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panneau avec deux flèches - http://www.flickr.com/photos/9390392@N02/817673693 Found on flickrcc.net

Question d’un visiteur :

Monsieur le pasteur,
Au gré d’une navigation sur votre site (par ailleurs intéressant), je lis cette phrase dont vous êtes semble-t-il l’auteur : « Bah, il y a des intégristes partout : il y a des chrétiens qui disent que seuls les chrétiens seront sauvés […] ». Source
Je ne comprends pas et avoue mon grand étonnement. En tant que chrétien, lorsque j’essaie modestement de parler de Jésus et de la Parole de Dieu à mes amis, c’est bien avec le secret espoir qu’ils croient et qu’ils se convertissent. Le « but » étant de connaître et de reconnaître le vrai Dieu qui nous offre la vie éternelle, sans aucun mérite de notre part, gratuitement.
Il est donc bien question de Salut, non ?

Si un chrétien ne croit pas que seul les chrétiens seront sauvés, à quoi cela « sert-il » d’être chrétien et d’essayer avec amour et patience de faire en sorte qu’un maximum de personnes le soient (la aussi, le « but » de l’évangélisation) ?
C’est à mon sens clairement indiqués dans les Ecritures et je pense en effet (sans bien entendu prétendre décider à la place de notre Seigneur et connaître par avance ses décisions !) que seuls les personnes qui ont foi en Christ (donc chrétiens) seront sauvées.
Fraternellement.

Réponse d’un pasteur :

BBonjour Monsieur

Il y a une différence essentielle entre :

  • « la pratique de la religion chrétienne sauve » (d’accord)
  • et « seule la pratique de la religion chrétienne sauve » (je ne le pense pas, et apparemment, Jésus non plus, qui a célébré la foi d’un centurion romain même pas monothéiste).

Il y a une différence encore plus essentielle entre :

  • « Dieu seul sauve » (oui)
  • et « adhérer à la confession de foi et les rites d’une église sauvent ».

Identifier les deux est enfermer Dieu, absolument transcendant, dans les limites étroites d’un club d’humains fiers de leurs quelques idées et expériences de Dieu, expériences réelles mais évidemment limitées, à hauteur d’homme, incarnées dans une culture, dans une subjectivité, dans une histoire.

Jean, par exemple, dit que « quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. » (1 Jean 4:7), et si l’on regarde bien ce passage, il rend le fait d’aimer son frère dans le besoin synonyme de confesser Jésus Christ dans notre propre chair.

Nous savons bien que les chrétiens n’ont pas le monopole du geste aimant et généreux, et qu’il y a des personnes qui, pour diverses raisons (toujours importantes) rejettent l’idée de Dieu ou d’être chrétien pratiquant mais qui néanmoins ont le cœur sur la main. C’est que Dieu les a touché par le cœur, les tripes, la vie. Tant mieux si ces personnes pouvaient, en plus, aimer Dieu de leur pensée consciente. Mais faire de cela seul le critère de vie et de mort est à mon avis une erreur. Non seulement cela porte un jugement sur les autres mais cela porte un jugement caricatural.

Mais de toute façon, si nous aimions Dieu pour qu’il nous inscrive dans son grand livre de vie, ce serait finalement assez vénal de prier Dieu et de lui rendre un culte, non ? Ce serait encore une façon de penser à soi-même et à ses propres intérêts. Au contraire, C’est parce que Dieu nous a déjà aimé que nous pouvons l’aimer et c’est par simple plaisir, joie, intérêt que nous nous ouvrons à lui pas pour gagner des bons points comme s’il nous aimait à moitié, ou que son amour ne puisse pas triompher de nos résistances ?

Je suis un fervent témoin de l’évangile dans le monde, à vrai dire, et grâce à Dieu avec un grand nombre de personnes touchées par le biais de ce site internet. Mais ce n’est pas pour répondre à une sorte de menace d’un Dieu au terrible jugement. Mais parce que mon expérience est que la foi en Dieu par le Christ est une part essentielle de la vie. Ce n’est pas pour vendre une religion, ni pour vendre une église. Mais simplement comme un partage de ce qui nous fait vivre, avancer. Mais si d’autres personnes vivent, sont heureuses, deviennent meilleurs et plus rayonnantes de vie avec d’autres sources d’inspiration, et bien tant mieux. Je ne vois pas pourquoi cela me fâcherais et me donnerait envie de leur dire que leur truc est nul. Mais plutôt que leur source d’inspiration et la source d’inspiration qui me fait vivre sont convergentes. Et y trouver une occasion de m’en réjouir, et de reconnaître encore un peu plus la grandeur, et même la transcendance de Dieu

Amitiés.

PS. Voir peut-être cette prédication : https://oratoiredulouvre.fr/predications/jesus-le-seul-chemin-jean-14.php

pasteur Marc Pernot

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5 Réponses à “Question : Si on ne croit pas que seul les chrétiens seront sauvés, à quoi cela « sert-il » d’être chrétien ?”

