, j’ai en sainte horreur cette habitude qu’ont certaines paroisse de donner un bout de pain au suivant. Je n’aime pas cela pour au moins trois raisons :

  1. Il me semble sympa que même une personne qui ne désire pas communier puisse se joindre au cercle, passant alors le plateau et la coupe sans en prendre. C’est le cas par exemple de personnes découvrant pour la première fois un culte protestant, voire une assemblée chrétienne, c’est le cas de conjoints catholiques ou agnostiques d »un protestant pratiquant. Si on lui tend un bout de pain, c’est alors un peu gênant, c’est comme si on lui forçait la main.
  2. Dans l’institution de la Cène, il est dit « Prenez et mangez ». Ce n’est pas la même chose de faire le geste de prendre le pain plutôt que le recevoir d’une autre personne. Si le pain est signe de la Parole de Dieu manifestée en Christ, qui nous est offerte par grâce. Faire le geste de prendre soi-même volontairement le pain est comme une profession de foi. Le fait que la personne voisine offre le plat puis la coupe est déjà en soi un acte de fraternité entre frères et sœurs humains, cela me semble déjà dit et bien dit par ce geste.
  3. Certaines personnes trouvent un peu dégoûtant de boire dans la même coupe. Il y a en réalité fort peu de risques sanitaires avec cette pratique à cause des propriétés du vin, et du fait qu’une bouche n’est en général pas si sale. Par contre, il est bien connu que 30 à 40% des français ne se lavent pas les mains après avoir été aux toilettes, s’être mouché ou avoir toussé dans ses mains. Cela fait que les cacahuètes lors d’un apéritif ou le pain tenu à la main lors de la Cène est assez redoutable au point de vue de la transmission de gènes pathogènes.

Bref, personnellement, je suis favorable à laisser chacun prendre lui-même le pain dans le plat, et à laisser chacun libre de transmettre à sa façon à son voisin quelque chose de personnel accompagnant ce geste : d’un mot, d’un regard, d’un sourire.

Amitiés fraternelles

pasteur

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2 Réponses à “Question : Peut-on dire « Le corps du Christ » en passant le pain pendant la Communion ?”

  1. julien dit :

    Une grande question baptisé catholique, je ne vais que très peu à l’église catholique mais à une église évangélique. Il est rare d’avoir une cène, mais au début on partage un café entre nous puis à la fin parfois on partage une collation non alcoolisée.

    Il y a une grande question que je me pose, puis-je rejoindre une cène dans une église réformée/ évangélique etc et communier avec les autres, ou dois-je refaire un nouveau baptême, puis une nouvelle première communion.

    Les avis sont assez diverses. Je sais que l’église baptiste m’a répondu que je devais me refaire baptiser, à l’inverse plusieurs églises évangéliques m’ont dit que ce n’était pas obligatoire, seul la volonté et le désir importait… Cependant elles me conseillent de repasser par la case confirmation de foi.

  2. Marc Pernot dit :

    Effectivement, cela dépend des églises et de la place que chacune accorde aux rites. A l’Oratoire nous avons une approche pragmatique de la religion : la bonne religion pour une personne donnée à un moment de son existence est l’exercice qui lui permet d’avancer le mieux possible, dans la confiance à Dieu, dans l’épanouissement de sa personne, dans ses relations aux autres. Il est souvent profitable de marquer les étapes décisives de sa vie d’une manière un peu plus solennelle, afin que non seulement notre tête et notre cœur mais notre être tout entier s’implique, au milieu des autres. C’est l’intérêt de la profession de foi. Mais ce n’est nullement obligatoire, si une personne n’y tient pas, il est tout à fait possible de simplement se déclarer comme chrétien, comme protestant, comme fidèle de la paroisse… sans rite ni cérémonie.

    Mais en tout cas, oui, nous ne refaisons jamais de baptême à une personne déjà baptisée dans une autre église. Principalement par respect pour les autres églises : Christ ne nous appartient pas, notre baptême n’est pas plus valable qu’un autre.

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