  1. emdeclerm dit :

    Je trouve cette réponse touchante personnellement je me sentirais plus à l’aise loin d’un groupe intégriste… pour moi aller à la messe et vivre sa foi tout en étant dans le monde me paraît une épreuve du feu plus probante que d’être dans un milieu intégriste… si les circonstances nous conduisent dans le monde après n’avoir vécu qu’avec des intégristes notre foi tiendra-t-elle le coup ? je pense que c’est plus dur … c’est que mon avis et accessoirement

  2. Le Mecreant dit :

    La reponse de Gaspard de Coligny est comme a l’habitude riche d’enseignement. Mais pour ma part c’est la question elle même qui m’interroge: comment croire en un Dieu, a fortiori un Dieu de miséricorde, et admettre que beaucoup, la majorité d’ailleurs, soient rejetés dans la guehenne tout aussi gratuitement que le salut nous est accordé ?
    D’ailleurs si le salut est gratuit, et inconditionnel, comment pourrait il être necessaire d’être chretien (ou autre chose d’ailleurs ) pour pouvoir en beneficier?
    Mais je conçois tout a fait que nos « traditions » religieuses et les textes que nous ânonnons parfois sans même y réfléchir puissent nous conduire a penser qu’être chretien est un préalable au salut.

  3. emdeclerm dit :

    Il est vrai que payer de toute éternité une erreur d’appréciation, un salut divin qu’on n’a pas su accepter parce qu’on ne l’a pas vu ni compris en effet, j’en suis troublée aussi… évidemment que notre liberté est en jeu, mais d’une certaine façon, je me suis souvent dit que beaucoup de gens sur terre (à commencer par les Juifs) n’avaient pas accepté Jésus… quand on sait pourtant ce que les Juifs ont enduré dans les camps de concentration, les tortures, l’infamie, l’anéantissement progressif, la mort atroce, c’est personnellement cette idée qui me fait douter de cette unicité du salut … j’aurais pu prendre un autre exemple mais celui-ci est particulièrement frappant… non pas que je remette en question les écritures bibliques, mais il me paraît assez terrible et même douloureux que tous ces pauvres gens que l’Histoire s’efforce de ne pas oublier, que l’on commémore chaque année, puissent se retrouver dans la géhenne parce qu’ils n’ont pas accepté Jésus… eux qui pour bcp ont sûrement attendu la mort avec impatience, lassés de souffrances inhumaines, il me paraît assez terrible, difficilement envisageable même, que l’enfer qu’ils ont connu sur terre ne soit qu’un hors d’œuvre bien édulcoré de ce qui les attend après la mort… quel sens trouver à la vie, à quel espoir se raccrocher (pour les autres, qui sont encore vivants) si l’on doit accepter l’idée que ces personnes et tant d’autres endurent l’enfer et qu’il valait mieux pour elles l’enfer des camps que celui qui les attend post-mortem ? auquel cas, qui pourrait faire confiance à un dieu plus sadique que les nazis qui nous réserve des peines éternelles auxquelles les pires tyrans ont pensé sans pour autant y parvenir ? à mon sens, non, ce n’est pas l’image du Dieu d’amour véhiculé dans la Bible. Je pourrais même donner des exemples d’autres personnes : les personnes gravement malades, toutes celles qui, comme beaucoup d’entre nous, ont eu de lourdes croix sur les épaules qu’elles n’ont pas toujours su porter… l’enfer elles l’ont sûrement déjà enduré. Je ne pense pas que Dieu qui voit tout et sait tout leur en redonne une deuxième louche une fois là-haut sinon c’est désespérant…

  4. Calogero dit :

    Toutes ces considérations sont intéressantes et méritent d’être débattues. Je reste convaincu que nous ne pouvons pas enfermer Dieu par des conclusions hâtives et qu’une fois encore, c’est dans la Parole seule qu’il faut puiser pour nourrir notre réfléxion. Il y a d’un côté une verité indiscutable sur le fait que la nature humaine est corrompue et que Christ seul nous réconcilie avec Dieu, et il y a aussi cette « loi de la conscience » dont Paul parle aux Romains concernant les « païens » (en l’occurrence les non-chrétiens ou les non-nés-de-nouveau: lire Jean 3) lesquels, n’étant pas venus à la connaissance du message libérateur de l’Évangile, seront « jugés » (oui oui, il est bien question de jugement..) sur base de cette loi de la conscience que Dieu a placée aux tréfonds de leur âme et qui les rend capables de penser et de répondre de leurs actes. Mais là encore Dieu seul est juge puisque c’est à Dieu seul que chaque homme devra rendre des comptes (Ecclésiaste : « jeune homme, réjouis-toi mais sache que.. »). L’Évangile est formel : « Dieu désire qu’aucun ne périsse » .. « Il n’a pas envoyé son Fils pour juger le monde ».. Mais il nous engage nous qui connaissons le Fils à « annoncer autour de nous les vertus de Celui qui nous a arraché des ténèbres à sa merveilleuse lumière ».. (Faites de toutes les nations mes disciples : Mt 28). Nous devons garder cette passion pour les âmes. Le sauver appartient de toute façon à Dieu. Lui voit et connaît bcp plus loin que ce que nous pensons connaître. Si tous actes sont motivés par l’amour, alors nous sortons de cette logique de jugement et nous manifestons le vrai caractère de Jésus en nous..

  5. emdeclerm dit :

    très convaincant merci Calogero

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